‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 107 sur 273 · DILATATION, DÉFORMATION ET ABSORPTION DE L'ORBITE · texte numérisé non relu

DILATATION, DÉFORMATION ET ABSORPTION DE L'ORBITE

des drains pour faciliter, l'écoulement des liquides et empêcher la trop prompte occlusion des ouvertures. L'écoulement diminua progressivement. Aucun séquestre ne se détacha de la paroi antérieure du sinus frontal droit, mais le périoste se réunit à l'os. Les globes oculaires reprirent lentement leur position normale, de sorte que la déformation des traits du malade, si remarquable à son entrée, était à peine appréciable à sa sortie.

Novembre 17. Le déplacement des yeux, surtout de celui du côté gauche, a presque absolument disparu. Une petite cicatrice, plissée au-dessous du centre du sourcil droit, indique l'ouverture de la petite fistule, qui conduisait dans le sinus frontal droit. La sonde ne pénétrait plus que jusqu'à la profondeur d'un demi-pouce dans l'orbite gauche, et l'écoulement ne consistait qu'en quelques gouttes échappées dans l'espace de 24 heures. On lui prescrivit de maintenir dans la cavité un petit drain tant que durerait l'écoulement, drain qu'on devait raccourcir à mesure que la cavité diminuerait de profondeur.

| IV. Compression de l'orbite par une affection du sinus maxillaire (1). (P. 81.)

M. Heyfelder rapporle (2) que, sur 450 cas d'affections du maxillaire supérieur, il a trouvé 74- cas de carcinome, 48 de sarcome, et seulement 8 cas d'enchondrome. 11 représente cette dernière tumeur comme prenant naissance soità l'intérieur du sinus maxillaire, soitdans la substance même de l'os; comme s'accroissant d'ordinaire lentement, et rarement avec rapidité, et comme restant parfois stalionnaire. Si

(I) Voir: Kyste membraneux dans l'antre d'Highmore, par Paget (Lect.Vol. II, p. 56). —Kyste séreux du maxillaire supérieur; excision et cautérisation au nitrate d'argent, par Pize (Gaz. des Hôp. 1864, p. 574). — Les sinus maxillaires contiennent parfois des poehes dans lesquelles on rencontre des dents. Il peut se former aussi, dans les alvéoles, des kystes membraneux qui simulent la dilatation de l'antre. Voir, pour la structure et les variétés du sinus maxillaire : Cattliîî (Lancet, 185S, Jun. 19, p. 114). — Amaurose consécutive à un abcès aigu de l'antre d'Highmore, occasionnée par une dent cariée, anémie de la papille optique, fig. ophlhalmoscopique, par Salter (Sied. Cbir. Trans. Vol XLV, p. 555, Lond. 1862). — Abcès du sinus maxillaire, observé par Syme (Monthly Journ. of Med. Se. Vol. XIV, p. 505, Edinb. 1852). La lèvre relevée, on plonçe, entre elle et la gencive, la lame d'un bistouri qui traverse l'os distendu et aminci. On le fait agir horizontalement, de façon à obtenir une ouverture large et déclive. On introduit d'abord de la charpie pour arrêter tout écoulement de sang. Dès que celui-ci a cessé, on laisse l'ouverture libre. — Cancer encéphaloïde, tumeur fibroïde récidivante, myéloïde, fibro-plastique de Lebert, V. Paget (Lect. Vol. II, p. 212) et Skey (Med. Times and Gaz. 1860, .Mars 24, p. 291). Cachexie, accroissement rapide, antécédents fâcheux des parents, — fig. représ, les cellules. — Tumeur fibreuse du sinus maxillaire, par Robert (Conf. de clin, chir., pp. 274-290. Obs. 1, 4 et 6; deux bonnes fig. Paris 1861). — Tumeur fibreuse du maxillaire supérieur, ablation, mort par érysipèle. Elle était formée d'une masse molle, juteuse et de tissu fibreux délicat, appartenant probablement à la variété récurrente (Lancet, 1862, Dec. 27, p. 701). — De l'excision du maxillaire supérieur à travers le nez, par Butcher (Dubl. Journ. of Med. Se. 1860, Mai, p. 237). — Observation de cancer encéphaloïde, procédé nouveau par lequel on n'enlève qu'une petite portion d'os par Davies (Lancet, 1858, Janv. 25, p. 85). — Observation avec figures, par Butcher (Dubl. Quart. Journ. of Med. Se. 1861, Fév.). — Ablation du maxillaire supérieur droit et de la portioa palatine du maxillaire gauche ; guérison, par Marsden (Med. Times and Gaz. 1862, Mars 15, p. 265). —Tumeur de l'antre d'Highmore, envahissant le plancher de l'orbite et le voile du palais, excision du maxillaire supérieur, par Fergcssos (Id. 1S65, Fév. 14, p. 159). — Excision du maxillaire supérieur, tumeur maligne; description minutieuse de l'opération, par Craven (Id. 1 865, Oct. 5, p. 556). — Description de l'opération, par Fergcsso* ; il divise la lèvre supérieure sur la ligne médiane et pousse l'incision jusque dans le nez; il détache ensuite la lèvre supérieure, l'aile du nez et la joue; il évite ainsi la difformité consécutive à une incision qui intéresserait la joue (Med. Times and Gaz. 1860, Fév. 23, p. 191). — M. Bowhah a pu, sans inciser la lèvre, enlever des tumeurs volumineuses du sinus (Ibid). — Observation, avec remarques, d"un cas opéré par le procédé Fergusson, avec conservation de la voûte palatine, par Jackson (Lancet, 1865, Janv. 24, p. 89).

(2î Enehondrôme ou tumeur cartilagineuse du maxillaire supérieur, par Heyfelder (Dublin Quart. Journ. of Med. Se. 1837, p. 282).

22 MALADIES DE l'ORBITE.

on l'enlève, elle se reproduit d'ordinaire promplement. Suivant lui, les tumeurs cartilagineuses sont ordinairement de forme sphérique ou largement ovalaire, à surfaces unies, quoique lobulées et présentant plus ou moins de bosselures. Lorsqu'on les incise, elles crépitent sous le couteau ; leur intérieur est blanc, brillant, dur, et consiste en une masse homogène, ou se trouve formé par l'aggrégation de petites tumeurs de volume différent, réunies ou enveloppées de cordons de tissus fibro-cartilagineuxdurs et blancs. La masse cartilagineuse n'est pas toujours homogène, elle contient parfois des grumeaux mous ; ou d'autres osseux ou calcaires. Le cartilage de l'enchondrome simule toute espèce de cartilage physiologique, et comme tous les enchrondrômes, ceux de la mâchoire supérieure sont simples ou mixtes. Les premiers montrent des cellules cartilagineuses et une substance homogène ou stratifiée; l'enchondrome mixte présente la combinaison de divers éléments, principalement ceux du tissu fibreux, du cancer, des tumeurs vasculaires, etc. Si l'enchondrome prend son origine dans le sinus, le périoste en est d'ordinaire le point de départ. Il peut exister là depuis longtemps sans que le malade en ait eu conscience, et ce n'est qu'alors que la tumeur vient presser contre les parois de l'antre qu'elle produira des symptômes morbides. Les symptômes sont les mêmes que ceux que détermineront d'autres tumeurs occupant la même région, et nous les avons déjà détaillés à l'article « pression de l'orbite, suite du développement du sinus maxillaire. »

Le Dr Heyfelder cite des cas d'enchondrôme de la mâchoire supérieure publiés par Partridge, Stanley, Gensoul et Langenbeck. Voici la description qu'il donne d'un cas observé sur une femme de 56 ans.

Obs. 13. — La tumeur avait débuté, à ce que l'on suppose, 2 ans avant la mort de la malade, et s'était développée dans le sinus maxillaire gauche; mais il est probable qu'elle existait déjà depuis longtemps sans avoir produit aucun symptôme remarquable, et par suite, sans avoir été observée. Elle avait le volume de la tête d'un homme, et consistait en trois lobes, séparés par des rainures superficielles. Deux de ces lobes appartenaient au côté gauche de la face, qui était beaucoup plus distendu que le droit. Le nez était presque complètement aplati, et les narines n'étaient plus représentées que par des fentes obliques ; l'œil gauche était recouvert par la tumeur et par des plis de la peau ; le droit était intact. La peau tendue ne présentait aucune altération de texture, aucune trace d'inflammation; elle était attachée à la tumeur par un tissu cellulaire dense. L'enchondrome qui avait pris naissance dans l'autre d'JIighmore avait distendu les parois interne, supérieure et inférieure, mais surtout l'interne. On apercevait à son centre, comme vestige du sinus maxillaire, un creux de la dimension d'une petite noix communiquant avec le nez. La partie postérieure de la cavité nasale et les narines postérieures sont conservées ; la partie antérieure du nez a été comprimée de telle façon que ses parois se touchent de toutes parts. Les parties supérieures de la tumeur occupent, de chaque côté, les apophyses frontales du maxillaire supérieur et l'os nasal, et s'étendent a la surface de l'os frontal laissant les sinus intacts. La voûte palatine et l'arcade alvéolaire sont transformées en une masse informe, irrégulière et bombée. Le sinus maxillaire droit est fortement distendu.

Une section pratiquée à travers la tumeur montra qu'elle était en partie ossifiée, surtout autour du sinus et dans la portion qui adhérait aux os nasaux. A la périphérie, on trouvait des tissus purement cartilagineux. Il n'y avait aucune croûte osseuse à l'intérieur de

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