‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 46 sur 69 · EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

EN PARTICULIER

L'écoulement purulent des oreilles, est l'un des symptômes d'un grand nombre d'affections de cet organe, dont quelquesunes présentent une grande gravité.

Cependant on y attache peu d'importance, puisque, malgré les écrits et les avertissements des médecins auristes, on veut trop souvent laisser persister un écoulement qui entretient la santé du malade, d'après une opinion vulgaire fort répandue.

Les personnes qui sont sous l'influence de cette idée fausse, devraient raisonner comme elles le font d'ordinaire lorsqu'il s'agit d'une autre affection. Et, puisqu'elles s'efforcent d'enrayer une maladie grave, elles devraient bien essayer de faire disparaître un écoulement qui désorganise l'oreille, lui fait subir des transformations pathologiques trop souvent incurables ou peut causer la mort.

Symptômes. — La suppuration de l'oreille vient ordinairement à la suite d'une otite aiguë. Elle apparaît aussi sans qu'il y ait eu des symptômes inflammatoires bien appréciables.

La suppuration venue à la suite d'une otite aiguë présente pendant un certain temps les symptômes déterminés par l'affection initiale. C'est dire qu'il y a une surdité variable, en rapport avec le gonflement et l'hypérémie de l'organe, des douleurs lancinantes, des bourdonnements, des vertiges, un sentiment de fatigue et d'abattement très-prononcé, de l'insomnie, de l'inappétence, de la soif et un mouvement fébrile en rapport avec le degré de l'inflammation. Ces syptômes peuvent survenir à la suite d'une suppression rapide de la suppuration. Celle-ci peut être réelle, mais elle est souvent apparente; et dans ce cas elle est duc à un obstacle qui existe, soit dans le conduit, soit au niveau de la perforation du tympan.

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Cet obstacle dépend d'une accumulation de pellicules épidermiques mélangées à des grumeaux de pus ou à une espèce de magma formé par le mélange de l'injection (alun, poudres médicamenteuses) et du pus. Le pus, en s'accumulant, exerce une compression et est un cloaque permanent dans l'oreille. Il n'est pas étonnant alors que la congestion augmente dans ces parties déjà très-vasculaires.

La surdité très-variable suivant le degré du gonflement des parois molles du conduit, la quantité de pus renfermé dans l'oreille externe ou l'oreille moyenne, et suivant l'état de la perception crânienne, est généralement assez grande. Il arrive cependant que, malgré des lésions étendues (destruction du tympan, chute des osselets moins l'élrier, ou élimination d'une partie de l'apophyse mastoïde par suite de carie), l'audition s'est conservée assez bonne pour entendre une montre ordinaire placée à 1 mètre de distance de l'oreille.

La surdité dépend aussi, comme les auteurs l'ont dit, du gonflement des parois du conduit rétrécissant beaucoup son calibre. Cette cause, que beaucoup d'auteurs ont signalée, est assez rare lorsque l'on lient compte de tout ce qui existe dans ces cas.

Les auteurs, en répétant presque tous qu'il y avait une surdité en rapport avec l'atrésie du conduit, n'ont pas à mon sens observé strictement les faits. Voici pourquoi. Le gonflement des tissus, rétrécissant le conduit auditif externe à des degrés variables, est inflammatoire ou chronique. Il n'a pas la même influence sur l'audition ; car dans le premier cas il y a dans une partie de l'organe une hypérémie coïncidant avec des bourdonnements plus ou moins tumultueux. Dans le second, il y a un obstacle passif pouvant ou non coïncider avec un état hypérémique de l'organe.

Lorsqu'il y a un afflux de sang dans l'oreille, le deuxième cas rentre dans le premier; mais lorsqu'il n'y a pas d'état inflammatoire, la surdité est parfois très-.peu appréciable, même lorsque le conduit est transformé en une fissure étroite.

Par conséquent, toutes les fois qu'il y a seulement une bypérémiepeu appréciable de l'organe et une surdité prononcée, ou doit en chercher la cause, soit dans l'abondance du liquide purulent remplissant l'oreille, soit dans la présence de grumeaux plus ou moins solides remplissant la cavité du tympan, le canal

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