INFLAMMATION AIGUË DE LQREILLE MOYENNE, ETC
traces ou produise des désordres variables dont je vais vous parler.
Symptômes objectifs. — L'inflammation aiguë de la caisse, survenant à des degrés divers, donne des physionomies différentes au tympan. Pour mettre un certain ordre dans rna description, je vous décrirai d'abord l'aspect de la membrane dans les cas où elle est perforée pendant le cours de l'otite. Je vous indiquerai ensuite les autres changements que la membrane subit pendant cette maladie.
Dans toute inflammation de la caisse la physionomie de la membrane est à peu près la même au début de l'état morbide; je l'esquisse donc une fois pour toutes.
Le tympan d'abord plus brillant qu'à l'état normal paraît un peu plus concave. L'exagération de cette courbure tient probablement à la différence de pression qui existe sur les deux faces delà membrane, par suite du gonflement de la muqueuse de la trompe.
Quelques vaisseaux apparaissent derrière le manche du marteau. Bientôt le brillant du tympan fait place à une coloration d'un gris terne, trouble, enfumé et le triangle lumineux diminue progressivement. Peu à peu à cette coloration grise, obscure, terne, se mélangent des teintes violacées; le manche du marteau s'injecte davantage ; la portion osseuse voisine du tympan se colore; et bientôt une couronne de vaisseaux plus ou moins prononcée se forme à la circonférence du tympan [fig. 4 de l'Atlas).
De cette couronne partent des vaisseaux qui se dirigent vers le centre de la membrane où ils s'anastomosent entre eux. Tous ne gagnent pas le centre delà membrane; les uns disparaissent après un trajet fort court, les autres sont visibles dans toute leur longueur, et s'anastomosent avec ceux du côté opposé. Quelques-uns s'anastomosent avec ceux qu'ils côtoient.
A cette époque de la maladie, on peut voir apparaître des ecchymoses à la surface du tympan. Elles se présentent sous la forme de taches légèrement saillantes, d'un rouge carmin vif, et réfractent fortement la lumière [fig. 4 de l'Atlas) ; je les ai surtout remarquées dans les parties postero-supérieure et inférieure de la membrane. Elles peuvent siéger dans la portion osseuse et anticiper un peu sur le tympan (Politzer).
Peu à peu, par suite de l'augmentation du nombre des vaisseaux et de l'imbibition des couches du tympan, la rougeur toujours vive devient diffuse, humide {fig. 2 de l'Atlas), et Tonne distingue plus de vaisseaux à la surface du tympan qui paraît avoir une étendue beaucoup moins grande qu'à l'état normal. La membrane ressemble à un disque rouge, humide, fermant l'extrémité d'un tube dont la surface intérieure est d'une couleur rosée ou rouge (fig. 2 de l'Atlas), quelquefois il y a, sur ce disque ou sur la paroi inférieure du conduit, une certaine quantité de pus d'un blanc jaunâtre {fig. 2 de l'Atlas).
Lorsque le processus inflammatoire continue sa marche, la supersécrétion de la muqueuse augmente. Le muco-pus exerce, à un moment donné, une pression sur la membrane du tympan qui bombe du côté du conduit auditif externe. La partie saillante du tympan existe ordinairement dans sa partie postéroinférieure. Elle se présente sous l'aspect d'une tache blanchâtre rosée, vaguement distincte de la coloration rouge du reste de la membrane.
Peu à peu ce reflet opalin devient blanchâtre, il est bientôt remplacé par une saillie légère dont le centre est d'un blanc opaque, tandis que ses parties périphériques d'un gris blanc rosé se confondent graduellement avec le reste de la membrane [fig. 3 de l'Atlas).
Peu à peu la saillie augmente,; et l'on aperçoit à son sommet un point très-opaque qui se perfore et donne passage au pus. Celui-ci s'écoule dans le conduit qu'il remplit en partie [fig. 2 de l'Atlas).
Après avoir enlevé le pus qui masque la membrane, si l'on examine le fond du conduit, on voit une ouverture ordinairement arrondie, assez petite, dont les bords sont rouges et tuméfiés. Cet orifice pathologique donne passage au pus et persiste pendant un temps variable.
L'hypérémie de l'oreille moyenne diminue ainsi que le gonflement des tissus et tous les détails de la surface du tympan apparaissent tels qu'ils étaient auparavant ou modifiés.
Par conséquent la teinte rouge du tympan est remplacée peu peu par une teinte : gris jaunâtre, gris blanchâtre, gris perlé. On voit aussi l'apophyse externe apparaître la première, puis le manche du marteau, enfin le triangle lumineux qui d'abord