‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 50 sur 69 · DE LA SUPPURATION DE L OREILLE EN GÉNÉRAL, ETC · texte numérisé non relu

DE LA SUPPURATION DE L OREILLE EN GÉNÉRAL, ETC

un demi-litre), et injecter quatre ou cinq ibis par jour une petite quantité d'eau tiède pour entraîner le muco-pus.

En môme temps on prescrit des révulsifs drastiques : jalap, scammonée pédiluvcs, sinapismes et un altérant associé à un calmant (calomel et opium). (Voir Thérapeutique générale.)

Le malade garde le repos au lit ou sur une chaise longue en avant soin de couvrir très-légèrement la tête et le cou.

Sous l'influence de ce traitement, le processus inflammatoire diminue rapidement. Supposons que l'aflection ait augmenté d'intensité et qu'il y ait une inflammation naso-pharyngée intense, on agirait comme précédemment, avec cette différence que l'on compléterait le traitement en indiquant les moyens de modifier avantageusement la muqueuse naso-pharyngée. Par conséquent on devrait prescrire des gargarismes émollients (plusieurs fois par jour), des fumigations de décoction chaude de têtes de pavots et des douches naso-pharyngées cinq à six Ibis par jour, avec une décoction tiède de têtes de pavots, d'eau de graine de lin, ou de mauve. (Voyez De l'Inflammation de la muqueuse naso-pharyngienne.)

Je n'ai jamais constaté, comme le disent les praticiens allemands, que l'eau tiède soit préférable aux décoctions indiquées. Je l'ai employée concurremment avec celles-ci et je trouve son action moins prompte; c'est pourquoi j'emploie les décoctions émollientes ou calmantes toutes .les fois qu'il y a un état suraigu, et l'eau tiède dans les autres cas.

Dans le traitement de la suppuration aiguë, il est important d'expulser le muco-pus renfermé dans la caisse. Pour y parvenir, on emploie la sonde tant que la trompe n'est pas devenue perméable afin d'insuffler de l'air dans la caisse (deux fois par jour) et même une solution faible de potasse caustique (une fois par jour). On engage le malade à employer le procédé de Valsava ou celui de Politzer aussitôt qu'on le peut.

L'inflammation aiguë disparue, il est très-important de ne pas laisser l'affection passer à] l'état chronique. C'est moins facile qu'on ne le pense, parce que le malade, éprouvant un mieux sensible, un repos relativement parfait, cesse de consulter le praticien ou vient à des intervalles trop éloignés, c'est pourquoi il conserve souvent une suppuration chronique.

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