INFLAMMATION DE LA TROMPE D'EUSTACHE
L'inflammation de la trompe d'Eustachc, coïncidant avec une inflammation des parties voisines, présente des symptômes pathognomoniques. C'est pourquoi je négligerai ceux qui sont déterminés par l'affection initiale pour insister sur ceux qui se rapportent beaucoup plus spécialement à l'inflammation de la trompe.
Il existe dans l'arrière-cavité des fosses nasales, près des orifices pharyngiens des trompes d'Eustache, une chaleur acre , tensive, incommode , et une sensation de pression fort désagréable. C'est ce qui engage le malade à exécuter des mouvements de déglutition pour tâcher de se débarrasser de cette pression incommode. Il y a des douleurs lancinintes s'irradiant du côté du conduit, des tempes et du cou, et lorsque l'air passe 'quelquefois dans les trompes, pendant un effort d'expiration, une douleur se fait sentir dans le fond de l'oreille. Elle est vive, instantanée, déchirante et de peu de durée; aussi le malade prend-il grand soin de ne pas renouveler cette expérience. Il existe ordinairement dés bourdonnements comparables aux battements artériels ou à un bruit de coquillage. Certains auteurs les ont attribués à la différence de pression exercée sur les deux faces de la membrane du tympan. Je crois qu'ils sont plutôt produits par les battements vasculaires des gros vaisseaux voisins. Pendant les premiers temps, il existe un peu d'hypéresthésie et de résonnance de la voix. Il' y a une surdité d'abord légère, puis peu à peu plus prononcée au fur et à mesure que la muqueuse de la trompe se tuméfie davantage. Le malade a la sensation très-prononcée d'oreille bouchée, et il ressent vers le méat des démangeaisons très-vives calmées ou diminuées momentanément par l'introduction d'un corps mouillé dans le conduit. Ces démangeaisons revenant au bout d'un temps variable, le malade les augmente par des attouchements répétés avec un crayon, un porte-plume, un cure-oreille ou un autre instrument.
Marche, durée, terminaisons. — L'inflammation aiguë de la trompe a une durée fort limitée lorsqu'elle a une marche franchement inflammatoire et nullement entretenue par un état morbide spécial. Après avoir parcouru ses diverses pé-
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riodes, elle se termine par résolution, sans compromettre plus longtemps l'audition. Mais il n'en est pas toujours ainsi, puisqu'elle peut gagner la caisse, s'étendre au cerveau et causer la mort ou déterminer simplement tous les degrés de l'inflammation de la caisse, laisser après elle une obstruction de la trompe par du mucus qui se concrète à la manière d'un bouchon de cérumen dans le conduit auditif externe, ou bien un gonflement inflammatoire de la muqueuse , c'est-à-dire un état chronique.
Lorsqu'il existe un bouchon de mucus, il en résulte un certain degré de surdité qui dépend de l'obstruction variable de la trompe, et qui persiste tant que le corps étranger ne permet pas un libre passage à l'air dans la caisse. Quand l'obstruction de la trompe est complète, ce qui est très-rare, les mucosités sécrétées parles follicules de l'oreille moyenne, ne s'écoulant plus dans le pharynx, s'accumulent dans la caisse et produisent l'engouement.
Inflammation chronique de la trompe d'Eus tache. — Lorsque l'inflammation passe à l'état chronique, ce qui est fréquent, le malade a, suivant l'état hygrométrique de l'air, des alternatives d'audition et de surdité qui deviennent moins prononcées à mesure que la muqueuse est modifiée davantage. Après une excitation, vive de la muqueuse, comme celle que produit le fumer prolongé, le cathétérisme répété ou fait maladroitement, l'injection de substances irritantes dans la trompe, etc., le malade ressent au bout d'un temps variable une douleur tensive. Celle-ci a son siège au niveau des trompes d'Eustache, dans la gorge et vers le méat auditif. Il existe aussi une chaleur âcre dans ces parties, une démangeaison assez vive au méat auditif et une sensation fort désagréable d'oreille bouchée. Quand ces symptômes surviennent chez un malade qui subit le cathétérisme, on doit suspendre les séances pendant quelques jours, afin de laisser disparaître l'hypérémie de la muqueuse.
Pendant la durée de l'état inflammatoire, toutes les fois que le malade fait une expiration forcée et que l'air passe dans la caisse, il survient une douleur vive et brusque qui contraint le malade à modérer ses efforts et lui fait craindre toute expiration forcée. Dès que Taira passé dans l'oreille moyenne, le malade a pendant quelques secondes la sensation de plénitude de
l'oreille, puis tout à coup, au moment où l'excès d'air sort de la caisse, un petit claquement se fait entendre, et l'audition est améliorée pendant un temps qui varie entre quelques secondes et plusieurs heures.
Lorsqu'il n'y a pas d'hypérémie vive de la trompe, le passage de l'air dans l'oreille moyenne ne produit pas de douleur, à moins que l'expiration n'ait été violente. Le malade ressent aussi, à des intervalles variables, des bourdonnements passagers à timbre métallique dont le mot clzin peut donner une bonne idée ; ils durent pendant quelques secondes, et se prolongent quelquefois pendant une demi-minute.
Marche, durée, terminaisons. — L'inflammation chronique de la trompe d'Eustache a une marche excessivement lente et reste stationnaire pendant des années avant d'envahir la caisse du tympan. Elle ne couse jamais la mort, mais elle produit l'épaississement de la muqueuse de la trompe et rétrécit énormément ce canal, au point de s'opposer au passage libre de l'air. Il en résulte une surdité très-prononcée. Lorsqu'elle envahit la caisse du tympan, elle détermine l'épaississement des tissus mous que renferme ce diverticulum , ainsi que ceux de la membrane du tympan. Cet épaississement, comme on doit le penser, commence toujours par les parties périphériques de la membrane et permet de les distinguer des épaississements dépendant de sa couche cutanée ou de sa couche fibreuse.
Etiologie. — La cause la plus fréquente de l'inflammation de la trompe est le refroidissement de la tète ou des pieds, arrêtant une transpiration plus ou moins abondante; c'est pourquoi on rencontre cette maladie plus souvent au printemps et à l'automne dans les pays humides, dont les variations sont très-brusques, comme le Havre, Nantes, Rouen, etc., elc.
On doit nommer encore toutes les causes capables de produire l'inflammation des muqueuses, comme, par exemple, les fièvres éruptives, le tabac, les liqueurs, la syphilis, les affections darlreuses.
Diagnostic. — Le diagnostic est facile parce qu'on peut toujours constater avec soin quel est l'état de la muqueuse de la trompe. Par l'examen direct, on voit la gorge rouge, tuméfiée, granuleuse, et des stries ou des plaques rosées sur la lèvre postéro-supérieure de la trompe.
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Quelquefois ou aperçoit, entre les lèvres du méat de la trompe, des mucosités jaunâtres, ou d'un blanc grisâtre, assez semblables à une solution épaisse de gomme arabique. Elles sont demi-liquides ou solides. Quand elles sont demi-liquides, elles couvrent souvent une partie de la muqueuse avoisinant l'angle antérieur de la trompe. Quand elles sont solides, elles se présentent sous la forme d'une matière demi-desséchée remplissant un canal. Si l'on engage le malade à employer le procédé de Valsava, il arrive souvent, au dernier degré de cette affection, que l'air ne passe pas dans l'oreille moyenne. Cette tentative inutile ne prouve pas que la trompe soit rétrécie. Elle indique seulement qu'elle est fortement hypérémiée, ou qu'elle renferme des matières étrangères. Lorsque le malade fait des expirations plus énergiques (par la méthode de Valsava), il ressent une pression vive et indolore au niveau des trompes. Cette sensation de pression devient peu à peu plus profonde. Elle est due à la pression de l'air sur l'orifice pharyngien de la trompe, ou à l'introduction de l'air qui pénètre dans le tube d'Eustache jusqu'à une certaine profondeur et y rencontre un obstacle. Mais, au bout de quelques minutes, le malade parvient quelquefois à faire passer l'air dans la caisse du tympan. Pendant toutle temps que durent ces efforts, si l'on auscultel'oreille, on n'entend aucun bruit. Tout à coup l'obstacle est rompu, et l'air se précipite dans la caisse en faisant entendre le claquement du tympan; claquement sec, fort, comparable au claquement d'une étoffe de toile fine ou de soie. Si la méthode de Valvasa ne réussit pas à faire passer l'air dans la caisse du tympan, on emploie la méthode de Politzer, qui est parfois insuffisante à cause du manque d'habitude du malade. Il faut alors constater directement l'état de la trompe avec un cathéter assez large pour permettre l'introduction d'une bougie.
Pour y parvenir, on place le tube otoscope dans l'oreille du malade et dans celle du médecin ; on introduit le cathéter métallique dans la trompe et on le maintient avec la main. Il ne reste plus qu'à pousser dans la caisse du tympan une douche d'air qui produit des bruits variables. Lorsque la trompe est obturée, on entend le bruit lointain de l'air, quelquefois même le bruit de pavillon grossièrement comparable au ron ron du chat, mais aucun'bruit dans la caisse. La trompe est-elle ré-
tréeie et encore perméable, on entend l'air pénétrer dans la caisse sous la forme d'un filet mince. Celui-ci s'engage dans le passage étroit et arrive dans la caisse où il produit un bruit très-superficiel. Si la douche est poussée avec une force assez grande, il peut y avoir un claquement partiel du tympan. Mais rarement on entend le claquement bien net du tympan dû à la projection entière de la membrane en dehors, parce que la quantité d'air, pénétrant à un moment donné dans la caisse, est trop faible. Quand la cavité de la portion fibro-cartilagineuse de la trompe est remplie de mucosités, on entend un gargouillement lointain, puis une crépitation à grosses bulles. Bientôt les mucosités, étant très-divisées, sont chassées presque en totalité dans le pharynx. D'autres, en petit nombre, sont entraînées dans la caisse par l'air qui y pénètre largement. Ces bruits humides, qui se passent dans la trompe, masquent d'ordinaire le claquement du tympan. Cependant, avec une habitude suffisante et une ouïe fine, il est facile d'entendre le claquement de la membrane, voilé par les bruits dont je viens de vous parler. Lorsqu'il y a seulement quelques mucosités et un gonflement léger de la muqueuse, on entend une crépitation humide à bulles fines, et l'air pénètre facilement dans la caisse.
Tels sont les détails importants à reconnaître.
Plus tard je vous en donnerai d'autres, lorsque je vous parlerai de l'inflammation chronique de la trompe et de la caisse. Dans les cas d'obstruction ou de rétrécissement de la trompe, le passage d'une bougie devient indispensable. Pour faire l'exploration, on choisit de préférence le mi de la corde à violon. On ramollit un peu une de ses extrémités en la comprimant légèrement avec les incisives, et, après avoir enduit la bougie avec du cold cream, dans une étendue de deux centimètres environ, on l'introduit dans le cathéter. Puis on la pousse lentement dans la trompe d'Eustache, et, l'on perçoit, dans une étendue plus ou moins considérable, une résistance variable, qui disparaît au delà de la partie rétrécie. Cette résistance n'est pas dure et linéaire, elle est demi-molle, et se fait sentir pendant un certain trajet. Au delà de cette partie rétrécie, la bougie chemine librement jusqu'à la caisse, et vient toucher les osselets ou un point des parois de la caisse, lorsque l'on continue à la pousser plus avant.
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Pour être sur de l'existence d'un rétrécissement peu marqué, mais cependant appréciable, on doit prendre une bougie fine et tenir compte des remarques que j'ai faites à l'article Bougie.
En examinant le conduit auditif externe, on le trouve sec ou cérumineux, exsangue ou un peu injecté. Quand il existe des bourdonnements violents, il est fréquent de voir, dans la paroi supérieure du conduit, des vaisseaux, dont plusieurs d'entre eux arrivent à l'apophyse externe où ils disparaissent. Quelques-uns passent derrière le manche du marteau, qu'ils suivent pendant un trajet plus ou moins long pour disparaître aussi. Eu examinant la membrane du tympan, on voit qu'elle a subi des modifications importantes à connaître.
Le passage de l'air dans la caisse devenant de plus en plus difficile, ou se faisant à longs intervalles, la pression, sur les deux faces du tympan, devient inégale. Il en résulte que la face extérieure ou cutanée de cette membrane, étant soumise à une pression plus considérable que la face intérieure ou muqueuse, devient beaucoup plus concave qu'à l'état normal. Ce fait explique les différents aspects de la membrane du tympan. A mesure que la concavité du tympan devient plus grande, le manche du marteau [fîg. 7 et 8 de l'Atlas) se porte en dedans, en arrière et en haut, de telle sorte qu'il apparaît en raccourci. En même temps son apophyse externe devient plus saillante. Le triangle lumineux s'abaisse peu à peu et devient plus grand (fig. 7 et 8 de l'Atlas). Le tympan, en se portant vers l'intérieur de la caisse, touche certaines parties qui y sont renfermées; c'est ce qui explique pourquoi la grande branche de l'enclume et l'étrier apparaissent à sa surface, sous la forme de lignes blanchâtres à peine esquissées, lorsque les parties de ces osselets sont à une très-petite distance du tympan. A mesure que la membrane se rapproche des osselets, les lignes se dessinent bien mieux à sa surface, et sont beaucoup plus accusées. Les figures 7 et 8 indiquent de pareilles modifications.
La concavité de toute la membrane n'est pas toujours régulière. Les parties périphériques étant plus résistantes, à cause du grand nombre de fibres renfermées en ces points dans la couche fibreuse, ne sont pas attirées vers la caisse avec autant de facilité. Elles forment un plan plus externe. Et comme elles apparaissent d'un gris plus blanchâtre, elles semblent former,
avec les parties centrales, un angle indiqué dans la figure 8, mais plus accusé qu'il ne l'est réellement. La coloration delà membrane du tympan ne paraît pas influencée pendant les premières périodes de l'inflammation de la trompe; mais lorsque la concavité de la membrane commence à augmenter, la teinte grise régulière de cette membrane est plus sombre qu'à l'état physiologique. Lorsque cette concavité de la membrane du tympan persiste pendant longtemps, le tendon réfléchi du muscle interne du marteau se raccourcit, et maintient dans sa position vicieuse le manche du marteau, même lorsque la trompe d'Eustache est redevenue libre. On pourrait croire que, toutes les fois que le manche du marteau est fortement projeté en haut et en dedans, la grande branche de l'enclume est aussi portée en dedans. Il en résulterait que la platine de l'étrier poussée dans le vestibule comprimerait le liquide de l'oreille interne, et déterminerait des bourdonnements, des vertiges ou d'autres phénomènes nerveux; mais ce fait n'est pas commun. Lorsque la position vicieuse delà chaîne des osselets persiste, et que les bourdonnements disparaissent, il faut bien admettre que cette tension de la chaîne des osselets a varié. Ordinairement, la tension exagérée de la membrane du tympan hypérémie les parties du tympan immédiatement situées derrière le manche du marteau, ainsi que la partie de la paroi supérieure du conduit avoisinantle tympan. L'hypérémie est indiquée par des vaisseaux qui soni ordinairement assez volumineux, trèsrouges, très-visibles, et se terminent souvent au niveau de l'extrémité inférieure du manche du marteau.
Pronostic. — L'inflammation légère de la muqueuse de la trompe disparaît rapidement lorsqu'elle ne récidive pas plusieurs fois; si, au contraire, elle a été plus intense, si le malade est sujet à contracter des maux de gorge ou des rhumes de cerveau, l'affection est plus sérieuse, parce qu'elle peut compromettre gravement l'audition à un moment donné.
Cet état morbide est encore plus grave, lorsque l'inflammation de la trompe d'Eustache est passée à l'état chronique. Avant de porter un pronostic, il est important d'explorer l'oreille externe, la région naso-pharyngienne, la trompe d'Eustache et d'ausculter l'oreille moyenne au moment où l'on introduit de l'air dans l'oreille moyenne. On doit connaître le
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degré des perceptions crânienne et auditive avant et après la douche gazeuse pour savoir si l'air introduit dans la caisse a amélioré beaucoup l'audition.
Toutes les fois qu'il y a seulement une inflammation de la trompe d'Eustache et que la désobstruction momentanée de ce canal ne donne pas une audition meilleure au malade, il y a d'autres modifications morbides qu'il faut trouver. Examinez alors avec soin le tympan, les mouvements du manche du marteau, et gardez-vous de confondre une inflammation de la trompe avec une inflammation chronique de la caisse.
Le pronostic doit être réservé lorsque la membrane trèsconcave touche l'enclume, l'étrier et lorsqu'il existe une rétraction du tendon réfléchi du muscle tenseur du tympan. Dans ce cas il est nécessaire de donner plusieurs douches d'air dans la caisse pour savoir si la membrane reprendra sa position normale ou si l'audition redeviendra bonne. Car l'air, pur ou chargé de vapeurs, insufflé dans la caisse, projette la membrane du tympan en dehors. Si les modifications pathologiques sont peu profondes, le tympan devient de moins en moins concave. En même temps le marteau bascule sur la tête de l'étrier et les rapports des surfaces articulaires de ces osselets devenant normaux, le manche du marteau reprend son obliquité. Pour qu'il en soit ainsi, il faut que le tendon réfléchi du muscle tenseur du tympan reprenne sa longueur ordinaire. Alors on ne voit plus se dessiner à la surface de la membrane la branche de l'enclume et l'étrier.
Lorsque les modifications pathologiques dont je viens de vous parler sont trop anciennes, elles sont peu susceptibles d'amélioration ; ce qui ne veut pas dire que l'on ne rendra pas l'audition meilleure.
La trompe étant devenue libre, on est tout étonné de voir les modifications persister à peu près les mêmes et la surdité disparue en totalité ou en partie. La figure 8 de l'Atlas vous en offre un exemple.
On peut donc dire d'une manière générale que dans les inflammations de la trompe d'Eustache, toutes les fois que le tube redevient libre, la surdité disparaît en partie ou en totalité avec persistance ou disparition des modifications pathologiques.
Traitement. — Pour faire disparaître le processus inflamma-
toire de la trompe, on emploie ordinairement les moyens indiqués dans le traitement de l'angine gutturale, de L'angine tonsillaire ou de la pharyngite. L'inflammation gutturale s'eslelle propagée à la trompe, on combat l'allection initiale par des boissons émollientes, des gargarismes émollients (décoctions de racine de guimauve; de graine de lin, d'orge édulcorée avec du miel rosat ou du sirop de gomme, lait tiède).
Deux fois par jour, on injecte dans les narines une certaine quantité de décoction tiède de tète de pavot (douche nasopharyngienne) en ayant soin dé fermer ensuite les narines avec un bourdonnet de coton sec. On prescrit des dérivatifs (bains de pieds sinapisés, matin et soir, et de l'aloès, gros comme un petit pois, le soir au moment du repas).
La période aiguë passée, on remplace le traitement émollient par le traitement astringent ou résolutif en donnant des gargarismes à l'alun, au borax, et des fumigations à l'eau de Botot (quelques gouttes de cette eau dans de l'eau chaude).
Pendant le cours de la maladie, on recommande au malade de se couvrir la gorge, de se tenir chaudement et de rester dans un appartement modérément chauffé si la température de l'air est trop basse.
Tels sont les moyens efficaces pour guérir prornptement l'inflammation gutturale dans la plupart des cas. Cependant il peut arriver que l'inflammation, étant très-vive, résiste à ce traitement et augmente. Pour la combattre, on fait une application de sangsues sous le maxillaire inférieur ou au-dessous du lobule, immédiatement en arrière du bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur. On doit la renouveler si les symptômes inflammatoires ne diminuent pas. Les moyens indiqués, les révulsifs énergiques, une diète proportionnelle à l'intensité de l'inflammation, et le séjour à la chambre complètent le traitement.
Les amygdales sont-elles principalement atteintes, on emploie les mêmes moyens. De plus on peut avoir recours, dans la première période inflammatoire, aux cautérisations légères avec le nitrate d'argent, ou aux insufflations alunées (une à trois par jour). On doit aussi sacrifier les amygdales avec le bistouri (deux à trois fois par jour), lorsqu'elles sont très-douloureuses et tuméfiées au point d'obstruer l'isthme du gosier.