DU TRAITEMENT DUS COUPS ÉTRANGERS
silile. Ce ne l'ut qu'après avoir pratiqué, à l'exemple de Deleau, des injections par la trompe d'Eustache et avoir fait varier la position du malade, que je parvins à apercevoir le bouton et à l'extraire avec une tige dont l'extrémité ressemble à celle d'un hameçon.
Lorsque le corps est invisible, on peut faire des tentatives en agissant avec beaucoup de lenteur , et se rappeler que le séjour prolongé d'un corps étranger dans la caisse ne compromet généralement pas l'existence des malades.
Cependant on a eu à déplorer des terminaisons funestes, à la suite de l'introduction d'un corps étranger dans l'oreille : mais il faut les attribuer aux désordres commis pendant les tentatives d'extraction *t non pas à la présence du corps étranger. La jeune tille, dont j'ai esquissé plus haut l'observation, avait été cependant bien maltraitée ; non-seulement elle ne mourut pas, mais elle ne présenta pas même de symptômes trop inquiétants.
Corps animés. — Lorsque des corps animés pénètrent dans le conduit auditif, il suffit d'y pratiquer une injection pour les faire sortir.
Au lieu de ce procédé si simple, les anciens avaient naïvement songé à attirer au dehors ces corps animés, en plaçant certaines substances près du méat auditif. C'est ainsi que l'on a conseillé le lait pour les perce-oreilles, la viande pour les vers de la mouche carnassière. — Vous pouvez essayer ces moyens à titre d'expérience et non comme pratique sérieuse.
On a conseillé de tuer les insectes avant de les extraire. C'est une peine inutile, que l'on évite facilement en se servant de l'eau tiède en irrigation.
Si le tympan, peu largement ouvert, empêchait le flot liquide de chasser des vers renfermés dans la caisse du tympan, on pousserait, par la trompe, de l'huile camphrée ou une solution potassique, on instillerait aussi par le conduit ces mêmes liquides et l'on parviendrait facilement à expulser ces corps animés. Dans le cas contraire, on agrandirait la perforation du tympan afin de faciliter la sortie du corps étranger.
Dans cet exposé rapide, j'ai tâché d'éliminer les moyens thérapeutiques ridicules ou mauvais, pour insister sur ceux dont j'ai reconnu la supériorité.
Plaies du conduit. — On est parfois appelé à voir des plaies du conduit produites par des corps piquants, tranchants, contondants. Ces plaies, généralement peu graves, causent de grands désordres lorsqu'elles intéressent les parties profondes. Elles peuvent mettre la vie du malade en danger et compromettre gravement son audition. La preuve en est dans l'exemple suivant :
11 y a quatre ans, on m'envoya un jeune homme de 28 ans qui pendant le cours d'une dispute, reçut un coup de couteau de houcher dans l'oreille. Il y eut section du fibro-cartilage du conduit, plaie de la portion osseuse et du tympan, collection sanguine énorme dans l'oreille moyenne et l'oreille externe. Il survint des douleurs vives instantanées, et le malade rendit le sang par la bouche. Je le vis huit jours après l'accident, et je constatai que la caisse du tympan était en pleine suppuration et que la perception crânienne était très-affaiblie.
Sous l'influence d'irrigations abondantes d'eau tiède, d'instillations astringentes et d'attouchements caustiques ou astringents, la suppuration disparut, la perforation lympanique se referma, mais l'audition resta beaucoup moins bonne que de l'autre côté.
Les plaies sont produites parfois involontairement, lorsque le malade introduit un corps étranger dans son oreille pour faire disparaître une démangeaison. D'autres fois, ces manœuvre^ sont faites dans le but d'enlever un corps étranger qui n'est plus dans l'oreille. Il me suffira de vous rappèler l'observation de la malade qui me fut envoyée par M. le Docteur Prat Marquât.
Les plaies sont parfois produites par le malade, par ses amis, ou des médecins, pendant des tentatives d'extraction d'un corps étranger. Les désordres, quelquefois légers, sont souvent très-graves ; ils peuvent déterminer la mort du malade ou causer une surdité prononcée. Si vous voulez avoir des exemples, il vous suffira de vous rappeler ce que je vous ai dit en vous parlant des corps étrangers.