‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 26 sur 69 · Ç H.GA LAI/ITE · texte numérisé non relu

Ç H.GA LAI/ITE

Fig. 1?.

creux, passe à frottement doux un cylindre E pour fermer à volonté un ou plusieurs trous aboutissant aux tubes 1, 2, 3... Les numéros, qui sont marqués sur le cylindre, indiquent combien il v a de trous ouverts. Les tubes A, 1, 2... sont de longueur différente pour permettre aux médecins d'ausculter facilement plusieurs à la fois. <■

OSCULTATION DE l'OREMUE MOYENNE. 77

Lorsqu'on ausculte l'oreille d'une personne dont l'ouïe est fine, on entend un bruit physiologique que Laënncc a comparé à un bruit de souffle etDclcau à un bruit de pluie fine tombant sur les feuilles sèches. C'est un bruit de souffle doux et continu, ou intermittent suivant que l'air est poussé sans interruption ou par intervalle. Il est mélangé de temps en temps à une crépitation humide très-fine produite par quelques mucosités entraînées par le courant d'air. Lorsque le bruit se passe dans la trompe, on juge facilement de son éloignement. Bientôt l'air arrive dans la caisse et reproduit le même bruit, mais beaucoup plus superficiel. Le bruit de trompe est lointain, un peu sourd, tandis que le bruit de caisse est tubaire et se fait entendre immédiatement sous l'oreille. En même temps on entend un claquement sec et doux tout à la fois, produit par la projection brusque en dehors de la membrane du tympan. C'estle bruitdu tympan qu'on peut apprécier beaucoup mieux en poussant à plusieurs fois différentes et à de petits intervalles une petite quantité d'air.

Ainsi vous le voyez, messieurs, le bruit physiologique est composé de trois bruits distincts, succédant rapidement l'un à l'autre.

Lorsque l'air pénètre dans l'oreille moyenne, on l'entend s'engager dans le tube d'Eustache sous la forme d'une veine gazeuse assez large et pénétrer dans la caisse. Lorsque la trompe est rétrécie par un gonflement de la muqueuse ou par d'autres obstacles, on entend un filet d'air qui passe péniblement dans la partie rétrécie et ne fait plus entendre sous l'oreille un bruit tubaire bien net, mais un bruit plus faible qui est dû à la différence de quantité d'air arrivant dans la caisse du tympan.

Si la trompe est large, remplie de mucosités, l'air ne passant pas immédiatement dans la caisse produit un gargouillement un peu lointain, sonore, accompagné parfois du bruit de trompe.

Bientôt l'air pénètre dans la caisse en faisant entendre un bruit de souffle doux, en partie voilé par une crépitation humide.

Mais au bout de quelques minutes la crépitation diminue, disparaît et est remplacée par le bruit de souffle.

Lorsque la trompe et la caisse renferment des mucosités, on

distingue parfaitement deûxbruits, L'un plus lointain qui est le gargouillement de la trompe, l'autre plus superficiel, éclatant, étourdissant, comparable à un déchirement d'étoffe et se faisant entendre sous l'oreille. Pendant la production de ces bruits, on se rend parfaitement compte du mouvement et de la consistance du liquide pathologique agité et divisé par l'air.

Pour juger du degré de consistance du liquide, il faut pousser la douche d'air avec une force moyenne et tenir compte de la gravité du son. Car lorsque le liquide est assez fluide, le son est bien plus clair que dans les cas où il existe dans la caisse un mucus glulineux, filant, assez comparable pour la consistance à une solution assez concentrée de gomme arabique. Malgré ces bruits on peut percevoir en même temps ou séparément le bruit de trompe comparable à un ronflement sonore. Pour qu'il se produise, il faut que l'air frappant la portion fibro-cartilagineuse de la trompe dans une certaine direction la fasse vibrer. 11 peut se produire lorsqu'il existe une obstruction ou un rétrécissement de la trompe, ou bien lorsque le cathéter est placé à l'entrée de ce tube.

Dans les cas d'obstruction de la trompe on n'entend aucun bruit dans la caisse du tympan.

Lorsque la muqueuse tapissant la trompe et la caisse est très-sèche comme chez les personnes affectées de surdité sénile, le bruit de souffle un peu rude, presque râpeux, peut être facilement reconnu, lorsqu'on a acquis une certaine expérience, lorsqu'on observe avec soin et qu'on possède une oreille fine. Vous l'avez entendu, Messieurs, et vous l'avez parfois bien distingué du bruit physiologique.

Lorsque la trompe est remplie de mucosités sèches formant un véritable bouchon, comparable à celui qui se forme dans le conduit externe, on peut le diagnostiquer beaucoup plus facilement par la rhinoscopie que par le cathétérisme et l'auscultation. On peut cependant reconnaître sa présence de la manière suivante : le cathéter pénètre plus ou moins avant ou est arrêté au méat, et la douche ne passe pas. En faisant exécuter de légers mouvements de va-et-vient au cathéter, on sent une résistance dure et sèche, indiquant à une main exercée l'obstacle siégeant dans la trompe.

Lorsque la trompe humide ou sèche est perméable et qu'il

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