‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 208 sur 273 · CORNÉE CONIQUE · texte numérisé non relu

CORNÉE CONIQUE

cas, il n'a eu à se repentir d'avoir opéré : aucun malade n'a élé empiré; tous, à une exception près, ont élé améliorés, et chez aucun il n'est survenu d'inflammation inquiétante. Il rapporte d'abord l'observation suivante :

Obs. 236(1). — Sarab Collins, âgée de 26 ans, d'une santé faible depuis huit ans, est affectée aux deux yeux, depuis six ans, de cornée conique transparente. A cela près, les deux yeux sont normaux; elle peut, avec de grands efforts, et en tenant le livre très rapproché, lire pendant quelques instants les plus petits caractères, mais elle a élé obligée de renoncer à ses occupations, par suite de l'impossibilité dans laquelle elle se trouvait de voir les objets qui l'environnaient.

Le 30 avril 1858, j'opérai les deux yeux d'une manière différente, mais dans le même but, c'est-à-dire celui d'attirer la pupille en dehors dans un point déterminé de la circonférence de la cornée, pour arriver ensuite à lui donner la forme d'une fente horizontale. A l'œil gauche, j'excisai, au moyen d'une large aiguille, une petite portion de la circonférence de la cornée (cornéotomie, procédé de M. Guépin, modifié) ; une petite portion de l'iris vint immédiatement faire hernie, et la pupille prit, dans le sens transversal, la forme d'un ballon, son bord marginal n'étant point compris dans la partie herniée. A l'œil droit, je pratiquai Piridesis. J'eus recours des deux côtés à la pince-canule pour attirer l'iris au dehors; le point saisi correspondait au tiers moyen, afin de laisser la marge pupillaire encore libre dans la chambre de l'humeur aqueuse. Le but fut atteint aux deux yeux, mais avec beaucoup moins d'irritation du côté où j'employai l'iridesis. La vue se trouvant améliorée, surtout à droite, j'opérai de nouveau les deux yeux en sens opposé, le 21 mai, et j'obtins immédiatement de chaque côté une pupille ovale transversalement. A droite, le bord marginal de la pupille resta complètement libre ; à gauche, il resta adhérent à la plaie de la cornée. Il survint à peine de l'irritation. Au bout de deux jours, les ligatures s'étaient détachées: les pupilles se contractaient promptemeni, (a gauche représentait mieux une fente que la droite. La vision s'améliora immédiatement aux deux yeux, étal qui a continué de progresser, probablement par suite d'une certaine diminution de la saillie de la cornée. Celte fille a pu reprendre son métier de domestique; même sans verres concaves, elle aperçoit assez bien les objets contenus dans un appar^ temenl ; elle voit encore mieux les objets éloignés avec des verres.

M. Bowman a essayé de pratiquer l'iridesis d'emblée des deux côtés du même œil, mais il a trouvé que, lorsqu'on faisait la seconde ligature, la première était exposée à être trop liraillée, de sorte qu'il vaut mieux pratiquer la seconde iridesis huit jours après la première. Il préfère la fente" verticale, comme offrant un meilleur aspect que l'horizontale et comme étant aussi plus favorable à fa vision : en général, l'amélioration produile par une première iridesis en bas est 1res marquée; celle qui succède à la seconde Test toujours moins, mais il est toujours bon d'y recourir dans les cas de conicité considérable. M. Bowman conseille d'opérer de bonne heure les cas légers et seulement en bas pour arrêter les progrès de la conicité. Hors des bons effets déterminés par la forme particulière donnée à la pupille, l'opération exerce encore une grande influence sur la diminution de la saillie de la cornée. Il n'est pas facile d'indiquer quelle sera dans chaque cas l'étendue exacte de ce résultat, mais il n'y a pas le moindre doule sur ce point, que la saillie de la cornée diminue

(1) Bowman. Loc. cit., p. 1G2.

promplement, et qu'elle continue de diminuer pendant un temps considérable après l'opération ; résultat qu'il faut attribuer à la diminution de la pression inlra-oculaire, bien que celle-ci ne soit pas augmentée dans la cornée conique. C'est donc en faisant tomber celte pression au-dessous de sa^niissance normale, de façon à ce que la cornée affaiblie n'ait qu'une impulsion moindre à supporter, qu'agit l'iridesis, de même que l'iridectomie, dont M. de Graefe a retiré, dans ces mêmes circonstances, des résultats favorables. Dans un cas de kéralocone très avancé, le malade a pu lire le n° 1 de Jaeger, quinze jours après l'opération, tandis qu'auparavant il ne pouvait lire que le n° 14 : la vision élait devenue aussi beaucoup plus correcte à dislance avec des verres concaves. Le résultat s'est maintenu pendant tout le temps que le malade a été tenu en observation (I).

SECTION II

HYDROPHTHALMIE OU HYDROPISIE DE L'ŒIL, (p. 242.)

| IV. Hydropisie sous-choroïdienne.

Syn. — Décollement, détachement, séparation, déplacement de la rétine. Décollement séreux de la rétine. Hydropisie choroïdienne, Desmarres.— Retina tremulans. Distacco délia retina, liai. — Ablôsung der Nelzhaut, Allem. Hydropisie sous-rétinienne.

Kig. ophihalni. Eo. Jaecek. Uber Staar nnd Slaaroperalioncn, fig. 26. — Quaulino. Loe. cit. 8g. XVI, XVII. — LiEBRticn, Tab. VII, fig. 1, 2. - SicnEL. Iconogr. PI. LXXX, fig. 4.— Rbete. Bildl. Darst. Lief. 1, 2, Tab. Vil, flg. IV, V, VI. Hydropisie sous-rélinienne.

Les connexions qui unissent la rétine à la choroïde peuvent être rompues à la suite de causes diverses, et de celle ruplure résulte le soulèvement de celle première membrane et la production d'une poche renfermant un liquide dont la nature et l'aspect peuvent varier. Connue depuis longtemps sous le nom « d'hydropisie sousrélinienne, » celle affection se reconnaissait, sans le secours de l'ophihalmoscope, à une tumeur grisâtre, flucluanle et mobile, dont l'éclairage au moyen d'une bonne lampe ou même la lumière du jour permettait de constater la présence dans le corps vitré et immédiatement derrière le système crislallinien. Il fallait pour cela que le décollement fût étendu, ce qui n'est plus aujourd'hui une condition de sa facile constatation, grâce à l'emploi de l'ophthalmoscope, qui permet d'en reconnaître aisément les degrés les moins avancés, ce qui, naguère encore, était parfaitement impossible.

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