DES VICES DE CONFORMATION DE L'OHEILLE
L'oreille, comme toutes les autres parties du corps, peut subir des modifications très-grandes dans son développement. C'est pourquoi l'observation révèle des arrêts de développement, tantôt dans les parties externes et visibles de l'organe, tantôt dans les parties plus profondément cachées, dont les unes sont en partie visibles, et dont les autres échappent complètement à notre investigation.
(1) ltard, t. II, p. 32.
DES VICES DE CONFORMATION DIS l'ûREILLE. \%\
Je vais tâcher de vous résumer ce sujet qui manque de faits assez nombreux pour être complètement élucidé.
Les arrêts de développement affectent une partie ou la totalité de l'organe. C'est pourquoi Thomson les a divisés en différentes classes. Dans la première, il range les arrêts de développement de la portion fibro-cartilagineuse du conduit; dans la deuxième, les arrêts de développement de la portion osseuse du conduit ; dans la troisième, ceux qui intéressent l'oreille moyenne; dans la quatrième, ceux qui intéressent l'oreille interne et les parties malaire, palatine, ou autres.
Première classe. — Les anomalies isolées de la portion fibrocartilagineuse de l'oreille externe, citées par les auteurs, sont rares et coïncident, la plupart du temps, avec des modifications du conduit auditif externe ou des parties plus profondément situées.
Symptômes. — Dans le jeune âge, il est beaucoup plus difficile d'obtenir des réponses satisfaisantes que dans l'âge adulte. C'est pourquoi on explorera de visu l'organe, et l'on tâchera d'obtenir des données sur le degré des perceptions crânienne et auditive. Chez l'enfant en bas âge, on n'obtiendra jamais de renseignements satisfaisants. Chez le jeune enfant auquel on peut parler et faire comprendre l'importance de l'examen, il sera beaucoup plus facile d'obtenir un résultat.
Vous voyez donc, messieurs, que chez l'enfant les symptômes objectifs sont ceux qu'on possède véritablement. Quant aux autres symptômes que donnent l'examen rhinoscopique de la trompe, l'exploration de l'oreille moyenne par la sonde, et l'auscultation de l'oreille par le stéthoscope, ils peuvent manquer complètement.
On le comprend sans peine quand on songe à l'impossibilité ou à la grande difficulté d'explorer la trompe d'Eustache au moven du miroir ou de la sonde.
Diagnostic. — Pour connaître la manière d'examiner un malade qui présente cette anomalie, on doit tenir compte de l'âge. Si le malade est un enfant en bas âge, on doit répondre aux parents qu'il faut attendre encore pendant plusieurs mois avant de procéder à un examen plus minutieux et à une exploration plus complète. C'est vers l'âge de 8 à 10 ans que l'enfant
peut être examine avec un peu de soin. Encore, à cette époque, rencontre-t-on de grandes difficultés.
On questionnera les parents sur les antécédents du malade, on demandera aux parents s'ils ont entre eux des degrés de parenté, puis on examinera l'enfant.
Après avoir exploré attentivement le malade tout entier, et noté son état général, on verra si la tête est développée, s'il n'y a pas de symptômes indiquant une méningite ancienne ou existant encore.
Après avoir bien noté les différents détails de cet examen général, on tâchera de constater l'état des perceptions crânienne et auditive. Cette exploration, facile en apparence, causera souvent de grands ennuis, si l'on veut la faire soi-même, mais nous fournit le moyen de poser un pronostic plus précis. Confiant dans les renseignements presque toujours faux des parents, si l'on croit que les nerfs auditifs ont conservé une certaine sensibilité, on peut porter un diagnostic erroné, et tenter une opération inutile, nuisible même. Après avoir obtenu des données certaines sur la sensibilité acoustique, on doit explorer l'organe. On examine d'abord le pavillon de l'oreille, c'est-à-dire les saillies et les dépressions qui existent à sa surface, pour savoir s'il n'y a pas une ouverture ou une dépression qui représente ou remplace le méat auditif. On sonde le canal ou le pertuis, s'il existe, en l'éclairant, et l'on tâche de reconnaître la portion osseuse du conduit. On exerce une pression sur la dépression que j'ai signalée, afin de sentir s'il' n'y a pas une couche cutanée derrière laquelle se trouve un espace libre ou une couche solide.
11 ne reste plus qu'à examiner l'orifice des trompes avec le miroir, à explorer la trompe avec la sonde, et à ausculter l'oreille au moyen d'un stéthoscope pendant que l'on insuffle de l'air dans la caisse. Les bruits que l'on peut entendre, bien qu'une certaine épaisseur de tissu sépare les cavités de l'oreille du pavillon du stéthoscope, permettent de croire à l'existence de l'oreille moyenne, mais ne peuvent donner une idée de la conformation de cette partie de l'organe.
Après avoir ainsi examiné le malade, on peut, si la perception crânienne existe à un degré satisfaisant, poser un diagnostic sérieux, en disant aux parents quelles sont les difficultés