‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 49 sur 69 · DE LA SUPPURATION DE LORÉILLE ES GÉNÉRAL, ETC · texte numérisé non relu

DE LA SUPPURATION DE LORÉILLE ES GÉNÉRAL, ETC

remontant à une époque plus éloignée, est accompagnée de désordres plus graves, tels que : destruction du tympan, gangrène des parties molles, et carie comme on le voit quelquefois pendant le cours de la rougeole, chez les enfants, par exemple, il est probable que le malade est presque voué à une mort certaine ou à une surdité prononcée. Généralement lorsque la perforation est large, que le sujet est scrofuleux et que la suppuration est ancienne, on doit porter un pronostic défavorable, aussi bien au point de vue de la perforation du tympan que de la surdité et de la suppuration.

La perforation du tympan doit fixer notre attention, surtout lorsqu'elle intéresse la plus grande partie de la membrane, car souvent elle ne se referme pas. Cependant Triquet a cité des cas où le tympan, presque détruit, s'est reformé ; moi-même j'ai eu un certain nombre de cas du même genre.

La surdité existe à des degrés variables, mais elle n'est pas ordinairement aussi prononcée que le dit Kramer, dont l'exagération dans le passage suivant est aussi regrettable que dans d'autres parties de son ouvrage : « même dans les cas les plus favorables, la sensibilité acoustique est tellement compromise, que l'oreille est presque toujours frappée d'une surdité contre laquelle il n'y a pas de remède possible. »

Avant de porter un pronostic, il sera nécessaire de connaître l'état de la sensibilité du nerf auditif en mesurant la sensibilité auditive qui peut être assez obtuse s'il y a une hypérémie de l'organe, et redevenir bonne dès que la congestion sanguine aura disparu.

11 est des cas cependant où il ne faut concevoir aucun espoir, c'est lorsque le diapason, mis en vibration et appliqué sur les diverses parties du crâne, n'est pas entendu.

La suppuration doit aussi être prise en sérieuse considération avant de porter un pronostic.

Si elle est mélangée à des parcelles osseuses, elle indique une carie ; l'odeur n'en est pas un indice pathognomonique. La couleur sanguinolente indique la présence de granulations ou de tumeurs polypeuses sans cependant avoir une signification de mauvais augure.

On ne peut pas toujours dire avec le pessimiste Wilde : « aussi longtemps qu'il existe une otorrhée, nous ne sommes jamais

en état de dire quand ni comment elle se terminera, » puisque, contrairement à cette opinion , les (ails cliniques prouvent chaque jour qu'il est souvent facile de dire qu'une suppuration de la caisse disparaîtra, même en peu de temps.

Pour porter un bon pronostic, on tiendra compte de la constitution du malade, de la cause, de l'ancienneté de la maladie, des désordres objectifs existants, et de l'état des perceptions crânienne et auditive.

Pour ces derniers cas on aura soin de se rappeler que la perception crânienne peut varier avec l'état congestif de l'organe, et que la perception auriculaire dépend de la quantité de pus renfermé dans le conduit, la caisse du tympan, etc.

11 est cependant des cas où le pronostic ne peut pas être indiqué d'une manière précise. C'est quand il existe une carie superficielle ou profonde soupçonnée ou indiquée par l'existence de parcelles osseuses entraînées par le pus.

Traitement. — Les suppurations du conduit auditif externe ayantété traitées enmême tempsque les affections de cette partie de l'organe, je n'y reviendrai pas. Je me contenterai donc de vous parler, avec quelques détails, des suppurations de la caisse.

En vous décrivant les symptômes déterminés par la suppuration de la caisse, j'ai dit seulement quelques mots de la période aiguë parce qu'elle ressemble à l'inflammation aiguë de la caisse avec cette différence qu'il y a perforation de la membrane du tympan. Mais maintenant il me paraît indispensable de bien insister sur les deux états inflammatoires afin de vous montrer quelle doit être la marche à suivre dans le traitement de la suppuration aiguë de la caisse, et dans celui de la suppuration chronique. Tout état inflammatoire, qu'il siège dans la caisse du tympan ou dans une autre partie du corps, doit être combattu par les antiphlogistiques et non par la méthode expectante.

C'est pourquoi on devra prescrire les émissions sanguines locales, c'est-à-dire des sangsues appliquées à la région mastoïdienne et môme au-devant du tragus, si la portion osseuse du conduit est très-va'scularisée. Elles seront plus ou moins abondantes et répétées suivant l'intensité de l'inflammation et la force du sujet.

Nuit et jour et toutes les demi-heures, on fait instiller dans l'oreille une décoction tiède de têtes de pavots (deux têtes pour

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