INFLAMMATION AIGUË DE L'OREILLE MOYENNE, ETC
très-confus et petit se dessine de plus en plus, normal ou modifié.
Si la suppuration de la caisse persiste pendant untemps assez long, elle passe à l'état chronique (voir de la suppuration de la caisse avec perforation du tympan).
Si la partie antérieure du tympan est projetée en dehors par le muco-pusen même temps que sa partie postérieure, on voit deux saillies séparées par un sillon au fond duquel est placé le manche du marteau.
* Ces saillies augmentent et se perforent ou persistent pendant quelques jours et diminuent.
Par conséquent elles suivent les mêmes phases que s'il n'y en avait qu'une.
Pendant la période inflammatoire, on peut voir le mucopus formé dans la caisse se résorber peu à peu et des adhérences s'établir entre le tympan et certaines parties de la caisse. La figure S de l'Atlas représente cette lésion commençante ; ce tympan est d'un gris sombre (gris de fer), obscur dans la plus grande parlie de sa surface. A l'extrémité inférieure du manche du marteau, on voit une dépression limitée en bas par une partie du tympan qui en cet endroit est saillant, d'une coloration blanchâtre à peine rougeâtre. Au-dessus et au fond de cette dépression, il y a deux taches lumineuses.
Messieurs, vous voyez par cet exemple, que le tympan peut contracter des adhérences pendant la période de l'inflammation suraiguë de la caisse. Quand ces adhérences se forment, le tympan en un point de sa surface se déprime ordinairement et reste immobile lorsqu'on lui fait exécuter des mouvements. Cependant les adhérences peuvent se former sans qu'il soit possible de les constater de visu. C'est lorsqu'elles sont trèslàches et qu'elles n'ont pas déprimé le tympan. En général, pour les reconnaître, je vous engage à employer le spéculum pneumatique ou à examiner le tympan au moment où l'on insuffle de l'air dans la caisse, au moyen de la sonde, de la méthode de Valsava ou de celle de Politzer.
L'inflammation delà caisse n'étant pas toujours aussi intense, les couches du tympan ne participent pas autant à l'inflammation que dans le cas précédemment décrit. La couche cutanée du tympan étant moins modifiée par le processus inflamma-
toire, laisse voir, quoique changés un peu de teinte, les détails de la surface du tympan. Celui-ci apparaît avec sa concavité parfois exagérée et présente une coloration grisâlre à reflets rosés surtout appréciables dans sa partie postérieure, au niveau de la moitié inférieure du manche du marteau. Cette teinte rosée est due à la rougeur de la muqueuse du tympan et à la réflexion des rayons lumineux par le promontoire qui est tapissé par une muqueuse hypérémiée. A la périphérie du tympan, la rougeur n'existe pas ordinairement. La figure 6 de l'Atlas, bien que représentant un état chronique, donne une idée assez netfe de la physionomie que j'esquisse maintenant. Mentalement, il faut retrancher de cette figure la ligne blanchâtre située derrière le manche du marteau et indiquant la grande branche de l'enclume.
Le manche du marteau plus ou moins injecté est parfois caché par les vaisseaux ; et l'apophyse externe apparaît seulement comme une petite saillie d'un blanc jaunâtre tranchant sur le fond coloré en rouge-carmin par les vaisseaux. Au bout de quelques jours, le tympan devient d'un gris sombre par suite de l'imbibition d'une partie des couches qui le composent. Sa surface se fendille par suite de la desquamation de sa couche cutanée, et reprend peu à peu ses caractères physiologiques.
Marche, durée, terminaison. — L'inflammation suraiguë de la caisse a une marche rapide et se termine ordinairement par suppuration si elle n'est pas traitée énergiquement à son début. A un degré moins avancé, la guérison a lieu dans la plupart des cas. Que l'inflammation soit suraiguë ou existe à un degré moins pronncé, on doit toujours craindre la formation des adhérences et l'épaississement des membranes : celui des fenêtres par exemple. Au bout d'un certain temps , l'inflammation passe à l'état chronique quand elle persiste pendant un certain laps de temps.
Etiologie. — Toutes les causes capables de produire une inflammation de la muqueuse naso-pharyngienne peuvent déterminer une otite de la caisse. Parmi elles, on doit nommer : le froid agissant localement ou d'une manière plus générale, les fièvres éruptives, la syphilis, un liquide trop excitant introduit dans la caisse, etc.
Diagnostic. — On reconnaîtra facilement cette affection en