CONTRACTION DU PHARYNX
avec autant de facilité sans le moindre appareil. Il suffit, la sonde étant introduite dans In trompe, d'appuyer une partie du bord cubital de la main gauche sur la pommette ou la partie du front du malade correspondante à l'oreille affectée, de saisir le pavillon de l'instrument avec le pouce et l'index et de le maintenir ainsi en place.
Lorsqu'il s'agit de maintenir la sonde à demeure pendant un certain temps, on peut confier ce soin au malade en lui conseillant de respirer par la bouche et de fermer les narines en les comprimant entre le pouce et l'index. Pour guider le malade, on lui conseille de comprimer la partie des narines située entre la base du nez et la sonde. De cette manière, le cathéter est parfaitement maintenu entre l'angle antérieur de la narine et les doigts du malade.
Accidents du cathétérisme. — Divers accidents sur lesquels j'insisterai peu surviennent avant, pendant ou après le cathétérisme. Tous les auteurs les ont signalés, quelques-uns les ont exagérés, d'autres manquant d'expérience n'ont pas voulu les reconnaître tous. Ils existent cependant et sont en assez grand nombre.
Chatouillement. — Toutes les fois que le cathéter touche le pourtour du méat sans le franchir rapidement, il détermine un chatouillement qui force souvent le malade à porter brusquement et instinctivement la main vers l'endroit indiqué. Il peut en résulter un choc violent imprimé à l'instrument, des douleurs assez vives et un saignement de nez.
Eternument. Toux. — Lorsque la sonde a touché la membrane de Schneider, il peut survenir de la toux, de l'éternumenl qui impriment à l'instrument un mouvement assez brusque. Il peut en résulter les mêmes accidents que je viens de nommer lorsque le cathéter est maintenu trop fortement.
Saignement de nez. — Il peut arriver dans les deux cas indiqués plus haut, ainsi que dans les cas où le cathétérisme est fait trop vivement, lorsque les narines sont étroites, ou lorsqu'elles sont le siège d'une inflammation chronique.
Ce léger incident, toujours insignifiant, effraye quelquefois les malades ou leurs parents et porte quelquefois préjudice au médecin.
Contraction du -pharynx. — Elle était fréquente, comme le
dit Triquet, lorsque comme méthode ordinaire de cathétérisme, on employait celle qui consiste à porter directement la sonde dans le pharynx, en touchant soit sa paroi postérieure soit le voile du palais.
Lorsqu'elle a lieu, la sonde est placée dans la trompe ou dans un point de l'arrière-cavité des fosses nasales ou du pharynx. Si le cathéter est dans la trompe, il est fortement serré par les muscles entrant en contraction, est chassé ou maintenu en place.
Nausées, vomissements. — Ces accidents surviennent lorsqu'on donne des douches à des malades ayant pris un repas depuis peu de temps. On les voit arriver lorsque le malade est à jeun, lorsqu'on touche la luette, ou lorsqu'une bougie, au lieu d'entrer dans la trompe, touche les parois du pharynx.
Rupture du tympan. — La rupture du tympan devait être assez fréquente lorsqu'on employait des pompes à compression pour refouler des gaz ou des vapeurs dans la cavité du tympan.
Aujourd'hui les poires en caoutchouc ayant remplacé ces appareils, la rupture du tympan, sans être impossible, est beaucoup plus rare. Lorsque cet accident a lieu, le malade éprouve tout à coup une douleur aiguë dans l'oreille et une sensation de déchirement, de claquement, ordinairement suivie quelques instants après d'un écoulement de sang.
Emphysème pharyngo-laryngé. — Lorsque le bec de la sonde passe sur une muqueuse hypertrophiée, ramollie, il peut la déchirer. Il résulte au moment de la poussée gazeuse une infiltration d'air à travers les tissus. Un gonflement subit qui passe tout d'abord inaperçu ou qui étonne le malade apparaît à la joue, à la paroi latérale du cou et envahit la gorge. Le malade est dans l'impossibilité de parler, d'ouvrir la bouche sans ressentir des douleurs assez vives. Peu à peu, ces phénomènes deviennent plus alarmants à cause de la dyspnée, de la difficulté d'avaler et effraient le malade et les personnes qui l'entourent.
Ces symptômes diminuent bientôt ; et, après 24, 48, 72 heures, toute trace de manifestation morbide a disparu.
Lorsqu'on fait ouvrir la bouche du malade, on sent une tumeur bossuée, plus ou moins volumineuse, assez molle, diminuant par la pression. Elle est formée par l'air épanché dans