‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 4 sur 69 · DE L'OREILLE INTERNE · texte numérisé non relu

DE L'OREILLE INTERNE

L'oreille interne, profondément cachée dans le rocher, est située en dedans et un peu en arrière de la caisse de tympan. Elle est formée de deux parties très-distinctes : l'une osseuse, l'autre molle et membraneuse, affectant la même forme que la précédente. De là les noms de labyrinthe osseux et de labyrinthe membraneux.

L'oreille interne présente comme l'oreille moyenne un espace assez limité appelé vestibule ; espèce de carrefour où viennent aboutir des canaux de formes différentes. Cette cavité irrégulièrement ovoïde, un peu aplatie de dehors en dedans, est placée entre la caisse du tympan et le conduit auditif interne A. On remarque en arrière, en dedans et au-dessus du vestibule, trois tubes osseux qu'on appelle canaux demi-circulaires S.

Dans l'intérieur du vestibule et des canaux demi-circulaires osseux, il y a des parties molles dont la forme est exactement semblable à celle des parties qui les renferment. On leur a donné le nom de labyrinthe membraneux qui représente en miniature le labyrinthe osseux.

Le vestibule et les canaux demi-circulaires membraneux rie sont pas en contact avec la surface intérieure des parois osseuses correspondantes ; ils en sont un peu éloignés et y sont fixés en certains points par des prolongements vasculaires ou nerveux.

DE l'oBEILLE INTERNE.

Ils sont clos de toute part et renferment un liquide dans leur intérieur.

Le vestibule membraneux diffère du vestibule osseux qui est une seule et môme cavité par la disposition. 11 est divisé en deux parties: Tune plus grande, l'autre plus petite, renfermant de petits cristaux un peu adhérents à la surface intérieure des vestibules membraneux. Chaque canal demicirculaire membraneux présente une ampoule comme son correspondant osseux.

Les divisions du nerf auditif vont des parois du labyrinthe osseux à celles du labyrinthe membraneux, en traversant le liquide renfermé dans le labyrinthe osseux. Elles se terminent en des points différents du labyrinthe membraneux sous la forme de renflements qui sont au nombre de cinq; un pour chaque division du vestibule, et un pour chaque ampoule de canal demi-circulaire.

Les renflements situés dans les vestibules membraneux sont tapissés par un épithélium dans lequel sont insérées des fibres nerveuses en très-grand nombre. Sur l' épithélium, on remarque des otolithes ou cristaux allongés très-fins qui y adhèrent. Ces cristaux sont destinés à provoquer une excitation mécanique dans la masse nerveuse à chaque mouvement brusque du liquide renfermé dans le labyrinthe.

L'intérieur de l'ampoule de chaque canal demi-circulaire est tapissé par un épithélium dont la surface est hérissée de tilaments petits, roides, évidemment très-propres à suivre les mouvements du liquide, et par suite à produire une excitation mécanique dans les cordons nerveux qui touchent leur base.

Le limaçon I, ainsi nommé parce qu'il a la forme de la coquille de ce gastéropode, est placé en avant du vestibule. 11 présente une cavité séparée en deux parties bien distinctes, par une cloison qui n'existe plus à son sommet, dételle sorte que les deux parties se confondent en une seule et communiquent largement entre elles.

L'une des parties aboutit au vestibule ; on l'appelle rampe vestibulaire ; l'autre, appelée rampe tympanique, aboutit à la fenêtre ronde.

La cloison est formée de deux parties différentes : 1° par une cannelure osseuse qui fait une légère saillie tout autour

iS MALADIES DE L OREILLE.

de l'axe du limaçon et présente naturellement deux lèvres, à chacune desquelles est fixée une lame membraneuse allant à la paroi opposée. Entre chaque lame existe un espace vide appelé rampe moyenne.

L'intérieur du limaçon est rempli par un liquide.

Les rameaux du nerf auditif pénètrent par l'axe du limaçon dansla substance osseuse; de là ils vont aux lames membraneuses aboutir à des prolongements découverts par le marquis de Corli, et ceux-ci destinés à entrer en vibrations sont les terminaisons du nerf auditif.

Les rameaux nerveux terminaux se bifurquent ; les uns ascendants, les autres descendants, forment des pinceaux nerveux comparables chacun à une corde de piano capable de vibrer sous l'influence d'un son déterminé (Helmholtz).

l'IlYSIOLOGIE DE L'OREILLE.

Le sens de l'ouïe est celui qui nous donne la notion du son (1).

Aussi, lorsque des vibrations sonores viennent ébranler le nerf acoustique, il y a perception d'un bruit quelconque et dont nous pouvons apprécier la nature.

Le bruit diffère du son, parce qu'on ne peut pas apprécier le premier, tandis que le second a une valeur musicale. Il n'y a pas entre eux une différence très-nette, cependant elle existe.

Un bruit ou un son est produit par des oscillations plus ou moins rapides qu'il est facile de constater par l'expérience.

On a démontré : 1° que le son se transmet inégalement dans différents milieux et que ceux-ci le transmettent d'autant mieux qu'ils sont plus denses; 2" que le son ne se propage pas dans le vide; qu'il se transmet bien, dans l'air, mieux dans les liquides et avec plus de facilité encore dans les solides ; 3° que, toutes les fois que le son se transmet dans les gaz, il ne se propage pas dans toute la masse en même temps, mais seulement dans une certaine étendue; qu'il se transmet trèsfacilement des liquides aux gaz, que ces deux milieux soient ou non séparés par une membrane.

J ai l'intention de vous donner un exposé simple et facile

(1) Physiologie de Béclard.

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