‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 36 sur 69 · DES AFFECTIONS ECZÉMATEUSES OU HERPÉTIQUES DU CONDUIT · texte numérisé non relu

DES AFFECTIONS ECZÉMATEUSES OU HERPÉTIQUES DU CONDUIT

Ces deux mots désignaient autrefois des affections multiples dont les caractères généraux étaient mal définis.

Willan (1) démontra facilement le vague de ces expressions ; peu à peu les idées devinrent assez précises, et maintenant ces affections sont assez bien connues. D'accord avec M. le professeur Hardy, j'appellerai eczéma : une affection élémentaire, non contagieuse, se transmettant souvent par voie d'hérédité, se reproduisant d'une manière presque constante, et présentant pour symptôme principal des démangeaisons toujours disposées à envahir de nouvelles régions, à marche habituellement chronique et dont la guérison a lieu sans cicatrices, bien qu'elles s'accompagnent souvent d'ulcérations (2).

Il n'entre pas dans mon sujet de vous décrire les affections dartreuses, si diverses dans leur aspect. Je vous parlerai de celles qui envahissent l'oreille et qui ont été assez bien décrites par Triquet.

J'ai déjà dit deux mots de l'eczéma du pavillon. Je parlerai maintenant des affections eczémateuses de l'oreille en général.

La dartre peut occuper une des parties du pavillon, envahir le conduit, le tympan, quitter l'oreille externe pour affecter la gorge, puis l'oreille moyenne. Elle peut aussi occuper toutes

11) Description and Irai I ement of eut aneous etc. Londres, 1708. (2) Leçons sur les mal. de la peau. Paris, 18G0.

ces parties en môme temps; une seule oreille, ou toutes les deux.

Là où elle siège, elle détermine de la démangeaison, de la rougeur, du gonflement, de la chaleur, un luisant particulier qui donne un aspect érysipélateux aux parties atteintes. Cellesci sont couvertes de vésicules, de phlyctènes, au début de la maladie. Bientôt il se forme des croûtes jaunâtres, grisâtres ou noirâtres, sous lesquelles existent des ulcérations superficielles qui sont parfois assez larges, mais ne laissent jamais de cicatrices.

La dartre laisse seulement une tache d'un rouge brun ou violacé qui disparaît au bout d'un temps variable.

Les démangeaisons, qui tourmentent les eczémateux, sont très-incommodes; elles les forcent à se gratter, et à augmenter ou à produire des ulcérations, en rendant les démangeaisons très- vives. Elles se calment souvent le matin pour devenir très-fortes le soir. Bientôt, en troublant le sommeil, elles réagissent sur l'état général. Les pellicules ou croûtes diffèrent de couleur, d'épaisseur et de consistance, suivant la nature de l'affection. Elles sont minces, petites et blanchâtres dans le pytyriasis, jaunâtres dans l'eczéma, brunâtres dans l'ecthyma, noirâtres dans l'impétigo. La dartre a une marche lente, quelquefois rapide, aiguë ou chronique. Lorsque l'affection venue primitivement à l'oreille, ou à des parties voisines, occupe le pavillon, celui-ci ne tarde pas à se tuméfier, à s'éloigner fortement de la tête et à se déformer. Il n'y a ni surdité ni bourdonnements; mais lorsqu'elle a envahi le méat et la partie fibro-cartilagineuse du conduit, ces parties sont gonflées, hypérémiées, et l'examen des parties profondes est douloureux, difficile ou impossible. Il y a un pus assez fétide dans lequel on voit des pellicules ou des écailles de couleur et de grosseur différentes, formant de véritables amas, ou couvrant simplement la surface de l'oreille externe. Il existe des bourdonnements légers et une surdité en rapport avec l'atrésie de la portion fibro-cartilagineuse. Lorsque l'affection envahit les parties profondes de l'oreille externe et le tympan, il est facile de constater la présence des pellicules et du pus, ainsi que la surdité et les bourdonnements. La portion osseuse est fortement hypérémiée. Des vaisseaux apparaissent sur le tympan, principa-

DES AFFECTIONS ECZÉMATEUSES. 189

lemtént derrière le manche du marteau. Cette membrane perd peu à peu ses caractères physiques, en se recouvrant de pellicules, devient blanchâtre, opaque, par suite de l'épaississement et de la desquamation de sa couche cutanée.

Lorsque l'affection persiste pendant un certain temps, après avoir envahi le tympan, cette membrane épaissie conserve une coloration blanchâtre, opaque, très-marquée, sans trace de manche de marteau et du triangle lumineux. (Voir fig. 31 de l'Atlas.) De là une surdité assez prononcée. ■

L'affection dartreuse peut affecter les muqueuses et envahir l'oreille moyenne. On distingue au laryngoscope une rougeur ■vive avec gonflement de la muqueuse de la trompe.

L'inflammation de la caisse est généralement de longue durée et a beaucoup de tendance à passer à l'état chronique, même lorsqu'on emploie un traitement convenable. Elle peut causer la perforation du tympan ; cet accident est rare.

Êtiologie. — Les causes de l'eczéma de l'oreille sont trèsobscures. On remarque cette affection surtout chez l'adulte et le vieillard ; âges auxquels les manifestations de cette diathèse sont plus marquées. On voit aussi la dartre, à titre d'accident secondaire de la syphilis, c'est une êtiologie importante au point de vue du traitement.

Diagnostic. — S'il est souvent facile de reconnaître la nature de l'affection, il est des cas présentant une grande difficulté. On cherche alors à reconnaître l'affection dans d'autres régions, pour savoir si elle est mieux caractérisée, en ayant soin de se rappeler certains caractères différentiels.

Ainsi, dans l'eczéma la sécrétion est séreuse ; dans le lichen la peau a une rudesse particulière; dans le psoriasis les squames sont larges, épaisses, d'un brillant argentin ; dans lé pityriasis, les pellicules sont minces, petites, blanchâtres. Le diagnostic différentiel des diverses espèces d'eczéma devient parfois impossible ; mais il ne présente pas une grande utilité pratique, puisque, comme le dit le professeur Hardy, il suffit de reconnaître le nom de famille des maladies cutanées. Il est cependant une forme d'eczéma décrite par les auteurs modernes, que j'ai rencontrée plusieurs fois, et dont je vais vous dire deux mots. C'est l'eczéma fendillé qui se rencontre le plus souvent dans le sillon formé par le pavillon et l'apophyse mas-

MALADIES DE l'oREILLE.

toïde ; mais qui peut affecter d'autres parties du pavillon. Il est caractérisé par des fissures longues et étroites, ordinairement obliques les unes par rapport aux autres, et laissant entre elles des espaces variables. Le fond de ces fissures est rouge, il sécrète un liquide analogue à celui de l'eczéma. Il coexiste avec des vésicules, cause par intervalle des démangeaisons très-vives, dure fort longtemps, disparaît et reparaît facilement. Il a un aspect caractéristique et ne peut pas être confondu avec le lichen, remarquable par l'épaississement et la rudesse de la peau. Je l'ai toujours observé chez des personnes assez âgées. Certaines éruptions peuvent être confondues avec des éruptions syphilitiques; on devra interroger le malade avec soin, examiner les parties génitales, la gorge, pour voir s'il n'y a pas d'accidents syphilitiques secondaires ou des cicatrices pathognomoniques.

Si le diagnostic est douteux, le traitement antisyphilitique change le plus souvent le doute en certitude.

Pronostic. — Généralement, ces affections présentent une certaine gravité, même lorsqu'elles n'ont pas envahi le tympan, parce qu'elles peuvent, à un moment donné, s'étendre et modifier la cloison tympanique ; ou passer dans l'oreille moyenne, et amener une surdité, en causant une inflammation de cette partie de l'organe. Cependant si le malade est jeune, a une bonne constitution, on peut concevoir beaucoup d'espérance. Lorsque l'affection a envahi le conduit et le tympan, elle peut disparaître, mais elle peut déterminer un épaississement de la cloison, résistant à tout traitement.

Mais si l'affection est ancienne, générale et locale, le malade ayant dépassé l'âge moyen de la vie, on doit peu compter sur les effets d'une médication bien dirigée. Si elle est localisée au pavillon, persiste depuis un certain temps sans avoir de tendance à s'étendre, si la personne peu diathésique est jeune et peut être placée dans de bonnes conditions hygiéniques, on peut certainement assurer' qu'elle ne portera pas de trouble dans l'audition.

On devra toujours se rappeler qu'une dartre guérie peut reparaître dans les mêmes régions, avec une intensité égale ou plus grande. Par conséquent, il sera prudent de faire des restrictions en prévenant les malades ou leurs parents.

DES AFFECTIONS ECZÉMATEUSES. 191

Traitement hygiénique. — Comme, dans ces affections, il existe presque toujours une dialhèse, on doit, par un traitement général, tâcher de neutraliser, ou de faire disparaître la diathèse; et, par u'n traitement local, essayer de modifier l'organe affecté.

Dès le commencement du traitement, on doit soumettre Je malade à une hygiène sévère, lui recommander d'éviter tout excès de veille, d'alimentation; lui interdire l'usage des liqueurs fermentées, des alcools, du café, du thé, de la charcuterie, des épices, du gibier, des poissons ou crustacés de mer. Ce sera le seul moyen de rendre la guérison plus prompte et d'empêcher les récidives.

Traitement général. — Lorsqu'il existe des phénomènes inflammatoires, on doit les combattre par les tisanes rafraîchissantes (eau d'orge miellée, chiendent et réglisse; limonade citrique); par des purgatifs salins, drastiques ou huileux. Les purgatifs huileux seront donnés de préférence aux enfants, et les purgatifs salins et drastiques aux adultes (eau de Pullna, aloès ou jalap). Lorsque l'état suraigu a disparu, on continue les purgatifs ; on emploie le soufre, l'arsenic, l'iode et leurs composés ; la teinture de cantharides, le baume de copahu (Hardy).

Les purgatifs, très-efficaces pour combattre les affections à forme humide, le sont très-peu contre celles à forme sèche.

Arsenic. — On le donne principalement aux malades qui ne sont pas trop lymphatiques. On emploie surtout la liqueur de Pearson ou cette solution :

Arséniate de soude o centigr.

Eau distillée 200 grammes

De une à trois cuillerées à soupe par jour; pour les enfants ce sera la cuillerée à café. t

Huile de foie de morue. — On la donne aux malades scrofuleux, aux enfants surtout, à la dose de 1 à 6 cuillerées à soupe par jour. M. le docteur Bazin la donne encore à des doses plus élevées (1).

(1) Leç. théor. et clin, sur les affections cutanées. Paris, 1860.

Iode. — On emploie l'iode, en l'alternant avec de l'huile de foie de morue, chez les enfants scrofuleux :

lodure de potassium 3 gr.

Eau distillée 200 gr.

De l à 3 cuillerées à café par jour.

On l'emploie surtout chez les adultes lymphatiques, ayant une affection chronique arrivée à sa dernière période.

On prescrit surtout les eaux minérales naturelles : eauxd'Enghien, de Baréges. Enfin, on aura recours au baume de copahu, à la teinture de cantharide, dans certains cas rebelles.

Tous ces médicaments pris à l'intérieur seront administrés avec de la tisane de gaïac ou de l'eau de goudron.

Traitement local. — Pendant la période inflammatoire, on prescrira des fumigationsémollientes avec une décoction detête de pavot (une tète pour un demi-litre), afin de diminuer la congestion locale ; et des fumigations astringentes (eau blanche étendue d'eau chaude; de Trœllsch); eau de Botot étendue d'eau, ou vinaigre camphré dans de l'eau chaude. Pendant les autres périodes, on prescrira des bains de vapeur au-dessous de 33° (Hardy). On fera, s'il y a lieu, des badigeonnages sur les parties malades tous les jours, ou tous les deux ou trois jours, selon l'effet obtenu, avec cette pommade ou un de ces mélanges :

N° 1. Pyrélaïne de goudron 10 gr.

Axonge JjO gr.

Soufre sublimé 3 gr.

Camphre pulvérisé 2 gr.

N° 2. Huile de cade très-pure i5 gr-

Glycérine anglaise ib gr.

N° 3. Huile de cade très-pure 10 gr.

Glycérine anglaise 20 gr.

N° 4. Teint, de quinquina 4 gr.

Teint, de lolu 3 gr.

Glycérine ' 15 gr.

Dans les formes sèches, on aura encore recours aux trois pommades suivantes ou aux mélanges indiqués :

N° I. Oxyde de zinc Axonge

2 gr.

30 gr.

de l'otite furonculeuse. 193

N»2. Calomel 0«,23 à 0«,40

Axonge 30 gr.

N° 3. Bichlorurc d'hydrargyre 0«,0o à 0M0

Axonge 30 gr.

Si ta partie osseuse du conduit et le tympan sont envahis, on portera ces médicaments tous les deux jours h l'endroit affecté, avec un petit bourdonnet de coton fixé au bout d'une tige; et l'on pratiquera tous les trois ou quatre jours une injection tiède avec de l'eau de goudron, afin d'entraîner les croûtes ou le pus.

Si l'affection a envahi l'oreille moyenne, on introduit dans la caisse des vapeurs ou des injections d'eau de goudron, d'eaux sulfureuses, ou des injections de glycérine médicamenteuse :

Huile de cade pure 3 gr.

Glycérine anglaise 30 gr.

On prescrit des fumigations balsamiques, sulfureuses, et l'on a recours aux cautérisations s'il y a lieu.

DE L'OTITE FURONCULEUSE.

L'otite furonculeuse est produite par l'éruption d'un ou de plusieurs furoncles qui siègent presque toujours dans la portion fibro-cartilagineuse.

Symptômes. — Le furoncle détermine dans l'oreille des douleurs tensives, légères, puis vives, qui peuvent s'étendre dans toutes les régions voisines. Celles-ci sont continuelles, sourdes et de temps en temps lancinantes. Les mouvements du maxillaire, en faisant mouvoir la portion fibro-cartilagineuse du conduit, Jes exagèrent souvent à tel point que le malade ne veut ni boire ni manger.

Au bout de quelques jours, la douleur diminue et le furoncle ne tarde pas à s'ouvrir, en procurant un soulagement immédiat.

Quelquefois les douleurs sont peu vives; il n'y a qu'une sensation de gêne peu prononcée.

Quand elles sont vives, il y a ordinairement des battements assez prononcés, pins forts le soir que le matin, et augmentant sous l'influence de la circulation.

L'otile furonculeuse réagit aussi sur)' état général d'une manière légère ou plus prononcée. Il y a de la fièvre, de l'insomnie, un état saburral des voies digestives, de l'inappétence etde la soif.

Mais tous ces symptômes sont rarement aussi marqués que ceux de l'otite phlegmoneuse.

Symptômes objectifs. — Le furoncle, généralement seul, est ordinairement situé près du méat auditif. Il se présente sous la forme d'une petite tumeur rosée, mais peu à peu cette teinte se colore davantage, et l'on ne tarde pas à voir apparaître à son sommet une teinte blanchâtre, blanc jaunâtre, produite par le tissu cellulaire mortifié, et par le pus renfermé dans l'intérieur du furoncle. Lorsque le pus s'est fait jour au dehors depuis très-peu de temps, on voit au sommet de la tumeur une ouverture assez petite qui a donné passage au pus, et à travers laquelle on peut faire sortir une certaine quantité de tissu cellulaire (bourbillon).

Marche, durée, terminaisons . — Le furoncle a généralement une marche aiguë, quelquefois subaiguë. Il a une durée qui varie entre trois et quatre jours, et se termine par résolution ou par suppuration. Dans le premier cas, la tumeur, après avoir été assez prononcée et avoir eu une coloration d'un rosé assez vif, diminue peu à peu. Sa couleur pâlit, et, à la place d'une saillie indurée, on ne trouve bientôt plus que des tissus parfaitement sains.

Quand la tumeur doit suppurer, la coloration rosée devient plus vive, elle est peu de temps après remplacée par une coloration blanchâtre, blanc jaunâtre, blanc opaque, et bientôt du pus s'échappe au dehors. A ce moment, le furoncle peut disparaître, sans que le bourbillon soit sorti, mais celui-ci est souvent la cause d'une inflammation nouvelle. C'est pourquoi il est bien préférable de presser le furoncle pour en faire sortir la plus grande partie du contenu.

Etiologie. — Les furoncles du conduit viennent sous l'influence d'un état général particulier et coïncident avec une éruption furonculeuse sur d'autres parties du corps ou la suivent.

On les remarque aussi pendant le cours des otites eczémateuses, dont ils paraissent être le cortège ordinaire. Us survien-

de l'otite FURONCULEUSE. 195

nont encore pendant- le cours des suppurations de la caisse du tympan, ou à la suite d'instillations astringentes, d'alun de préférence.

Les furoncles affectent aussi les personnes lymphatiques, sous l'influence de causes assez légères, comme une solution, assez forte de sulfate de zinc, par exemple, etc.

Diagnostic, — D'après ce que je vous ai dit tout à l'heure, il n'est pas difficile de reconnaître la présence d'un furoncle, mais il s'agit de savoir si cet état morbide passager est la cause de la surdité, quand elle existe, ou s'il y a une autre affection. Mais comme le furoncle peut avoir déterminé un gonflement assez prononcé des tissus, pour empêcher de voir les parties plus profondément situées, on ne peut pas toujours connaître la cause initiale. C'est pourquoi, lorsqu'il existe delà surdité, il est préférable d'attendre quelques jours avant de porter son pronostic, car l'otite furonculeuse seule n'est jamais grave.

Pour faire ce diagnostic différentiel, on tâchera de reconnaître les différentes affections qui déterminent l'éruption furonculeuse.

On examinera donc avec soin la surface du conduit.

Traitement. — 11 est émollient ou antiphlogistique. Le traitement émollient consiste à instiller dans le conduit plusieurs gouttes de décoction tiède de tètes de pavots, plusieurs fois par jour, et de maintenir dans l'oreille un petit cataplasme de fécule, ou des cataplasmes de mie de pain trempée dans du lait. Ces derniers cataplasmes doivent être renouvelés trois fois par jour quand la température est élevée.

En même temps, on prescrit un purgatif salin, une nourriture légère, et l'usage de l'eau de goudron. Si le malade a une constitution qui paraisse le prédisposer aux éruptions furonculeuses, il est nécessaire de changer l'hygiène du malade et de prescrire des solutions arsenicales, des bains alcalins ou sulfureux, et de l'eau de Pullna, comme laxatif, une fois par semaine.

Le traitement antiphlogistique, combiné avec le traitement émollient, me paraît bien préférable.. Aussitôt que la tumeur furonculeuse devient douloureuse, je fais prendre au malade une fumigation de vapeur d'eau assez chaude, pendant quelques minutes, de manière à congestionner l'oreille externe.

J'applique sur le point douloureux un petit tube-ventouse que j'ai imaginé, et lorsque j'ai fait le vide pendant une demi-minute ou une minute, je scarifie la surface rouge avec un bistouri ; ensuite je réapplique mon tube-ventouse de manière à faire saigner suffisamment la tumeur furonculeuse ; parce moyen j'arrête la marche du furoncle.

Quand l'inflammation est vive, je fais une seconde application dans la journée, et il est rare de voir le processus morbide ne pas céder à ce moyen héroïque. Le furoncle est-il prêt de suppurer, je l'ouvre largement, et j'exerce des pressions de manière à faire sortir en partie ou en totalité le tissu cellulaire mortifié.

Pour empêcher le retour des furoncles, il faut modifier l'état général. On y parvient en indiquant le traitement général dont je vous ai parlé il y a un instant, ou en modifiant l'état local causant l'éruption furonculeuse.

Je ne vous ai point parlé des abcès sudoripares décrits pour la première fois par un chirurgien savant et habile, M. le professeur Verneuil (t). Je vais vous en dire deux mots :

Les glandes çérumineuses et les glandes sudoripares étant profondément placées, les abcès qui se forment dans leur intérieur sont toujours aussi profondément placés. Dès qu'ils commencent à se former, il existe une douleur limitée à un point, mais beaucoup moins étendue que celle qui est produite patun abcès furonculeux. C'est ce qui fait qu'on les distingue parfois des furoncles avec assez de facilité.

Us ont aussi une forme plus arrondie, et leur base est mieux distincte des tissus environnants.

Leur traitement est le même que celui des abcès furonculeux.

(1) Arch. gén. de médecine. Paris, 18G4.

Page 1