OTITE PÉRIOSTISTE STRUM. DE LA CAISSE DU TYMPAN
Los poumons sont sains.
Exploration de l'organe de l'ouïe :
Perception crânienne, nulle à la montre.
Les diapasons sont bien entendus.
Oreille gauche, oreille droite; assez bien au contact.
Conduits auditifs, larges, rectilignes, et remplis de pus mal lié, sanguinolent, très-fétide.
Tympan gauche. Il se présente sous l'aspect d'une membrane plane, à surface irrégulière, blanchâtre; il est ramolli, épaissi ; c'est en vain qu'on cherche les lignes indiquant le manche du marteau et le triangle lumineux.
Il présente à sa partie moyenne une perforation assez large qui intéresse le tiers du tympan et laisse passer un polype assez volumineux. Le liquide est soulevé parles battements artériels.
Tympan droit. Il est opaque, très-épaissi, perforé et n'offre rien de bien spécial à noter.
Trompes, larges et libres; elles laissent passer la douche d'air qui soulève des flots de pus en faisant entendre un gargouillement très-fort, puis un sifflement humide lorsque le pus a été chassé dans les conduits auditifs externes. Gorge, rouge : pharyngite granuleuse.
Le diagnostic était facile à faire, non pas dans tous ses détails, mais dans ses grands traits.
Suppuration chronique de l'oreille moyenne compliquée d'un état aigu : perforation du tympan, polype ayant son insertion sur les parois de la caisse gauche. Chute probable du marteau et de l'enclume.
Pronostic. — Défavorable et mauvais en ce sens que le malade ne pouvait pas recouvrer l'ouïe; mais favorable parce que l'affection avec tout son cortège, pouvait être arrêtée.
Traitement local. — Chaque jour cinq à six injections de décoction tiède de têtes de pavots. Un vésicatoire aux apophyses mastoïdes.
Traitement général. — Iodure de potassium, aloès.
Hygiène : Ni tabac, ni café, ni liqueurs, un peu de diète pendant quelques jours.
16 mai. Bourdonnements moins forts, sommeil meilleur.
23 mai. Un vésicatoire aux apophyses mastoïdes; même traitement.
27 mai. Comme la suppuration est tarie et que les douleurs reviennent, je les attribue à une accumulation de pus dans la caisse, et je fais une large perforation du tympan; il sort par l'ouverture beaucoup de sang et de pus, le tympan est épaissi et la muqueuse hypertrophiée.
Toutes les nuits, de une heure à deux environ, avant de s'endormir, il éprouve des bourdonnements, des spasmes, il est agité ; cependant le calme est bien grand.
30 mai. Je touche l'intérieur de la caisse avec du perchlorure de fer.
1er juin. 11 est survenu pendant la nuit un écoulement plus abondant qui l'a beaucoup soulagé. Dans ce moment, il est moins bien, et a la tête lourde, fatiguée.
3 juin. Amélioration sensible ; il entend les gros bruits, tels que le roulement un peu éloigné de la voiture, la pose d'un verre sur un marbre. Sommeil meilleur. Je touche les mamelons polypeux de l'oreille gauche avec de l'acide chlorhydrique (moitié eau).
Je continue ainsi jusqu'au mois d'octobre le traitement indiqué ci-dessous.
Traitement local. — Application de vésicatoires, injections auriculaires d'eau tiède, instillations de sous-acétate de plomb, de sulfate d'alumine, de sulfate de zinc, attouchements avec de l'acide chlorhydrique, du perchlorure de fer et du nitrate d'argent, douches naso-pharyngiennes , injections dans la caisse.
Traitement général. — Sirop d'iodure de fer, iodure de ' potassium, sirop de perchlorure de fer, fer réduit par l'hydrogène, décoction de feuilles de noyer, bains sulfureux. Viandes rôties, vin généreux, laxatifs, exercices physiques en plein air.
Au mois de décembre 1867, je revis ce malade, et je constatai ce qui suit.
Ce malade a parfois quelques chaleurs à la tête ; il est toujours très-nerveux, mais il n'est plus affecté par ces symptômes morbides inquiétants qui troublaient son sommeil et sa santé ; son appétit est développé, bien soutenu.
Ce malade qui ne pouvait pas entendre la conversation a une voix très-élevée, la suit maintenant lorsqu'on lui parle sur un ton ordinaire.