‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 180 sur 273 · IRITIS EN GÉNÉRAL. (T. II, P · texte numérisé non relu

IRITIS EN GÉNÉRAL. (T. II, P

Une des suites les plus ordinaires de l'iritis, quand cette affection n'a pas été traitée avec vigueur dès le début, par le calomel et surtout par l'atropine à haute dose, consiste dans l'exsudation de lymphe plastique dans Taire de la pupille : ces exsudations établissent des adhérences, larges ou étroites, entre le bord interne de l'iris et la capsule antérieure du cristallin, ou bien obstruent la pupille sans donner lieu à ces adhérences. Dans le premier cas, quand tout le bord libre de l'iris adhère à la capsule crislallinienne, on dit qu'il y a exclusion de la pupille; il y a occlusion quand celle-ci est contrâctée et entièrement occupée par la membrane adventice résultant de l'organisation des produits épanchés. L'occlusion comprend l'exclusion, sans que la réciproque soit vraie.

Les brides pupillo-capsulaires, quelles qu'en soient les dimen-

{[) Iriio. hl., p. 77.

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sions, doivent êlre considérées comme une infirmité fâcheuse, par l'obstacle qu'elles apportent au jeu physiologique de la pupille. Elles restreignent notablement l'action photomélrique de l'iris, gênent ou diminuent la correction de l'aberration sphérique de la lentille, entravent l'accommodation volontaire, provoquent à la récidive de l'iritis, qu'elles maintiennent à l'état chronique, et, par le tiraillement des nerfs sécréteurs de l'iris auquel elles donnent lieu, peuvent augmenter la pression intra-oculaire et être ainsi une cause de glaucome.

Néanmoins, cet état n'est pas incompatible avec un degré de vision suffisant aux besoins ordinaires de la vie, et les sujets qui en sont atteints n'ont, en général, recours à la science qu'à l'occasion des poussées inflammatoires, des attaques d'iritis aiguë dont il est la cause, et dont la répétition ou l'intensité viennent menacer l'existence même de la fonction.

Quand ces brides sont filiformes et de fraîche date, il n'est pas toujours impossible de les résoudre ou de les rompre par l'usage bien dirigé du calomel et surtout de l'atropine à hautes doses, fréquemment appliquées; si elles résistent et qu'elles ne donnent lieu, d'ailleurs, qu'à des symptômes légers et peu menaçants, on doit se borner à surveiller ceux-ci pour être prêt à agir en cas de nécessité; si, au contraire, leur présence est cause de fréquentes poussées inflammatoires, longues et douloureuses, l'intervention chirurgicale devient nécessaire. Deux procédés opératoires, la corélysis et l'iridectomie, trouvent ici leurs indications les plus précises :

1. Corélysis. — Cette opération, ainsi nommée par M. Slrealfeild, qui l'a introduite dans la science (de Ko'py;, pupille, et Xwiç, dégagement), doit s'entendre de toute manœuvre chirurgicale ayant pour objet de débarrasser la pupille des adhérences qu'elle peut avoir contractées avec quelque partie que ce soit (1 ). Partant de ce double l'ait qu'il y a tout avantage à maintenir la pupille dans le lieu qu'elle occupe normalement et que, le plus souvent, le cristallin est resté transparent derrière les exsudations qu'il s'agit d'écarter, l'auteur conseille la corélysis de préférence à l'iridectomie, dans tous les cas où elle est matériellement exécutable. Il fonde celte préférence sur ce que la corélysis ménage une pupille centrale et maintient la faculté d'accommodation, et que, d'ailleurs, elle n'entraîne pas plus d'inconvénients que l'établissement d'une pupille artificielle.

Les instruments nécessaires pour la corélysis sont : le spéculum à ressort et la pince fixatrice, une large aiguille, éventuellement des ciseaux et une pince à canule, et enfin la spatule-crochet de l'auteur (fig. 42), ou le crochet aplati de 31. Weber (fig. 43). L'aiguille ne doit faire que l'ouverture suffisante pour le passage des autres

(I) Streatflild. Oph. IIo^p. Hep. 18o9-ltG0, Vol. II, pp. 309-54j, et Annales d'Oculistique, 1861, t. XLV1, p. 147.

instruments. La spatule crochet a, clans sa portion plate terminale, un quart de pouce, et doit avoir une épaisseur égale partout, sans être trop mince; elle doit, de plus, être très-mousse et d'un poli parfait : la largeur en est d'un vingt-quatrième de pouce anglais.

Voici quelle est la manière d'opérer : Pendant les quelques jours qui précèdent, on a eu soin de faire de fréquentes instillations d'atropine, pour tendre le plus possible les brides et les rendre ainsi plus évidentes et plus accessibles. Cela fait, le malade est couché et chloroformé. Les paupières maintenues au moyen du blépharostat à ressort, le chirurgien, placé par derrière, saisit un fort pli de la conjonctive, au moyen de pinces à dents, du côté opposé à celui où devra se faire la ponction, et par ce moyen fixe l'œil et le B dirige comme il l'entend; il fait alors la ponction de la cornée, au moyen d'une aiguille un peu plus large WJ que le crochet-spatule, à une ligne environ de la cir-

conférence de celle membrane, et en un endroit qui M varie suivant la position des points à attaquer. Quand a. Grandeur naturelle il n'y a qu'une seule bandelette adhésive à séparer, on r„ Le mémrc""grnG' rois, peut se servir de l'instrument comme d'un crochet ou comme d'une spatule; il est dès lors peu important qu'on ponctionne la cornée au point diamétralement opposé à l'adhérence. Quand il en existe deux, avec une pupille en sablier, on fait pénétrer le crochet par un point de la cornée intermédiaire aux deux adhérences, et l'on agit successivement sur l'une et sur 'autre. Quand elles sont plus nombreuses encore, e point le plus avantageux pour l'introduction de 'instrument est celui où existe le plus grand intervalle libre de la pupille, car le crochet ne peut agir que du côté opposé à celui par lequel il a pénétré. Il faut pratiquer l'ouverture de la cornée en enfonçant l'aiguille d'un seul coup vers la pupille, jusa qu'au point de la largeur de la lame qui a été calculée d'avance correspondre à la dimension du crochet-spatule; on la relire ensuite rapidement pour la remplacer par celui-ci, dont l'extrémité, portée vers l'adhérence, est engagée sous le bord pupillaire, assez avant du côté de l'iris, contre lequel on le maintient appliqué; puis on le dirige contre l'adhérence, sans tirailler l'iris en avant et sans comprimer le cristallin en arrière; on voit alors le plus souvent l'adhérence céder. Toute l'opération doit se faire assez rapidement et sans que l'humeur aqueuse ait eu le temps de s'écouler.

(Fig. 43.) A.Crochoi deWeber, grandeur

naturelle.

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