LÉSIONS TRAUMATIQUES DES MUSCLES DE L'ŒIL. (P. 50S
Obs. 90. — Déchirure, par arrachement, du muscle r éleveur de la paupière supérieure.— Plmis. —Ectropion.—Guérison de celui-ci{%. — Un garçon de 8 ans, jouant sur une table boiteuse, placée près d'une fenêtre dont l'espagnolette, dépourvue de sa boule de protection, formait un crochet à concavité supérieure, exécuta un mouvement brusque, qui fil que la table se déroba sous lui. En voulant se retenir, son visage vint frapper l'espagnolette, dont le crochet aigu, s'introduisant sous la paupière supérieure droite, décliira violemment celle-ci entraînée par le poids de tout le corps, un instant suspendu sans soutien. Ilcn résulta une plaie, située au côlé interne de la paupière, dont la réunion immédiate, au moyen de simples bandelettes, fut suivie d'un gonflement considérable, qui ne se dissipa qu'au bout de huit jours. Un ectropion complet, comprenant toute l'épaisseur de la paupière, fut la suite de cet accident, qui détermina les parents à nous amener l'enfant à l'institut. La partie renversée contenait le cartilage tarse tout entier, complètement immobilisé. Les efforts les plus énergiques du malade ne réussissaient pas à imprimer le moindre mouvement à la paupière, tandis que tous les mouvements du globe avaient conservé leur intégrité. Évidemment ce défaut de molililé était dû a la séparation du cartilage tarse d'avec son attache a son muscle releveur.
La turgescence de la muqueuse ayant été en partie réduite par de fréquents attouchements au moyen du sulfate de cuivre, nous nous mîmes en devoir de corriger, autant
(1) Observation de tumeur vasculaire de l'orbite, par Walton, traitée avec succès par une forte solution d'acide tannique (Med. Times and Gaz. 1858, fév. 6, p. 149.) (2; Waiuomont. Observation inédite.
DÉFAUT DE CORRESPONDANCE DANS 1,'aCTION DES MUSCLES. 179
qu'il était en nous, l'horrible difformité dont l'organe demeurait le siège. A cet effet, après avoir excisé, au moyen de ciseaux courbes sur le plat, un lambeau, en forme de feuille de myrte, de toute l'épaisseur de la muqueuse, parallèlement au bord supérieur du cartilage tarse, nous introduisîmes, à travers les lèvres de la plaie ainsi faite, trois fils forts, dont nous fîmes passer les deux chefs réunis de chacun d'eux à travers le châs d'une forte aiguille courbe ; celle-ci fut, ù son tour, passée, de dedans en dehors, du culde-sac palpébral supérieur à la face cutanée, au niveau de l'arcade orbilaire. Dédoublant alors les fils qui, fortement tirés en dehors, faisaient basculer la paupière en dedans, tout en amenant au rapprochement les bords de la plaie conjonclivale, nous liâmes ceux-ci deux à deux sur une cheville de caoutchouc. La réduction de l'eclropion fut ainsi parfaitement obtenue, mais la paupière resta suspendue, dans l'immobilité la plus parfaite, au-devant du globe.
SECTION III