‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 27 sur 69 · EXPLORATION FONCTIONNELLE DU SENS DE L'OUÏE · texte numérisé non relu

EXPLORATION FONCTIONNELLE DU SENS DE L'OUÏE

existe des modifications pathologiques de la caisse du tympan, on peut, par l'auscultation seule, en soupçonner un certain nombre.

Lorsque le tympan est immobilisé dans toute son étendue par suite <TankylQ.se des osselets, ou est devenu rigide par suite de modifications pathologiques dans sa structure, on n'entend aucun claquement lorsque l'air arrive dans la caisse; c'est au bout de quelques secondes seulement qu'on entend parfois un petit claquement. Ce bruit partiel se produit toutes les fois que la membrane a été distendue dans un de ses points par l'air frappant plusieurs fois sa surface interne. Du reste on peut constater le fait en examinant directement la membrane du tympan qui présente en un point une partie devenue mobile et bombant un peu en dehors lorsqu'on insuffle de l'air dans la caisse.

S'il existe des adhérences du tympan avec les parties voisines, on entendra des claquements partiels d'autant plus prononcés et plus étendus que les adhérences seront moins nombreuses et plus éloignées l'une de l'autre.

On peut aussi supposer l'existence d'adhérences nombreuses fixant aux parties voisines la plus grande partie de la membrane. Dans ce cas, l'air arrive pleinement sous l'oreille, seulement au lieu de l'entendre circuler dans un endroit assez vaste (la caisse du tympan), il est comme à l'étroit et détermine un bruit plus circonscrit, moins ample, moins tubaire.

11 est utile aussi d'ausculter quelquefois l'apophyse mastoïde lorsque l'on suppose qu'il y a une inflammation de ses cellules.

A cet effet je me sers d'un stéthoscope ainsi disposé.

Il se compose d'un tronc de cône en bois de sapin auquel est fixé un tube tronc de cône à parois minces en caoutchouc.

Lorsqu'on veut ausculter l'apophyse mastoïde, on applique Irès-exactement sur la partie moyenne de l'apophyse mastoïde le pavillon de l'instrument en ayant soin de ne pas le séparer de la région par une couche de cheveux, et on le fait maintenir m place par le malade. On introduit l'autre extrémité de l'appareil dans l'oreille de l'observateu-r et l'on fait pénétrer de l'air dans l'oreille moyenne par un des trois procédés connus (méthode, de Valsava, de Politzer, douche avec la sonde), la sonde est préférable. Cette exploration, inutile lorsque rien n'indique

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une affection des cellules] mastoïdiennes, rend de grands services lorsqu'on la soupçonne.

L'auscultation de l'oreille est, comme vous le voyez, un des meilleurs moyens de diagnostic que l'on puisse employer pour reconnaître les états morbides de l'oreille moyenne. Car presque toujours les données qu'elle fournit sont d'accord avec celles que l'on obtient par le spéculum pneumatique ou par l'examen objectif simple. Ce moyen de diagnostic très-employé en Angleterre et en Allemagne devrait être plus employé en France où l'on ne paraît pas en apprécier la valeur,

De l'exploration fonctionnelle du sens de l'ouïe. — L'oreille interne profondément cacbée ne peut être explorée qu'au point de vue fonctionnel. Différents moyens ont été employés pour connaître, d'une manière approximative, l'état fonctionnel du nerf auditif. Tels sont la voix humaine, l'acoumètre, le diapason, la montre.

De la voix humaine. — La voix humaine a servi à apprécier le degré de surdité à une époque déjà éloignée de nous. Mais comme on ne peut pas mesurer facilement son intensité, son timbre, sa hauteur, il estimpossible d'avoir un ton qui serve de terme de comparaison et qui puisse être toujours le même lorsqu'on veut le produire. Du reste la voix humaine peut être facilement entendue à une certaine distance par des personnes dont l'ouïe est assez mauvaise. Toutes ces considérations ont fait rejeter ce moyen complètement délaissé aujourd'hui.

Acoumètre. — L'acoumètre employé d'abord par Wolk, puis par Itard et Blanchet, ne peut donner que des appréciations erronées ou exagérées sur le degré de sensibilité du nerf acoustique, car les vibrations imprimées aux nerfs acoustiques sont beaucoup trop fortes.

Diapason. — Le diapason employé par M. Bonnafont et Vidal de Cassis mérite les mêmes reproches que ceux adressés à l'acoumètre, car il est entendu par beaucoup de malades incurables.

Montre. — La montre est certainement le meilleur instrument capable de donner des idées assez nettes sur le degré de sensibilité auditive, mais pour qu'on ne puisse pas adresser aux montres le même reproche qu'aux instruments donnant des vibrations violentes, il ne faut pas se servir d'une montre à

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