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Il conseillait aussi de faire passer pendant une heure avec une seringue àlavementuneeau ordinaire, ou médicamenteuse. Ce mode de traitement a été donné dernièrement comme nouveau par le docteur Prat.
Les Allemands ne donnent pas d'in jections fortes qui peuvent avoir l'inconvénient de causer quelque dommage à raison de ta grande sensibilité et de l'état ramolli de toutes les parties.
Pour donner les injections, les praticiens allemands emploient une seringue en étain dont la canule en corne est courte, conique ou cylindrique, à pointe émoussée et dont le piston porte un anneau pour recevoir le pouce (de Troeltsch).
Il s'agit de savoir quel est le meilleur des deux modes de traitement proposés. Pour avoir une idée nette sur leur valeur, il est nécessaire d'établir certaines distinctions que les auteurs ont paru négliger jusqu'à présent.
Il y a, premièrement, une otite externe sans perforation du tympan avec ou sans polype.
Deuxièmement, une suppuration de la caisse avec perforation étroite du tympan, avec destruction complète du tympan et chute ou conservation d'un ou plusieurs osselets.
1° S'il y a une suppuration du conduit auditif externe avec ou sans polype, et que le gonflement des parois ne soit pas assez considérable pour s'opposer à la pénétration du liquide, on pourra employer des injections assez faiblement poussées de la valeur d'un demi-litre chaque fois et répétées trois ou quatre fois par jour. Ces injections serviront de lavage afin d'entraîner les matières sécrétées et de permettre aux liquides médicamenteux de toucher plus facilement les surfaces malades. Et l'on emploiera le reste du traitement indiqué au chapitre des otites externes.
2° S'il existe une suppuration de la caisse avec perforation étroite du tympan, les injectionsmédicamenteuses pénétrant difficilement dans la caisse, exercent sur elle peu d'influence par leur contact immédiat; mais comme on doit les prescrire en injections assez peu abondantes (un quart de litre) faiblement poussées et souvent répétées (deux à six fois par jour), elles exercent sur la membrane du tympan un elfet salutaire se continuant de proche en proche et agissant sur la muqueuse de la caisse dont elle tempère l'hypérémie et la sécrétion.
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Ces injections seront prescrites toutes les fois qu'il n'existera pas une hypérémie marquée, car dans ce cas elles augmenteraient l'intensité du processus inflammatoire.
En même temps on ordonnera d'instiller dans le conduit auditif, une à deux fois par jour, huit à dix gouttes d'une solution médicamenteuse (astringente ou balsamique) qui séjournera dans le fond du conduit pendant un temps variable; une à vingt minutes. Pendant ce temps, le malade ayant la tète fortement penchée du côté opposé à l'oreille malade fera passer l'air dans l'oreille moyenne en employant un des procédés indiqués, ou bien on emploiera la sonde. Tous les deux ou trois jours on aura soin de pousser dans la caisse, au moyen de la sonde ou par un des autres moyens indiqués, une douche potassique. S'il existe des granulations, on les touche avec une solution de nitrate d'argent au trentième ou au quinzième.
La suppuration de la caisse étant tarie, si l'audition redevient bonne et qu'il ne paraisse plus exister d'hypérémie de la caisse, on favorise la cicatrisation du tympan en touchant les bords avec un mélange à parties égales de teinture de tolu et de benjoin et en prescrivant deux à trois fois par jour une fumigation de borate de soude dissous dans de l'eau.
Lorsque la perforation du tympan est large et que la suppuration est abondante et fétide, il est nécessaire de prescrire des injections abondantes d'eau tiède, d'eau de goudron, d'eaux sulfureuses (3, 4, S, 8 litres chaque fois, méthode d'itard) légèrement poussées.
Ce lavage prolongé, fait trois ou quatre fois par jour, a l'avantage d'entraîner les matières pathologiques sans avoir l'inconvénient de rompre certaines parties de l'organe.
Sous l'influence de ces irrigations abondantes faiblement poussées, la suppuration devient beaucoup plus louable et diminue rapidement. Lorsque la sécrétion est très-peu abondante, il faut diminuer la quantité de liquide employé à chaque irrigation et arriver progressivement à donner de petites injections. Pendant tout le temps que dure le traitement, on a soin de réprimer les bourgeons charnus inflammatoires ou fongueux, parfois agités de mouvements vasculaires et d'employer les autres moyens que je viens d'indiquer (instillations, injections dans la trompe et dans la caisse, fumigations).
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Si la cicatrisation du tympan n'a pas Heu après la cessation de l'écoulement, et si elle persiste malgré le traitement rationnel, on appliquera un tympan artificiel s'il y a lieu, ou l'on recommandera au malade de porter dans l'oreille un bourdonnet de coton assez mince pour gêner le moins possible la tcansmission des ondes sonores à l'oreille externe, en ayant soin de lui donner une hygiène à suivre et de le prévenir de la possibilité d'une rechute. S'il y a une destruction complète du tympan, il y a généralement des lésions assez profondes et une suppuration très-fétide qui n'est pas l'indice d'une carie, à moins que l'on ait constaté la sortie de parcelles osseuses ; alors on prescrit des irrigations d'eau tiède très-légèrement alcoolisée , aussi abondantes que dans le cas précédent, et l'on agit de la même manière.
Ces irrigations, faiblement poussées dans les cas de perforation large ou de destruction du tympan, causent souvent une douleur assez vive, des étourdissements, des vertiges violents, un état syncopal prononcé. Ces symptômes ne sont pas dangereux et disparaissent rapidement avec la cause qui les a produits. Ils sont beaucoup plus rares en'employant une canule percée de trous qui donne un jet divisé. (V. p. 103, fig. 14.)
Il y a cependant des personnes d'une susceptibilité fort grande, qui sont affectées désagréablement lorsqu'elles injectent dans leur oreille une grande quantité d'eau tiède. Pour éviter ces inconvénients, on prescrit des injections peu abondantes et fréquemment répétées, six à sept fois par jour, tant que la suppuration est fétide et abondante, puis moins nombreuses, deux à quatre fois par jour, dès que le pus est moins abondant et plus louable ; le reste du traitement étant le même que dans les cas précédents.
Je termine ce que j'avais à dire des suppurations de l'oreille en vous donnant quelques observations curieuses.
Mademoiselle R., âgée de 21 ans, vient me consulter et me donne ces détails :
Vers l'âge de 10 ans, elle avait été affectée de douleurs trèsviolentes d'oreilles qui se calmaient du jour au lendemain et revenaient par intervalles indéterminés. Elle ne souffrait point pendant les rémissions,, mais était parfois très-sourde.
Ces douleurs parurent et disparurent ainsi pendant deux
ans. Mais vers l'âge de 12 ans, à la suite de douleurs en élancements et en battements très-violents, une suppuration apparut pendant quelque temps, puis cessa pour revenir plusieurs fois dans l'année.
Vers 1,'âge de 13 ans, à la suite d'élancements assez vifs dans les oreilles, celles-ci suppurèrent. Depuis ce temps L'écoulement n'a point tari, mais il a varié beaucoup en quantité et en qualité. Pendant toute la durée de l'écoulement, elle a ressenti de temps à autre seulement quelques élancements.
Au mois de septembre 1865, à la suite de bourdonnements et d'élancements insupportables, elle vient consulter le docteur Blanchet à son dispensaire où je constate l'état suivant.
Cette jeune fille, âgée de près de 20 ans à cette époque, est brune, mais d'une constitution strumeuse ; elle tousse un peu, sa figure est un peu bouffie.
Elle a des ganglions cervicaux ; souvent elle est enrhumée du cerveau et de la gorge; les amygdales sonttrès-développées. Elle n'est pas réglée, a beaucoup de flueurs blanches, souvent des douleurs d'estomac. Perception crânienne : la montre placée sur le crâne est mieux entendue sur les apopbyses mastoïdes que sur le pariétal et le frontal. Sur les pavillons elle est moyennement entendue, un peu moins à gauche cependant.
Pavillons, chauds, rouges, très-developpés ; conduits auditifs externes, larges, presque rectilignes, pleins d'un pus jaune, grisâtre, très-fétide, parsemé de stries sanguinolentes.
La partie profonde du conduit gauche est remplie par un polype assez volumineux qui vient de la caisse.
Dans l'oreille droite, il y a de petits bourgeons qui sortent de la caisse par une perforation du tympan.
Le polype touché avec un stylet saigne facilement. Gorge très-rouge, amygdales très-développées.
Bruit de souffle dans les carotides.
Traitement général. Au moment du repas, une cuillerée à bouche de sirop d'iodure de fer, un vésicatoire au bras, viandes rôties, vin généreux.
Chaque jour 3 injections d'eau tiède dans chaque oreille.
Octobre. La suppuration est un peu moins-abondante, moins fétide. Le polype gauche est enlevé au moyen d'une pince à
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polypes. On continue le morne traitement générai et les mêmes pansements locaux.
Novembre. Suppuration beaucoup moins abondante, attoucbement des mamelons de l'oreille droite avec de la teinture d'iodure pure.
Traitement. 2 grandes injections d'eau tiède par jour ; 4 instillations avec ce liquide :
Sous-acclate de plomb 3 gr.
Eau distillée 200 gr.
Ier décembre. Suppuration moins abondante, audition meilleure.
Cathétérisme des trompes : la douebe fait entendre un gargouillement qui dégénère en sifflement humide, lorsque le liquide contenu dans la trompe et la caisse est passé en partie dans le conduit.
Jusqu'au mois de juillet 1866, la suppuration et l'audition diminuent ou augmentent.
A cette époque je revois la malade et je reconnais :
Premièrement. Que la portion osseuse des conduits est rouge, très-vascularisée.
Deuxièmement. Que le polype de l'oreille gauche n'a pas récidivé, mais qu'il existe encore un mamelon qui ferme la perforation du tympan gauche.
Troisièmement. Qu'il y a en outre à la partie inférieure du tympan gauche une autre perforation obturée par un autre mamelon.
Quatrièmement. Qu'il y a clans l'oreille droite un mamelon sortant par une perforation située à la partie antéro-inférieure du tympan, un peu au-dessous du sommet du manche du marteau ; que la suppuration des deux oreilles est bien moins fétide, moins abondante ; que la perception crânienne est parfaite, et que la montre est entendue de l'oreille droite à vingt centimètres.
Je prescris le traitement suivant: 1° trois injections d'eau tiède par jour.
2° Chaque jour, trois instillations avec ce liquide :
Sous-acétate de plomb liquide Eau distillée ,
200 gr.
MALADIES DE l'ûREILLE
3° Chaque malin une cuillerée à café de celte solution :
lodure de potassium 6 gr.
Eau distillée 200 gr.
dans une tasse de tisane de gentiane.
4 décembre. Bien que la suppuration ne soit pas arrêtée, la malade éprouve du malaise, de la lourdeur de tête. Gomme cette jeune fille n'est pas réglée, je prescris, tous les jours, pendant trois jours de suite, gros comme un pois d'aloès à prendre le matin à jeun, des sinapismes aux cuisses le soir en se couchant, et quelques infusions de tilleul et d'absinthe.
8 décembre. La suppuration de l'oreille droite est à peu près tarie. On voit la perforation aux bords amincis et blanchâtres.
• Le pavillon de l'oreille gauche étant toujours chaud et douloureux, je fais trois scarifications dans le conduit.
15 décembre. J'instille dans les conduits une solution de perchlorure de fer à 30° mélangée à quatre parties d'eau ; la malade étant penchée chaque fois du côté opposé à l'oreille pansée, j'emploie le procédé de Valsava pour faire pénétrer plus facilement le liquide dans la caisse.
Pendant l'année 1867, la suppuration varia beaucoup, mais l'audition resta assez bonne. Le traitement local consista en injections d'eau tiède et en instillations médicamenteuses faites avec ces-liquides : Eau quadruple.
N° 1. Sulfate de zinc 2 gr.
Eau distillée 200 gr.
N° 2. Sous-acétate de plomb liquide 3 gr.
Eau distillée 200 gr.
N° 3. Sulfate de fer 3 gr.
Eau distillée 200 gr.
Et en frictions sur l'apophyse mastoïde avec de la pommade stibiée.
Comme traitement général, je prescrivis les préparations suivantes : huile de foie de morue, sirop d'iodure de fer, vin de quinquina. Tisanes amères, telles que : celles de houblon, de gentiane, de chicorée, de quassia amara, de feuilles de noyer. Iodure de potassium, pilules de lactate de fer et de goudron, pilules de Blaud, fer réduit par l'hydrogène.