ARC SÉNILE (ARGUS SENILIS
(T. Il, p. 306.)
Syn. — Dégénérescence graisseuse de la cornée el «lu cristallin. Atrophie de la cornée.
Paget définit l'arc sénile «des arcs ou ellipses troubles, d'un blanc grisâtre, que Ton aperçoit, près de la circonférence de la cornée, chez beaucoup de personnes âgées. » Il fait remarquer que les recherches de Canton, Quain, Williams et Virchow ont donné un intérêt nouveau à cet état de la cornée, en établissant qu'il est fréquemment le signe concomitant d'une dégénérescence beaucoup plus étendue qui échappe à la vue pendant la vie. « Ainsi, dit-il, cet état s'accompagne communément de la dégénérescence graisseuse ou calcaire de l'artère ophthalmique, de la dégénérescence graisseuse des muscles de l'œil, et surtout, chez les personnes âgées, de celle du cœur et de plusieurs autres organes. En un mot, l'arc sénile est le meilleur signe qu'on ait encore découvert de la propension à une modification graisseuse étendue ou générale des tissus. 11 s'en faut cependant que ce soit un signe infaillible, car on le rencontre dans des cas où la nutrition du reste du corps s'opère avec une vigueur évidente, et l'on sait, d'autre part, que l'arc sénile est dû parfois à de simples causes locales, telles que des affections inflammatoires de la choroïde ou d'autres parties de l'œil (1). »
L'arc sénile n'occasionne que rarement ou même jamais d'obstacle à l'exercice de la vision, lors même qu'il est très étendu, car il n'envahit jamais le centre de la cornée. Dans un cas, M. Mackenzie a vu
(t) Lectures on Surgical Palhology, 1833, Vol. 1. p. 147.
un arc sénilc s'accroître progressivement en largeur pendant plusieurs années, au point de menacer sérieusement la vue du sujet (1). M. Macmurdo en a rencontré un autre qui s'était porté progressivement vers le centre de la cornée, jusqu'à ne plus laisser de transparent qu'un espace de la largeur d'une tète d'épingle, à travers lequel le sujet voyait encore très bien (2).
Jusqu'ici l'on ne connaît pas de moyen d'arrêter, encore moins de faire disparaître l'arc sénile. « Il n'y a pas à douter cependant, dit Canton (3), qu'un traitement médical ne puisse beaucoup, avec le temps, dans les cas où il existe une disposition à la décadence de tout le système, disposition comprenant souvent une tendance à l'atrophie de beaucoup de tissus. J'ai rencontré un grand nombre de cas de celte nature, ajoute-t-il, pendant ces douze dernières années, et il est extrêmement intéressant de voir combien l'arc sénile s'efface, à mesure que s'améliore la santé générale (4). »