‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 3 sur 69 · DE LANAT0M1E DE L OREILLE · texte numérisé non relu

DE LANAT0M1E DE L OREILLE

taire se développe peu à peu et affecte les rapports qu'elle a chez l'adulte.

Toynbee le premier en a fait remarquer l'importance en montrant, par des faits pathologiques et par la disposition même de la région, comment des inflammations siégeant dans le conduit pouvaient gagner les parties avoisinantes.

Rapports de la paroi supérieure. — A la naissance, la paroi supérieure est représentée par une dépression à laquelle correspond une lamelle osseuse excessivement mince. Celle-ci augmente d'épaisseur au fur et à mesure qu'elle s'accroît pour former la paroi supérieure du conduit ; cependant elle est généralement peu épaisse et renferme souvent du tissu spongieux dont la plupart des cellules communiquent avec la caisse et {' apophyse masloïde.

Cette paroi correspond à la fosse cérébrale moyenne et sépare la cavité du conduit de la cavité crânienne.

La très-faible épaisseur de cette paroi, sa structure spongieuse chez l'enfant, l'existence de cellules tympaniques chez l'adulte font bien comprendre comment l'inflammation profonde des parois du conduit auditif peut se transmettre au cervea u .

Par conséquent on devrait, plus souvent qu'on ne le fait, examiner les oreilles des enfants, lorsque des symptômes morbides indiquent une affection de l'encéphale ou de ses enveloppes (Troeltsch).

Paroi postérieure. — Elle est séparée de la fosse sigmoïde du sinus transverse par une lame osseuse, mince, dont le centre renferme des cellules dépendant de celles de l'apophyse mastoïde.

Par là, on voit facilement comment l'inflammation des parois du conduit en général et des parois postéro-supérieures en particulier, peut déterminer dans ces points une ostéo-phlébite, une carie, une méningite, ainsi que le dit le professeur Troeltsch.

Paroi antéro -inférieure. — Cette paroi, ordinairement assez mince, forme le plafond de l'articulation temporo-maxillaire et n est séparée du condyle que par un cartilage interarticulaire mince.

11 en résulte que des violences exercées sur le menton peuvent fracturer cette paroi, déchirer le tympan, fracturerle ro-

cher et déterminer une inflammation qui peut disparaître, ou entraîner la surdité ou la mort. On rencontre quelquefois, chez les personnes édentées, une usure de la paroi antéro-inférieure attribuée, selon Toynbee, à la pression exercée sur l'os, par une masse de cérumen ; selon llyrtl, au frottement du condyle.

Le professeur Troellsch dit que ces endroits amincis, ces perforations, se trouvent placés vers les points non ossifiés du conduit chez les enfants. On pourra donc penser que, dans certains cas de perforation de la paroi antérieure, il y a eu là un arrêt de développement, surtout quand les personnes qui présentent cette lésion ont encore leurs dents.

Oreille moyenne. — L'étude de l'oreille moyenne est excessivement importante, aussi bien au point de vue anatomique qu'au point de vue pratique. Je prendrai pour guide, dans ma description, les écrits deToynbee et ceux du professeur Troeltsch, dont je vous recommande tout particulièrement la lecture.

L'oreille moyenne comprend la caisse du tympan c (fig. 1), et deux diverticulutns très-importants, l'apophyse mastoïde et la trompe d'Eustache D.

Caisse du tympan. — La caisse du tympan, située à la base du rocher, aune forme assez mal déterminée. Certains auteurs l'ont comparée à un cylindre dont les bases seraient très-rapprochées, d'autres à une lentille biconcave (Sappey), ou plus naturellement à un tambour. On peut lui considérer quatre faces et deux extrémités. Les faces ou parois sont : la paroi supérieure, la paroi externe, la paroi inférieure, la paroi interne.

Paroi supérieure. — Elle forme le plafond de la caisse du tympan, présente ordinairement peu d'épaisseur et une translucidité parfois très-grande. Il arrive exceptionnellement qu'elle offre une solution de continuité recouverte par la duremère, qui forme alors en ce point le plafond de la caisse.

Cette paroi, formée généralement par du tissu compacte, renferme souvent du tissu spongieux ; elle présente à son union avec la portion écailleuse du temporal une suture remarquable par le grand nombre d'artérioles qui la traversent. Ces vaisseaux, et le tissu cellulaire qui les double, sont les uns plus nombreux, les autres plus abondants chez les enfants que chez les adultes.

La face supérieure de cette jwoi est recouverte par les mé-

de l'anatomie de l'oreille. 7 ranges et présente des sillons que suivent des branches de L'artère piéningée moyenne.

Ces variétés de structure, ces rapports anatomiques expliquent comment une inflammation peut se transmettre au cerveau et déterminer des accidents mortels.

Paroi externe. — La paroi externe est formée en grande partie par la membrane du tympan E (fig. 1) et E (fig. 2), dont l'obliquité varie jusqu'à un certain âge. Cette membrane oblique de haut en bas et de dehors en dedans présente une concavité extérieure assez profonde; elle est irrégulièrement circulaire, car son diamètre vertical de 1 1 millimètres dépasse dei millimètre seulement son diamètre transversal. Elle adhère à un anneau osseux distinct des parties osseuses chez le fœtus et se confondant avec elles peu de temps après la naissance. Elle est parfaitement unie à l'anneau osseux, si ce n'est au niveau de l'apophyse externe du marteau. En ce point elle est directement continuée par la peau du conduit. On pourrait croire d'après ce peu de résistance apparente sur ce point qu'un ébranlement violent doit en déterminer la rupture.

Il en est rarement ainsi, tandis qu'on voit souvent des solutions de continuité exister en arrière, quelquefois en avant du manche du marteau.

Structure. — Le tympan se compose de trois couches : une couche externe ou cutanée; une couche moyenne ou fibreuse; une couche interné ou muqueuse.

On a cru, jusqu'à ces derniers temps, que la couche cutanée était formée seulement par l'épiderme; maisTonybeeetTroellsch ont démontré l'existence du derme dans l'intérieur duquel il n'y a ni glandes ni papilles.

Cette couche, assez épaisse chez l'enfant, donne au tympan une coloration plus blanchâtre que chez l'adulte.

Lorsqu'elle est le siège d'un état pathologique, elle subit des transformations telles qu'elle change complètement la physionomie de la membrane et lui donne des aspects trèsdivers.

Couche moyenne. — La couche moyenne, qui est translucide et résistante, constitue le squelette du tympan. On y trouve deux

espèces de fibres fortement unies entre elles. Les unes rayonnées forment un plan externe, les autres circulaires forment un plan interne.

Ces dernières, très-abondantes à une petite distance de la circonférence tympanique, forment une couche très-résistante; c'estee qui explique pourquoi, dans les destructions incomplètes du tympan, il reste souvent une bande circulaire tenant au cadre osseux.

La couche moyenne résistante et élastique peut s'allonger sous l'influence d'une pression exercée sur elle.

Celle propriété de se laisser distendre, que possèdent les fibres qui forment cette couche, explique comment le tympan peut, sans se rompre, contracter des adhérences avec les différentes parties de la caisse.

La couche fibreuse, au milieu de laquelle est en partie placé le manche du marteau, envoie en arrière du col de cet os, du côté de l'oreille moyenne, un prolongemenl qui s'y insère. Ce repli, dont le bord libre est côtoyé par la corde du tympan, est troué; il sert à fixer le marteau et a été appelé : bourse postérieure par le professeur Troeltsch. Celle-ci retient parfois des mucosités, et il peut s'établir des adhérences entre elle et les parties voisines.

Couche muqueuse. — La couche muqueuse de la membrane du tympan, minceà l'étal physiologique, s'épaissitconsidérablement lorsqu'elle est affectée par certains états pathologiques comme la suppuration de la caisse.

Lorsque cet épaississement a lieu, il commence par les parties périphériques de la membrane, et donne à toutes les parties atteintes par le processus morbide des teintes d'un gris opaque plus ou moins blanchâtre, parfois jaunâtre.

La membrane muqueuse contracte souvent des adhérences avec des parties différentes de la caisse.

Vaisseaux du tympan. — Les vaisseaux qu'on remarque dans l'épaisseur de la membrane du tympan sont des artères et des veines venant de deux sources différentes. Les uns sont fournis par des vaisseaux de l'oreille externe, les autres par ceux de l'oreille moyenne. Ces deux plans de vaisseaux sont placés dans les couches cutanée et muqueuse de la membrane ; ils sont séparés l'un de l'autre par la couche fibreuse qui en est

de l'anatomie de l'oreille. 9

dépourvue, et communiquent entre eux seulement à la périphérie du tympan.

Les artères offrent une disposition qui est à peu près la même pour les veines.

Plan interne ou muqueux. — De la partie supérieure du tympan, on voit le tronc tympanique commun longer irrégulièrement le manche du marteau dont il contourne l'extrémité inférieure. Il est formé :

1° Par la réunion des branches que le tympan reçoit de l'artère maxillaire interne;

2° Par l'artère tympanique provenant de l'artère stylo-mastoïdienne.

Ces vaisseaux forment, à la périphérie de la membrane, un cercle tortueux envoyant à toute la membrane des rameaux qui s'anastomosent entre eux et avec le tronc tympanique.

On avait généralement admis jusqu'à présent, comme dit le professeur Troeltsch, que les plus gros vaisseaux naissaient de l'artère stylo-mastoïdienne. Mais cetanatomiste distingué a démontré le premier que la membrane du tympan devait surtout sa vascularité aux artères du conduit, c'est-à-dire à l'artère auriculaire postérieure et aux artères parotidiennes.

Plan externe ou cutané. — Ces vaisseaux envoient à la couche cutanée du tympan des rameaux qui affectent à peu près la même disposition que ceux qui forment le plan interne.

Cette disposition des vaisseaux prouve que, si l'on veut combattre une inflammation du conduit auditif externe ou de la membrane du tympan par des émissions sanguines locales, il faut placer les sangsues en avant de l'oreille. Si, au contraire, il y a une inflammation de la couche muqueuse, il faut placer les sangsues en arrière de l'oreille.

La membrane du tympan reçoit de la branche aurieulo-temporale des rameaux nerveux qui donnent à sa couche cutanée une sensibilité exquise; sa couche muqueuse étant à peine sensible et sa couche fibreuse étant dépourvue de sensibilité.

Paroi inférieure. — La paroi inférieure est généralement assez épaisse ; exceptionnellement, elle est parfois très-mince.

Le voisinage qu'affecte cette paroi avec le golfe de la veine jugulaire a été pour Toynbee le sujet de réflexions pratiques importantes, lorsqu'il a fait remarquer qu'elle constitue la paroi

supérieure du canal dans lequel passe la veine jugulaire.

C'est sur cette paroi que séjourne le pus lorsqu'il y a une suppuration de l'oreille moyenne. Il peut en résulter une pyohérnie, une phlébite, une carie, une hémorrhagie mortelle, comme Toynbee et Troellsch l'ont l'ait remarquer. Le pus baigne toujours la paroi inférieure qui est la paroi la plus déclive de la caisse du tympan.

Paroi interne. — La paroi interne présente des parties différentes dont il est important de se rappeler la physionomie pour les reconnaître lorsqu'elles ont été modifiées par un état pathologique. Il est donc utile, après avoir plus ou moins détruit le tympan sur des préparations anatomiques, de s'exercera voir l'intérieur de la caisse et de remarquer que les parties visibles sont variables d'aspect et d'étendue, selon les sujets. Cette différence tient au développement, à la largeur et surtout à l'incurvation des parois de la portion osseuse du conduit.

Si l'on a négligé ces études préliminaires, on prendra facilement une partie pour une autre, et, dans quelques cas pathologiques, il sera impossible de s'y reconnaître.

La partie la plus apparente, la plus large, la plus facile à voir est un mamelon osseux, appelé promontoire, dont la forme et le volume sont très-variables. Au-dessus et au niveau des parties postérieures du promontoire, on remarque une ouverture ovale fermée par une membrane, c'est la fenêtre ovale sur. laquelle est placée la base d'un osselet qu'on appelle étrier.

Bien que la fenêtre ovale soit au niveau de la partie postérosupérieure de la circonférence lympanique, on la voit difficilement en regardant l'intérieur de la caisse a travers le méat auditif. Mais comme l'étrief est dirigé en bas et en avant, comme il fait une légère saillie au-dessus du promontoire, il est souvent facile de voir le sommet de cet osselet.

On peut même, d'après le professeur Triquet, distinguer les deux branches de l'enclume. Derrière la fenêtre ovale, se trouve une petite saillie allongée; c'est la pyramide qui donne passage au muscle de l'étrier. Au-dessous du promontoire et un peu en arrière d'une ligne verticale passant par la fenêtre ovale, on voit une ouverture allongée qui représente la fenêtre ronde. Celle-ci a été appelée aussi fenêtre du limaçon, parce

DE l'àNATOMIE DE L OREILLE. 1 1

qu'elle fait communiquer la cavité de la caisse avec la cavité de la rampe tympanique du limaçon. Elle est fermée par une membrane que Scarpa a nommée tympan secondaire.

Les autres parties de la paroi interne de la caisse offrent peu d'intérêt, je n'en parle pas. La paroi interne est longée parle nerf facial qui passe dans l'aqueduc de Fallope. Quelquefois il existe des pertes de substance ; et le névrilème est en contact immédiat avec la muqueuse de la caisse. C'est ce qui explique comment des inflammations de la caisse peuvent causer une paralysie des muscles de la face.

Extrémité postérieure. — L'extrémité postérieure de la caisse présente plusieurs ouvertures dont une est destinée au passage de la corde du tympan, et dont les autres établissent une communication assez large entre la caisse etles cellules mastoïdiennes. Celles-ci, réunies à la partie la plus postérieure des cavités de l'oreille, forment une saillie allongée verticalement et appelée : Apophyse mastoïde.

Cette dernière, peu développée chez l'enfant, est formée par de petites cellules qui' grandissent peu à peu, et acquièrent chez le vieillard un développement assez considérable. Les cellules les plus grandes chez l'adulte se rencontrent généralement dans la moitié inférieure de l'apophyse. La face interne de l'os est côtoyée par le canal longeant le sinus transverse.

Ces dispositions anatomiques sont importantes à connaître lorsqu'on fait la trépanation de l'apophyse mastoïde. La vaste communication des cellules avec la caisse explique comment L'air circule dans leur intérieur, et comment l'inflammation qui les gagne parfois peut produire une ostéite, une carie, une ulcération des parois du sinus transve'rse et déterminer des accidents graves.

Extrémité antérieure. — A l'extrémité antérieure de la caisse, on remarque l'ouverture tympanique de la trompe d'Eustache, près de laquelle il existe, sur la paroi externe, une fente appelée scissure de Glaser. Dans cette scissure, s'engagent la grosse apophyse du marteau etles fibres ligamenteuses qui la fixent en cet endroit.

La trompe d'Eustache D ( fig. 1) est un long tube ostéo-fibrocartilagineux dirigé en avant, en dedans et en bas chez l'adulte, transversalement chez l'enfant.

12 MALADIES IJI-: L'OREILLE.

Elle sert à établir une libre communication entre l'arrièrecavité des fosses nasales et la cavité de la caisse.

Sa longueur a 36 à 40 millimètres et sa portion osseuse seule en a 12,

Elle est formée, d'après Valsava, de deux troncs de cône réunis par leur petite base, et aplatis d'avant en arrière.

11 en résulte un calibre de forme ovale et de diamètres fort différents.

Les diamètres minimum, seuls importants à connaître, sont au point d'union des deux troncs de cône : le diamètre vertical a 2 millimètres, et le diamètre borizontal 1 millimètre.

La trompe n'est pas rectiligne, elle forme un angle obtus dirigé en bas et un peu en avant.

L'orifice guttural ou pavillon, peu saillant chez l'enfant, présente ordinairement, chez l'adulte, un rebord postérieur assez prononcé, et donne au doigt qui le touche une sensation dure, élastique, cartilagineuse, caractéristique.

Le professeur Troeltsch a attiré l'attention sur Je relâchement de la portion fibro-cartilagineuse de la trompe, relâchement qui peut occasionner une surdité en s'opposant au passage libre de l'air dans l'oreille moyenne.

Le pavillon de la trompe est situé très-peu au-dessous de l'arête de l'angle formé par la paroi externe des fosses nasales et le cornet inférieur. 11 a aussi des rapports importants avec le bord postérieur de la cloison, lorsqu'on veut le prendre pour point de repère dans le cathétérisme de la trompe.

Si l'on place une tige mince dans une position transversale, de manière à ce qu'elle passe par le centre des deux orifices gutturaux des trompes, on voit qu'elle touche presque le bord postérieur de la cloison. On doit donc en conclure qu'il sera nécessaire, après avoir porté le bec de la sonde jusque vers le bord postérieur de la cloison, de le diriger directement en dehors, pour pénétrer dans le méat de la trompe.

Les deux méats sont distants l'un de l'autre de 2o à 30 millimètres. Cette donnée est d'un grand secours quand on est obligé de faire exceptionnellement le cathétérisme par la narine opposée.

DES OSSELETS DE L'OUÏE

DES OSSELETS DE L'OUÏE

Les osselets de l'ouïe, au nombre de quatre, sont, en allant du tympan à la fenêtre ovale, le marteau 4, l'enclume 2, l'os lenticulaire 3 (espèce d'os sésamoïde manquant assez souvent), et ]'étrier 4 (Bg. 2). Ils forment une chaîne composée de segments unis entre eux par des liens résistants et mus par des muscles.

Comme vous connaissez ces divers détails, je me contenterai de vous rappeler les principaux.

Le marteau, dont le manche est en partie situé entre les deux plans de la couche fibreuse du tympan, présente, sur la partie" postéro-interne de sa tète, une surface qui s'articule avec une partie correspondante de l'enclume.

La tète répond à une lame osseuse située au-dessus de la circonférence du tympan. L'apophyse grêle ou antérieure, placée en partie dans la scissure de Glaser, est entourée d'une synoviale qui rend plus faciles ses mouvements de glissement et de rotation et donne attache au muscle externe du marteau.

La courte apophyse, ou apophyse externe placée un peu au-dessous de la partie supérieure du cadre osseux du tympan, soulève cette membrane et proémine en dehors, où elle apparaît à la surface externe de la membrane; c'est elle qu'on doit prendre pour point de repère, lorsqu'on examine le tympan.

L'enclume présente un corps et deux branches : l'une supérieure, l'autre inférieure. Le corps aplati de dedans en dehors présente à sa partie antérieure une facette sinueuse et profonde, destinée à s'articuler avec la fossette du corps du marteau.

La branche supérieure courte et assez volumineuse se dirige directement en arrière.

La branche inférieure, plus longue que la branche supérieure, est verticale et s'articule avec l'os lenticulaire.

Ce dernier osselet sert de trait d'union entre l'enclume et l'étrier avec lesquels il s'articule. Son existence a été mise en doute par plusieurs anatomistes, parce qu'il est souvent soudé à l'enclume, parfois à l'étrier, d'autres fois à ces deux osselets.

I 4 MALADIES DE l' OREILLE.

Monsieur le professeur Sappcy (1) dit que cette soudure, simple ou double, ne diffère pas de celle qui réunit chez les vieillards les divers os du crâne, et qu'elle est aussi le résultat d'une altération sénile.

Cet anatomiste distingué aurait pu ajouter que la soudure de l'os lenticulaire dépend souvent d'une cause pathologique.

L'étrier, situé horizontalement entre l'os lenticulaire et la fenêtre ovale, a une tête, un col, deux branches et une base. La tête présente une facette qui s'articule avec l'os lenticulaire, et donne insertion dans sa partie postérieure au muscle de l'étrier.

Lc col, très-court, relie la tête aux branches. Les branches, opposées l'une à l'autre par leur concavité, ont une courbure comparable à celles des branches d'un étrier ordinaire.

De ces deux branches, l'une est antérieure, moins longue et moins courbe que la postérieure.

La base de l'étrier est formée par une lame osseuse plus petite que la fenêtre ovale, dans laquelle elle est enclavée, et à laquelle elle est unie par des liens articulaires.

Ligaments. — Les osselets sont maintenus en place par des ligaments qui les fixent aux parties de la caisse où ils sont placés.

Le marteau est maintenu par deux ligaments : l'un supérieur, allant presque verticalement de la tête du marteau à la paroi supérieure de la caisse du tympan; l'autre, externe, se dirigeant de la partie postéro-supérieure du cadre osseux du tympan à la partie supérieure du manche du marteau. , L'enclume est fixée aux parties supérieures de la caisse par des liens assez forts, partant de sa branche supérieure et allant s'insérer aux parties osseuses correspondantes.

La base de l'étrier est maintenue dans la fenêtre ovale 0 (Gg. 4), par des fibres ligamenteuses. Les osselets sont unis entre eux par des liens formant une espèce de capsule fibreuse, et recouverts par la muqueuse qui tapisse les parois de la caisse. Ils sont mus par trois muscles dont deux s'insèrent au marteau et sont désignés d'après leur insertion : muscle externe du marteau, muscle interne du marteau ; le troisième s'insère à l'étrier.

Jl) Traité d'anatomie descriptive. Taris, 18i>3.

DES OSSELETS DE L'OUÏE

Muscle externe du marteau. — Ce muscle, fixé d'une part à Pépinè du sphénoïde, et à la portion fibro-cartilagineuse de la trompe d'Eustache, longe la scissure de Glaser, au-dessous de laquelle il est situé, et va s'insérer à l'apophyse antérieure du marteau. Ce muscle, dont la nature musculaire n'est pas bien démontrée, sert à maintenir la membrane dans un état de tension convenable.

Des anatomistes, comme monsieur le professeur Sappey, admettent que ce muscle, de nature musculaire, attire le marteau en avant et en dehors, lorsqu'il se contracte, et par conséquent relâche la membrane du tympan.

Muscleintemedu marteaum. — Le muscle interne du marteau s'insère, par sa portion musculaire, à l'angle rentrant du temporal à l'épine du sphénoïde et à la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache. Il se place au-dessus et en dedans de la portion osseuse de la trompe, après s'être engagé dans le canal qui lui est. réservé, pénètre dans la caisse dont il suit la paroi interne. Au niveau du col du marteau, il se réfléchit en dehors pour s'insérer au côté interne du manche du marteau, un peu au-dessous de l'apophyse antérieure. Cette partie tendineuse R (fig. 2), est entourée d'un manchon formé par des fibres élastiques.

Le muscle interne du marteau, lorsqu'il se contracte, tire le manche du marteau en dedans; par conséquent il tend la membrane du tympan. Pendant ce mouvement le corps du marteau, porté en dehors, entraîne la tête de l'enclume, dont la branche verticale est portée en dedans, et fait pénétrer plus avant la base de l'étrier-dans la fenêtre ovale.

La muqueuse, tapissant les diverses parties formant l'oreille moyenne, présente une structure et une physionomie variées. A l'orifice pharyngien de h trompe, la muqueuse est exactement semblable à celle qui tapisse l'arrière-cavité des fosses nasales; mais, à mesure qu'elle tipisse des parties plus profondement situées, elle est lisse, mince et paraît ressembler à une membrane séreuse.

Vers l'orifice tympanique du tube d'Eustache, elle conserve les mêmes caractères; mais elle augmente d'épaisseur, devient plus vasculaire, et renferme, d'après le professeur Troeltsch, des glandes mucipares acineuscs.

16 MALADIES DE h OREILLE.

La muqueuse tapissant la caisse est mince, lisse, intimement unie au périoste et ne renferme aucune glande, si ce n'est près de l'orifice tympanique de la trompe, où l'on trouve assez souvent une glande en forme de grappe signalée par le professeur Troeltsch.

La muqueuse, si mince à l'état normal, peut augmenter de volume et combler la cavité de la caisse. Elle peut aussi contracter des adhérences avec les osselets, ou avec d'autres parties de la caisse. Vous enverrez de nombreux exemples.

La muqueuse, tapissant les cellules mastoïdiennes, est mince et n'offre aucune particularité intéressante.

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