‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 132 sur 273 · N.EVUS MATERNUS DE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

N.EVUS MATERNUS DE LA CONJONCTIVE

scléroticale, où elle est moins apparente, et s'étendant jusqu'aux confins de la pupille, dont elle recouvre même en partie la marge inférieure et externe. Elle est imparfaitement circonscrite par le secteur inférieur et externe de la cornée, compris entre deux rayons se coupant à angle droit. La partie scléroticale de celle production offre à peu près une étendue égale à celle qui occupe la cornée, mais elle tranche beaucoup moins sur le fond blanc de celle membrane. Sou aspect s'éloigne complètement de celui des opacités cicatricielles de la cornée : elle est d'un blanc crayeux, grumeleux, chagriné, el ne saurait mieux se comparer, quand elle est en place, qu'à une couclie assez épaisse de poudre calcaire ou de farine bien blanche qu'on y aurait déposée. Absolument dépourvue de transparence, elle ne laisse rien apercevoir de ce qui est derrière elle. Elle parait adhérer intimement à la cornée, et cependanlon l'en détache avec la plus grande facilité, soit avec un instrument mousse, sou avec l'ongle. Elle se présente alors comme une pulpe amorphe, blanche et se ramassant complètement sur elle-même. A la place qu'on lui a fait quitter, il reste une opacité nuageuse, mais en partie transparente, semblable à celle qui persiste sur le drap, après qu'on en a fait éclater la partie la plus saillante et déjà desséchée d'une éclaboussure de boue blanche; la cornée y paraît nébuleuse el dépolie. Quand on va plus loin el qu'on fait, au moyen d'un grattoir adhoc, l'abrasion superficielle de la cornée, à son endroit malade, on rend à celle-ci tout son poli et sa transparence normale. Celte abrasion se fait sans que le sujet en manifeste la moindre souffrance. Au bout de vingt-quatre à trente-six heures au plus, le produit s'est renouvelé avec tous ses caractères. Au côté interne du même œil, à savoir à l'extrémité nasale du diamètre transversal de la cornée, ainsi qu'aux deux extrémités du diamètre correspondant de l'oeil gauche, la même affection commence à se manifester. Elle n'empiète encore qu'à peine sur la cornée et n'y gène aucunement l'exercice de la vision. L'ablation de ce produit anormal ne donne lieu à aucune douleur et ne laisse après elle ni pholophobie, ni larmoiement. Les cornées, dans leurs parties non occupées par lui, sont nuageuses el ne permettent qu'une vision fort imparfaite. De plus, le malade ne voit que les objets très rapprochés de ses yeux, devenus très myopes. Les globes et les paupières ne sont le siège d'aucune inflammation ni injection morbide.

Examinée au microscope par le docteur Sacré, la production pathologique se trouve être constituée exclusivement par de Pépilhélium pavimenleux, disposé par couches stratifiées. On n'y découvre que des cellules; celles-ci sont très-grandes, mesurant de Ûm04 à 0m07, à contours très pâles et formées d'une membrane incolore transparente; elles contiennent un noyau de 0m010 à 0mO15, dans lequel on dislingue, à un fort grossissement, un ou deux nucléoles. La forme des cellules varie : la plupart sont irrégulièrement polygonales, quelques-unes allongées, les plus jeunes à peu près arrondies : toutes sont aplaties, de même que leur noyau. L'alcool et l'élher sont sans action sur elles; l'acide acétique fait d'abord pâlir leur membrane et rend le noyau plus apparent, mais bientôt il la dissout entièrement. La potasse caustique détruit la cellule elle noyau, effet que ne produisent ni l'ammoniaque, ni les acides chlorhydrique, sulfurique et azotique. Quand on examine des cellules disposées en couches, les contours n'en sont apparents qu'à la limite de la préparation ; au centre on ne dislingue que les noyaux.

Aucun des moyens de traitement employés jusqu'à ce jour, et l'on compte parmi eux les plus énergiques, tels que les cautérisations au nitrate d'argent, l'application d'un vésicaloire el d'un séton à la nuque, etc., n'a en rien modifié l'aspect ni l'étendue du développement épilhélial décrit. La maladie est restée stationnaire et rien n'annonce qu'elle soit disposée à se modifier avantageusement. Depuis l'entrée du malade à l'instilul, on a fait diverses cautérisalions avec la pierre infernale sur la cornée dépouillée de son dépôt morbide, mais celui-ci n'en a pas moins reparu peu de jours après. L'application, très fréquemment répétée, d'une solution de lartrale dépotasse dans la glycérine (-2 gros sur une demi-once) est également restée sans aucun résultat.

SECTION XIV

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