‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 183 sur 273 · R1TIS EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

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an environ après celte dernière couche, elle fut alieinte d'une inflammation de l'œil gau-~ che, qui, après s'èire signalée par de violentes douleurs orbilaircs, de la rougeur, du larmoiement et du trouble dafis la vue, se termina par la perle de celte dernière et l'atrophie du bulbe. En dernier lieu, pendant la marche progressive de l'atrophie, la malade eut encore, par intervalles, la perception de quelques sensations lumineuses subjectives. d'étincelles, d'éclairs, etc. Depuis un an, elle éprouvait à l'œil droit les mêmes symptômes qui avaient caractérisé le début de la maladie de l'œil gauche. Son état, lors de son entrée à l'Institut, était le suivant :

a) A gauche : on peut constater, par le toucher, le ramollissement de l'œil ; la cornée ne présente plus qu'un reflet mat; la conjonctive est légèrement rouge; la sclérotique n'esi pas entièrement blanche, mais d'un rose pâle, et parcourue par quelques vaisseaux plus dilatés que d'ordinaire et variqueux qui la pénètrent brusquement. L'iris est décoloré, bleu verdàtre, le cercle pupillaire entièrement adhérent à la capsule antérieure, le champ pupillaire troublé par un exsudât enfumé. La faculté visuelle, ainsi qu'il a déjà été dit ci-dessus, esl entièrement éteinte.

l>) A droite : la conjonctive est d'un rouge pâle, il y a larmoiement peu considérable, photophobie et trouble de la vision. Une douleur compressée dans l'orbite, augmentant constamment, en proportion de l'exacerbalion des phénomènes inflammatoires, existe depuis le commencement de l'affection. Quelques rares vaisseaux ciliaires trop développés se remarquent aussi sur la sclérotique. La pupille esl troublée par un exsudât déposé sur la capsule antérieure, et au moyen duquel son bord est totalement uni à celle-ci. Le tissu de l'iris, décoloré, gris brunâtre, est raréfié par suite d'un développement anormal manifeste de ses vaisseaux. La faculté visuelle esl tellement diminuée depuis six mois, que la patiente lit difficilement les caractères du n° 15 de Jaeger et que les objets lui paraissent enveloppés d'un épais nuage. Depuis quelque temps, elle a la perception de nombreuses étincelles, de roues lumineuses, d'éclairs; phénomènes qui se produisent particulièrement quand la patiente tient la tête dans une position déclive.

L'iridectomie fui pratiquée le 26 février, à la partie supérieure de l'iris. L'appareil fui levé le 1er mars, el déjà il existait une amélioration considérable de la vision : la malade pouvait lire les lettres n° 9 de Jaeger. Un traitement légèrement dérivatif amena en peu de temps un état si satisfaisant, que, dès le 18 mars, elle sortit guérie. Les résultats de l'opération furent les suivants : la saillie du globe était redevenue naturelle, la conjonctive el la sclérotique n'offraient plus aucune trace d'injection. La nouvelle pupille était claire el les exsudais de la pupille naturelle paraissaient avoir perdu de leur densité. L'iris était d'une couleur bleue bien pure. Il n'y avait plus d'apparence de névralgies orbilaircs. ni de pholopsies, et la patiente lisait parfaitement le petit caractère (Jaeger n° S). Quand je la revis plus tard, elle lisait le n° 3 de Jaeger; elle affirmait qu'aucun symptôme inflammatoire ne s'était plus manifesté : ils n'étaient du reste plus à craindre, l'état de santé général étant devenu complètement rassurant depuis le retour des règles.

Résultai de V opération : Cessation de l'inflammation, rétablissement d'une vue normale.

Obs. 171.— Irido-choroïdite chronique de l'œil droit.-— Affection sympathique de l'œil gauche (1). — Madame W. de B., femme de négociant, âgée de 48 ans, commença à se plaindre, il y a deux ans, vers l'époque de la ménopause, d'un trouble dans la vision à droite, lequel augmenta successivement, sans être pour cela accompagné de symptômes inflammatoires notables. Jamais l'œil n'étail rouge ni larmoyant; la patiente n'accusait qu'une légère phoiophobie, el « des douleurs de tête nerveuses rhumatismales » qui s'étendaient à loulela moitié du crâne et se représentaient sous forme d'accès, dont chacun amenait une déperdition plus considérable delà faculté visuelle. Depuis neuf mois, il n'existe plus qu'une perception de lumière quantitative et la possibilité de distinguer le jour des ténèbres. Ce n'était point l'état de son œil droit qui m'amenait la malade, mais l'affaiblissement qni , depuis neuf mois (époque à laquelle s'était probablement complétée l'occlusion de la pupille droite), affectait son œil gauche, au moyen duquel elle avait pu jusqu'alors exécuter sans interruption les travaux les plus fins. Elle devait s'en abstenir totalement en ce moment; elle éprouvait une prompte fatigue au travail,

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et des douleurs violentes dans les parties osseuses au voisinage de l'œil gauche en étaient la conséquence immédiate.

Élat au moment de l'entrée à l'Institut :

a) A droite : la conjonclive est légèrement rougie; la cornée transparente et l'humeur aqueuse sont un peu troubles, L'iris, de couleur sale, est convexe en avant par la pression de l'exsudat qui occupe la chambre postérieure, le cercle pupillaire entièrement adhérent à la capsule antérieure, et la pupille fort étroite, trouble et nuageuse. La sclérotique est parcourue par quelques veines fort dilatées. La faculté visuelle est telle, que la patiente est encore en étal de suivre les mouvements d'un objet fort éclairé. Le bulbe oculaire droit est un peu plus mou que le gauche au toucher.

b) A gauclie : l'aspect extérieur de l'œil est tout à fait normal, la pupille très-mobile et nette. L'examen à l'ophlhalmoscope ne fait découvrir que quelques flocons flottants dans l'humeur vitrée, mais aucune anomalie apparente dans la texture de la choroïde. La lecture des caractères n° 3 de Jaeger est difficile.

L'iridectomie fut pratiquée, le 2S juillet 1856, à l'œil droit. Il n'y eut pas d'autres symptômes de réaction qu'un léger épanchemenl sanguin dans la chambre antérieure, dont l'absorption fut lente, et un trouble plus considérable que d'habitude de l'humeur aqueuse. Celle-ci offrait encore un peu de trouble au départ de l'opérée, le 8 août; l'iris avait repris une couleur plus vive, la pupille nouvelle était encore obstruée en partie par des exsudais, mais elle offrait un espace libre suffisant pour entretenir la communication de la chambre postérieure avec l'antérieure. Le bulbe élait encore ramolli. Les céphalalgies avaient disparu. La perception visuelle de l'œil droit n'était point augmentée, mais la patiente pouvait parfaitement lire de l'œil gauche les lettres du n° 1 de Jaeger. Je revis la patiente quinze mois après l'opération : la pupille artificielle s'était conservée, la vision était restée dans le même élat aux deux yeux. Les douleurs crâniennes ne s'étaient plus représentées. La patiente pouvait de nouveau se servir, comme par le passé, de l'œil gauche pour ses travaux, et la consistance du bulbe droit était la même que celle du gauche, où les flocons de l'humeur vitrée étaient plutôt diminués qu'augmentés.

Résultats de l'opération : Arrêt de l'atrophie de l'œil droit, cl annulation de la congestion morbide sympathique déjà communiquée par l'œil malade à l'œil sain.

Obs. 172. — Cas d'irido-choroïdile, démontrant les effets avantageux de l'iridectomie répétée (1). — W. Waters, vingt-huit ans, entre dans le service de M. Bowman, le 12 février 1861. A l'âge de 12 ans, il a reçu dans l'œil droit un coup de pied d'agneau, qui a déterminé une irhlo-choroïdile qu'on abandonna à elle-même. Il en résulta une perte presque complète de la vision de ce côté et un strabisme externe. Il y a deux ans, il eut le malheur de recevoir du ciment dans l'œil gauche; il en résulta une irido-choroïdile qui, malgré les soins d'un médecin, se termina aussi par la perte de la vue. A son entrée, l'œil droit psi dur, la sclérotique bleuâtre et un peu amincie; la cornée nébuleuse, excepté en bas, où elle paraît transparente, si ce n'est a l'éclairage oblique, qui y révèle la présence d'un nuage diffus. L'iris, saillant en avant, adhère à la cornée dans les points nébuleux. La pupille est verticalement oblonguc, complélement adhérente et occupée par une fausse membrane mince et rougeâlre. Le champ visuel est très-rélréci en haut el en dehors, presque normal en bas et en dedans. Le malade peut compter les objets à une dislance de dix-huit pouces et ne distingue qu'avec difficulté le numéro 20 de Jaeger. — L'œil gauche est un peu mou. Légère zone vasculaire autour de la cornée, qui est un peu trouble, excepté en haut et en bas. Sclérotique bleuâtre. Iris saillant en avant et adhérent à la cornée dans une petite étendue en dedans et en bas. Circonférence de la pupille adhérant à la capsule. Aire pupillaire en partie occupée par une fausse membrane. Champ visuel tout à fait rétréci en haut el en dedans, un peu diminué en dehors el en bas. Peut compter les doigts avec un peu d'incertitude à la distance de trois pieds.

M. Bowman pratique l'iridectomie aux deux yeux le même jour, en bas et un peu en dedans, à droite ; en haut et un peu en dedans, à gauche. — 22 février. L'œil droit, qui n'a fait éprouver au malade que de légères douleurs, voit les lettres numéro 19, mais

(I) Soblbbrg Wbll's. Opluli. Hosp. Rep. 1860-18GI, Vol. III, p. 230.

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