III. ' XLI
cornée, tout le traumatisme se passe au dehors de l'œil, et il n'y a lieu de craindre que très exceptionnellement de ces épanchements de sang qu'occasionne si souvent la blessure de l'iris et qui, pour se résorber habituellement avec facilité, n'en constituent pas moins un inconvénient et un danger. D'un autre côté, l'irideclomie laisse toujours la nouvelle pupille dans le champ de la partie obnubilée de la cornée ou du cristallin qui a motivé l'opération; il en résulte un trouble de la vue, des éblouissemenls et un défaut de netteté des perceptions, produits parla diffusion des rayons lumineux. L'iridesis, au contraire, en attirant, dans la direction de la pupille à établir, tout le limbe de l'iris, fait que celui-ci vient recouvrir, en partie ou en entier, les régions demi-opaques qu'il peut y avoir intérêt à cacher. Ces avantages appartiennent en propre à l'iridesis et suffisent à lui faire conserver la place que l'expérience lui a déjà assignée.
Ce n'est pas à dire pour cela que celte opération soit à l'abri de tout reproche. Ainsi, les hémorrhagies peuvent à la rigueur s'y produire, à la suite du décollement de quelque partie de la marge de l'iris, que l'on voit survenir dans les cas où il a fallu exercer sur celte membrane une traction immodérée, pour donner à la pupille l'excentricité nécessaire. Ces écoulements de sang, d'abord très légers et résultant de la déchirure de petits vaisseaux de la porlion ciliaire de l'iris, peuvent annoncer l'imminence d'une dialyse et indiquer qu'il est temps de cesser les tractions; ils ont à cet égard une utilité, puisqu'ils peuvent servir de guide au chirurgien. Les décollements ne se produisent pas seulement au point opposé au sens de la traction, mais aussi au voisinage de la plaie cornéenne; l'écoulement de sang et le décollement lui-même y sont moins fâcheux, mais le champ de l'opération s'en trouve caché, et il n'est plus possible alors de surveiller, avec le même succès, les limites au delà desquelles la traction doit s'arrêter pour éviter d'autres désordres.
Il est un autre inconvénient plus grave, inhérent à l'opération même, manifestant ses effets un temps plus ou moins long après qu'elle a été pratiquée et qui a été récemment signalé : il est la conséquence de la traction à laquelle l'iris est soumis après l'iridesis et d'où peuvent résulter des irido-cycliles et l'état glaucomaleux. Bien que les observations de semblables accidents soient encore très rares, il n'en faut pas moins tenir compte. Dans un cas signalé par M. Alfred Graefe (1), uu jeune homme, âgé de 23 ans, avait été opéré d'iridesis avec le plus grand succès pour des cataractes stratifiées aux deux yeux, sans aucunes complications : il lisait, à sa sortie, c'està-dire trois semaines après l'opération, le n° 1 de Jaeger à quatre ou cinq pouces, et le n° 20 à 15. Huit semaines s'étaient à peine écou-
(1) Arcliiv fur Ophlhalm. 1863, B. IX, Abtli. 3, S. 199.