DE LA SUPPURATI03N CHRONIQUE DE LA CAISSE DU TYMPAN
Comme les suppurations chroniques delà caisse sont généralement entretenues par un état diathésique prononcé, il faut le combattre par un traitement général sans perdre de vue toutes les indications spéciales que présente chaque cas particulier.
Traitement général. — On essayera donc d'améliorer, de modifier ou de transformer la constitution du sujet. C'est ainsi que l'on prescrira aux malades scrofuleux, l'huile de foie de morue brune qui est le plus puissant antiscrofuleux connu, ensuite les autres préparations iodurées, le sirop antiscorbutique, le sirop de raifort iodé, les amers, les bains sulfureux, les bains de mer, l'exercice au grand air.
Aux syphilitiques on donnera le sirop de Gibert qui agit beaucoup mieux dans les syphilis graves que les autres préparations hydrargyriques, les sudorifiques, une bonne alimentation, etc.
Aux goutteux on conseillera de suivre une hygiène sévère, c'est-à-dire de prendre une quantité d'aliments moins considérable. Car il ne suffit pas de prendre beaucoup d'exercices pour ne pas avoir la goutte. On complétera le traitement par les sudorifiques, l'exercice et certaines eaux connues, comme celles de Vichy, de Vais, et de Marienbad.
Traitement local. — Dans certains cas, on ne doit pas attacher une grande importance au traitement général; c'est au médecin à les reconnaître. On doit donc tâcher de tarir l'écoulement purulent le plus vite possible. Pour y parvenir on enlèvera toutes les productions morbides susceptibles d'entretenir ou de produire la suppuration.
Par conséquent s'il existe un polype, un trajet fistuleux, un séquestre osseux, on tâchera de les détruire ou de les enlever.
Ensuite on prescrira des injections fréquentes d'eau tiède de manière à ne pas laisser séjourner le pus dans l'oreille. Les médecins auristes ne sont pas d'accord sur la manière de les faire. Itard conseillait de faire une douche d'un quart d'heure de durée avec de l'eau sulfureuse (eau et sulfure de potasse), contenue dans un vase placé à une hauteur de dix à douze pieds. L'eau s'échappait du vase et tombait par la seule force de la pesanteur dans un long tube dont l'extrémité était placée visà-vis du méat auditif.