‹ Traité pratique des maladies de l’oreille, ou, Leçons cliniques sur les affections de cet organeChapitre 56 sur 69 · OTITE PÉR10ST1STE STRUM. DE LA CAISSE DU TYMPAN · texte numérisé non relu

OTITE PÉR10ST1STE STRUM. DE LA CAISSE DU TYMPAN

ques parfaites, ouïe d'une finesse extraordinaire. Intelligence précoce.

En 1830, il avait alors cinq ans, se trouvant en Allemagne, il entendit tout à coup un matin dans les oreilles, lorsqu'il était à la fenêtre, comme un grand bruit comparable à des coups de marteau. Ce bruit dura une demi-heure environ.

Quelque temps après, il tomba malade, revint à Paris, en proie à une coqueluche des plus violentes compliquée d'accidents cérébraux. Broussais le soigna et le guérit. Pendant les efforts de la toux, il y eut perforation des tympans; bientôt survint un écoulement des oreilles dont on ne s'inquiéta point pareequ'il devait disparaître avec les progrès de l'âge (disait-on).

L'écoulement était assez abondant, fluide, séro-purulent dans l'oreille droite, séro-purulent et moins abondant dans l'oreille gauche.

En 1832, nouvelle maladie que le malade ne peut pas préciser. Soignée par Broussais : diète, saignée, cinq vésicatoires successifs aux mollets, un sur la poitrine, un sur chaque bras.

En 1833, déviation de la colonne vertébrale guérie par l'usage des bains et des béquilles (dit le malade). Ce malade étant à peu près rétabli, Broussais le fit examiner par Amussat, Deleau, Blanchet. Avis général : rien à faire, attendre tout du temps.

En 1836, section des amygdales par Amussat. De temps à autre quelques jours d'audition meilleure.

En 1849, l'écoulement de Foreille droite devint plus abondant; celui de l'oreille gauche l'était un peu moins; mais il augmentait pendant la nuit. Légères douleurs en élancements, particulièrement dans l'oreille gauche. En peu de temps, elles devinrent intolérables. A cette époque, les parois du conduit très-tuméfiées, furent examinées par M. Briquet qui soigna ce malade après la mort de Broussais.

Calmants internes et externes, injections émollientes. Pendant trois semaines douleurs horribles et toujours croissantes, insomnie. Enfin, cessation des douleurs, puis peu à peu cessation presque complète de l'écoulement de l'oreille droite, aucun écoulement de l'oreille gauche.

En 1853, quelques bourdonnements et tintements dans les

;H)4 maladies de l'oheille.

oreilles, sans aucune altération de la santé. A cette époque grands chagrins, grandes pertes matérielles.

Les bourdonnements, quoique intolérables par moments, continuent avec des variations très-grandes.

En 1 859, voyage en Russie : voyages pendant la nuit, traversées sur mer, santé parfaite.

De 1861 à 1865, santé parfaite.

En 1865, à la suite d'un bain de mer, refroidissement, douleurs d'oreilles, écoulement, maux de tète violents, insomnie : un vésicatoire derrière chaque oreille.

En 1866, à la suite de veilles, de fatigues très-grandes, il ressentit, dans les oreilles et dans la tête, des bourdonnements, des bruissements, des étourdissements assez forts pour troubler le sommeil : étourdissements, parfois comme des envies de tomber ; douleurs en battements du côté des articulations temporo-maxillaires et dans les tempes. Ces symptômes étaient influencés, d'une manière fâcheuse, par les mauvais temps.

C'est en proie à tous ces symptômes morbides que ce malade vint me consulter le 8 mai 1867.

A ce moment j'obtins de plus les renseignements qui suivent :

Ce malade, de constitution athlétique en apparence, est de taille moyenne; il est assez gros, assez replet, le cou assez gros et court, le visage congestionné. Il est tourmenté par des bourdonnements qui présentent deux rhythmes différents : les uns en dzin dzin très-vifs non en rapport avec les battements du pouls. Les autres ressemblant à des ondulations de hauteur différente, revenant par moment et étant très-incommodes. Dans la position horizontale, les bourdonnements sont plus forts, et le malade est souvent réveillé pendant la nuit; cauchemars de temps à autre, sentiment de bruits vagues dans toute la partie inférieure du cerveau, sentiment de faiblesse avec crainte de tomber.

Le malade a des digestions bonnes, des selles régulières quoique parfois un peu tardives, un bon appétit ; sa constitution est strumeuse, son tempérament nerveux, irritable; son imagination vive et exaltée.

Des ganglions cervicaux indiquent surabondamment sa constitution strumeuse.

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