‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 48 sur 69 · DE LA SUPPURATION DE L'OREILLE EN GÉNÉRAL, ETC · texte numérisé non relu

DE LA SUPPURATION DE L'OREILLE EN GÉNÉRAL, ETC

teau existe, si le tympan n'a pas été détruit et si les osselets existent.

Lorsque le tympan, détruit dans toutes ses parties centrales, est conservé dans ses parties périphériques, il se présente sous la forme d'une zone d'un blanc opaque fixée à la circonférence osseuse du conduit auditif. En haut et en avant, on aperçoit l'apophyse externe prolongée par le manche du marteau qui est disséqué en partie ou en totalité et porté vers l'intérieur de la caisse, dont la muqueuse est rouge, rosée, blanchâtre, ou d'un blanc opaque. A travers cette ouverture pathologique, on voit la partie interne, dont la plus grande partie est représentée par le promontoire. En haut et un peu en arrière de celui-ci, on aperçoit l'étrier fixé, d'une part à l'enclume, quand ces osselets sont encore articulés ensemble, de l'autre à la fenêtre ovale ; mais il est impossible de voir l'étrier tout entier quand la grande branche de l'enclume a conservé ses rapports normaux. En bas et en arrière du promontoire, on peut voir l'ouverture représentant le commencement du canal qui conduit à la fenêtre ronde.

Parfois, Je manche du marteau ayant été résorbé, ou ne voit qu'une saillie assez informe représentant l'apophyse externe, et l'on peut distinguer, quand elle y est, la grande branche de l'enclume. Dans le cas de destruction complète du tympan, fait rare, la portion osseuse a souvent subi des déformations quelquefois très-grandes, d'autres fois légères, et l'on aperçoit le manche du marteau seul suspendu au cadre osseux ou complètement détruit.

La suppuration de la caisse est facile à reconnaître dans la plupart des cas ; cependant il est possible de commettre des erreurs même en faisant un examen minutieux comme dans le cas suivant, par exemple. Lorsque le manche du marteau est très-saillant et que le tympan est fortement porté contre la paroi interne de la caisse avec laquelle il a contracté de nombreuses adhérences, il est difficile de savoir si la membrane est détruite ou est tout entière. L'erreur est d'autant mieux permise que la membrane, très-épaissie, peut être rougeâtre, granuleuse ou d'un blanc opaque qui est la coloration de la muqueuse de la caisse, modifiée par le sous-acétate de plomb. Cependant, après avoir bien enlevé le pus au moyen d'une in-

MALADIES DE i/OREILLE.

jection d'eau tiède, on fait passer l'air dans la caisse par une des méthodes connues ou bien on emploie le spéculum pneumatique, et l'on voit le pus sourdre à travers une perforation étroile et en même temps la membrane se meut et bombe en dehors dans quelques points.

Il est important de reconnaître de bonne heure l'existence de ces adhérences pour ne pas porter un pronostic trop défavorable.

Car, chez certains malades, il y a une hypertrophie assez considérable de la muqueuse qui sécrète une grande quantité de pus et des matières interposées entre la paroi interne de la caisse et la face interne du tympan. .

11 n'est donc pas étonnant de constater une surdité prononcée qui diminue beaucoup lorsque les matières retenues plus facilement dans la caisse, à cause des adhérences du tympan, ont été expulsées. Lorsque le pus se fait jour au dehors par l'apophyse mastoïde, il arrive parfois que Ja perforation du tympan se referme et que le pus, s'accumulant dans la caisse, sort par l'ouverture mastoïdienne et parfois par la trompe d'Eustache. Lorsque le pus passe dans le pharynx par le tube d'Eustache, le malade s'en aperçoit parfaitement par la saveur et l'odeur nauséabonde qui provoquent de la toux et parfois des vomissements.

Il est donc important de reconnaître cette particularité afin de ne pas laisser le pus séjourner dans la caisse.

Pronostic. — Le pronostic n'a pas la même gravité dans les suppurations de l'oreille, surtout lorsque l'affection est traitée de bonne heure ou qu'elle n'a pas encore causé de désordres graves. Mais les suppurations de la caisse offrent toujours une certaine gravité, parce qu'elles peuvent persister pendant toute la vie, malgré les traitements les plus efficaces et les mieux suivis, ou prédisposer le malade à des rechutes, lorsqu'elles sont taries ou causer une surdité à des degrés divers.

Lorsque la suppuration de la caisse affecte des enfants depuis peu de temps, et que les désordres produits sont peu considérables, le pronostic est très-favorable parce que l'on est presque certain de tarir l'écoulement, de faire cicatriser la perforation du tympan, et de rendre l'audition telle qu'elle était avant le début de la maladie ou à peu près. Si la suppuration,

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