CAVITÉ" DES FOSSES NASALES
l'arrièrc-cavité des fosses nasales. On y parvient, en portant dans la région désignée, des rayons lumineux au moyen d'un miroir placé en arrière du voile du palais et dont la surface réfléchissante est tournée vers la partie qu'on doit éclairer.
Ce mode d'exploration, entrevu par Bozzini, fut mis en pratique par le professeur Czermarck et connu en 1859. Après lui Semeleder et d'autres praticiens perfectionnèrent la méthode.
Pour examiner l'arrière-cavité des fosses nasales et l'orifice des trompes d'Eustache, on doit avoir des miroirs laryngiens de différentes grandeurs, fixés à peu près à angle droit à leur manche, un bon éclairage, un abaisse-langue (il n'est pas indispensable) et un crochet palatin.
Miroir laryngien. — Le miroir laryngien est en métal poli ou en verre étamé. Celui-ci, le plus employé, n'a pas l'inconvénient de se couvrir de rouille comme le miroir en métal, mais on peut le rayer si on l'essuie avec un linge chargé de poussière.
Le miroir plan est employé plus généralement que le miroir concave qui donne lieu à des erreurs d'optique en amplifiant l'image.
On doit avoir des miroirs de grandeur différente et se rappeler que les miroirs de forme ronde sont d'une introduction plus facile que les autres, sauf les cas d'hypertrophie des amygdales.
Eclairage. — On emploiera la lumière naturelle ou artificielle, directe ou réfléchie au moyen de miroirs concaves ou réfractés au moyen de lentilles en ayant soin d'avoir un éclairage plus intense que pour l'otoscopie.
La lampe sera alimentée par l'huile ordinaire ou l'huile de pétrole et munie d'un petit verre cylindrique nouvellement employé.
L'huile de pétrole donne un fort hel éclairage qui serait trèsconvenable si elle ne dégageait aucune odeur. On peut encore employer la lumière de Drummond qui est très-vive, mais est d'un prix assez élevé.
Abaisse-langue. — Il est composé de deux parties dont l'une est destinée à être introduite dans la bouche et dont l'autre, tenue à la main, doit former avec la première un angle aigu peu prononcé.
Crochet palatin. — Le crochet palatin est destiné à soulever
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la luette et à la porter un peu en avant. Lorsque la luette est un peu volumineuse, il est très-utile, mais lorsqu'elle esteourte ou que le malade soulève convenablement le voile du palais, il est inutile. .
L'application du crochet palatin est peu douloureuse lorsqu'on la fait doucement, avec une certaine habileté, et qu'on a eu soin de chauffer légèrement l'instrument.
Quand on veut se servir du crochet palatin, on le chaude faiblement, on porte son extrémité courbée, un peu en arrière de la luette, et l'élevant doucement on porte la luette en haut et en avant.
Examen de l 'arrière-cavité des fosses nasales. — Lorsqu'on veut examiner l'arrière-cavité des fosses nasales, on place la source lumineuse entre le malade et l'observateur, ou à côté de lui, selon que l'on veut se servir d'un appareil à réfraction ou à réllexion.
Le malade est assis ou debout. S'il est assis, sa bouche est placée à la hauteur de la source lumineuse, et sa tête est droite. S'il est debout, sa tète est légèrement penchée en avant, comme, l'indique le docteur Moura-Bourouillon. A ce moment, le malade ouvrant la bouche, on l'engage à maintenir, avec la main munie d'un linge sec, la langue en partie au dehors de la bouche, ou on l'abaisse soi-même avec un abaisse-langue, on le fait respirer doucement par le nez comme si on voulait lui faire émettre un son nasal.
La respiration lente et pleine par la bouche contracte moins les muscles du voile du palais et rend l'isthme du gosier plus spacieux. Quelquefois le malade soutient assez bien la langue pour qu'on n'ait pas à la déprimer.
Lorsque le malade remplit toutes les conditions que j'ai indiquées, on prend le miroir laryngien de l'une ou l'autre main, comme une plume à écrire, de manière à l'introduire dans le fond de la gorge en lui donnant une obliquité de 130° environ. Mais il est préférable de placer le miroir entre le voile du palais et le pilier correspondant, et d'avoir soin de l'obliquer légèrement en dehors. Lorsqu'on applique le miroir laryngien, on ne doit pas toucher la partie postérieure du pharynx ni la luette, de peur de provoquer des vomissements, des contractions des muscles de la langue ou du voile du palais.