‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 42 sur 69 · INFIAMMATION AIGUË DE LOREILLE MOYENNE, ETC · texte numérisé non relu

INFIAMMATION AIGUË DE LOREILLE MOYENNE, ETC

tenant compte des symptômes que j'ai indiqués ci-dessus.

En examinant l'oreille externe, on voit le conduit libre ou rempli de pus si le tympan a été perforé, et cette membrane présente des physionomies différentes que je vous ai esquissées. En explorant la région naso-pharyngienne, on voit la muqueuse de l'isthme du gosier très-rouge, très-tuméfiée. La luette est rouffe, gonflée ainsi que les amygdales.

La muqueuse qui tapisse l'arrière-cavité des fosses nasales est rouge, tuméfiée, granuleuse ; ou bien elle est d'une coloration peu foncée avec des saillies arrondies rougeâtres, isolées ou rassemblées. A la partie postérieure du pharynx les granulations existent aussi en assez grand nombre. L'auscultation de l'oreille moyenne donne des indications assez précises lorsqu'on introduit de l'air dans la caisse au moyen d'une des trois méthodes journellement employées (cathétérisme, méthodes de Valsava et de Politzer). Si la trompe est obstruée, on n'entend aucun bruit dans la caisse ; tandis que, si elle est perméable et engouée, une crépitation humide ou un gargouillement lointain se faitentendre etdevientpeu à peu très-superficielà mesure que l'air arrive dans la caisse. A ce moment le bruit est immédia tement sous l'oreille (voir auscultation de l'oreille moyenne).

Lorsque la membrane du tympan bombe en dehors, elle peut simuler un abcès de la membrane qui est d'ordinaire facile à reconnaître. L'abcès de la membrane du tympan qui survient pendant le cours d'une myringite a été bien décrit par Boeck (1) et le docteur Politzer. Il détermine des symptômes peu marqués. Les malades éprouvent un sentiment de plénitude de l'oreille plutôt qu'une douleur véritable. 11 n'y a pas de battements tumultueux et incommodes, mais seulement des bruits comparables à des bourdonnements d'insecte, à des bruissements. Lorsque les malades penchent la tète du côté malade, ils perçoivent bien mieux la montre.

Ces symptômes que je regarde comme infidèles, sont bien inférieurs à ceux qui sont fournis par l'examen de la membrane dont la physionomie est caractéristique.

Y a-t-il un abcès dans l'épaisseur du tympan, la tumeur est petite, bien limitée, un peu saillante et ne change pas d'aspect en faisant pénétrer l'air dans la caissedu tympan.

(1) Arch. d'olologie, t. II.

MALADIES DE l' OREILLE.

Au contraire, lorsqu'il existe une accumulation de mucopus dans la caisse, l'aspect du tympan varie. La partie opaque indiquant le point le plus projeté en dehors par le pus renfermé dans la caisse, a des délimitations indécises et beaucoup plus étendues.

Pronostic. — Il sera basé sur l'étendue des désordres , l'ancienneté de la maladie et le degré de la perception crânienne. L'affection à sa période aiguë pourra être combattue avec avantage dans la plupart des cas , et il sera possible de s'opposer à la formation des adhérences et à la perforation spontanée du tympan.

Pendant la période aiguë les perceptions crânienne et auditive sont nulles ou très-obtuses, c'est pourquoi je ne comprends pas comment le docteur S. Duplay, dans son résumé d'otologie (Arch. gén. de méd., 1866), a dit que la montre est presque aussi bien entendue qu'à l'état normal dans les affections bilatérales et que, dans les affections unilatérales, elle est mieux entendue du côté malade. C'est une erreur grave que ce médecin distingué a commise.

Bien que la montre soit mal entendue par le malade, on ne devra point pour cela porter un pronostic défavorable. L'état aigu disparu, si la perception crânienne tarde trop à revenir, on pourra en conclure qu'il y a des lésions assez graves pour compromettre toujours l'audition.

Vous devrez prévenir le malade, dès les premières consultalions, de la possibilité fréquente des récidives, afin qu'il ne vous accuse pas de l'avoir guéri incomplètement ; et vous lui conseillerez une hygiène sévère, afin qu'il ne s'expose pas aux transitions brusques de température. En même temps vous lui recommanderez de suivre un traitement qui ait une durée suffisante, afin que les membranes reviennent autant que possible à leur état primitif. Car on voit souvent des surdités, disparues en partie , revenir au bout d'un certain temps. Ces récidives dépendent d'une hypérémie incomplètement disparue ou venant de nouveau. Ce premier état produit lentement des épaississements des membranes et rend le jeu des articulations moins souple, c'est ce qui explique pourquoi, dans les inflammations chroniques de l'oreille moyenne , on trouve souvent les articulations ankylosées à des degrés variables.

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