‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 243 sur 273 · CÉCITÉ NOCTURNE. S · texte numérisé non relu

CÉCITÉ NOCTURNE. S

menl défaut. Dans les cas plus avancés, M. Quaglino (1) dit avoir constaté l'existence d'une teinte blanc grisâtre de toute la surface de la rétine, surtout au pourtour de la papille et le long des vaisseaux rétiniens, s'étendant même quelquefois jusqu'à la papille elle-même, et qu'il considère comme le résultat d'une infiltrai ion séreuse de la substance de la rétine et des libres nerveuses du nerf optique, due à une slase veineuse. Cet exsudât, dit-il, trouble la transparence de la rétine, lui donne une teinte grisâtre et par conséquent visible, et comprime la couebe des bâtonnets et des cônes, en les rendant moins aptes à recevoir les rayons qui émanent de corps éclairés par une lumière trop faible, comme celle du crépuscule et de la nuit. Cet élat se dissipe d'ordinaire après quelques jours d'internement dans une chambre obscure. Quand la maladie est plus avancée, les arlères sont plus petiles et cachées çà et là par le parenchyme de la rétine, dont le tissu parait hypertrophié; souvent même les fibres radiées du nerf optique perdent de leur éclat, au point de rendre méconnaissables les limites de la papille; il en résulte que cette dernière se confond avec le reste de la rétine, qui elle aussi est légèrement trouble. Plus tard enfin, surviennent les apparences propres à l'atrophie des vaisseaux de la papille, y compris le reflet blanc caractéristique plus ou moins prononcé de la substance nerveuse. Plusieurs auteurs ont prétendu reconnaître une altération épilhéliale de la conjonctive oculaire dans l'héméralopie (2) (v. p. 96). D'autre part, M. Gosselin a appelé l'attention sur la blépharile catarrhale, qui accompagnait l'héméralopie chez tous les sujets soumis à son observation, et croit qu'il suffirait ordinairement de traiter cette blépharite prêino- ?iitoire, pour prévenir le développement de la cécité nocturne. Tous ces faits sont évidemment isolés et n'ont pas la valeur que veulent y donner ceux qui les ont rapportés.

5. Deux moyens de traitement se disputent en ce moment la faveur de guérir l'héméralopie épidémique : le foie de mouton, de bœufet de morue sous diverses formes et les cabinets ténébreux. On a ressuscité, dans ces derniers temps, des médications très anciennes (3), telles que les fumigations de foie de mouton (4) ou de bœuf (S). Le foie rôti comme aliment (6) et l'usage interne de l'huile de foie de morue sont également vanlés (7). En ce qui concerne les fumigations, on est loin d'être d'accord sur leur efficacité ; celle-ci ne serait due,

(1) Quaglino. Des conditions pathologiques de l'héméralopie. (Giorn. d'oftulm. Ital. 1865, pp. 25, 120, 291, 575, et Ann. d'Ocul. 1866, t. LV, p. 97.)

(2) Bitot. Gaz. hebdom. 1" mai 1863, p. 284. — Villemaiîv. Id. p. 532. (5) Scabpa. Tratlato délie Malaltie degli Occhi, t. Il, p. 248. Pavie, 1816.

(4) Gaz. médicale de Toulouse, 1855, et Gaz. hebdom. 1855, p. 506.

(5) Deval. Gazette hebdomadaire, 1859, p. 189.

(6) De Grazia. Il Siglio medico, 1860, n° 551, et Ann. d"Ocul. 1860, t. XUV, p. 289.

(7) Desponts. Trait, de Théméralopie par lhuile de feie de morue à l'intérieur. Paris, 1863.

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selon M. Torresini (1) et M. Baizeau (2), qu'à l'action de la seule vapeur d'eau, qui, d'après les expériences de ces ailleurs, lorsqu'elle s'échappe d'une décoction de l'oie ou de bile, ne contient pas la moindre trace de matières organiques. Quant à l'emploi interne de l'huile de foie de morue, les effets n'en paraissent pas contestables. D'après M. Desponts (5), 100 grammes de cette huile suffisent en moyenne pour obtenir la guérison (4).

Obs. 270 (5).— Un soldat du 57e de ligne, âgé de vingt-trois ans, en garnison à Hàm, avait fait un séjour de plusieurs semaines à l'hôpital pour une incontinence d'urine. Il fut atteint d'Iiéméralopie un mois après sa sortie; il y avait en même temps un peu de larmoiement et un léger catarrhe de la conjonctive. La garnison entière ne présentai! aucun cas semblable, et déjà, l'année précédenle, seul dans son régiment, cet homme avait eu pendant trois mois et demi la même affection, qui avait guéri spontanément. On essaya d'abord la claustration dans une chambre obscure, niais le malade d'une intelligence bornée, se persuadait être puni injustement et passait son temps à pleurer et à dormir au lieu de s'exercera voir dans l'obscurité. La faradisalion n'ayant donné aucun résultat, M. Surmay eut recours à l'huile de foie de morue. Le 15 juillet, il prescrivit quatre cuillerées à soupe d'huile, deux le matin, deux le soir. Le 46, le malade dit éprouver une amélioration légère; le 17, elle était notable. Le mieux augmenta de jour en jour, et après moins d'une semaine de ce nouveau traitement, l'héméralopie avait complètement disparu. L'huile de foie de morue cessée le 26 juillet, fut reprise le 7 août. Le 20, la guérison était complète, il n'y eut point de rechute.

Le traitement par les cabinets ténébreux dû à Wharton (6), a été réhabilité par M. Netler. S'il est vrai, dit ce dernier (7), que l'héméralopie n'est, ténacité à part, qu'un éblouissement semblable a celui que nous éprouvons en entrant de jour dans un lieu très sombre, le moyen propre à faire disparaître le phénomène physiologique doit également, avec plus de persistance dans l'emploi, guérir le trouble morbide : or, l'auteur prétend qu'il en est ainsi. La cécité que nous éprouvons dans une cave s'y dissipe au bout de quelques instants de séjour. Un séjour de quelques heures dans un cabinet noir fait disparaître l'héméralopie, ce que du reste démontrent déjà les vingt-quatre observations publiées à l'appui de ce traitement (8).

Il ne suffit pas d'enfermer les héméralopes dans un cabinet noir en les y abandonnant à eux-mêmes; il faut qu'un infirmier reste avec eux et les surveille d'une manière constante, pour qu'ils ne se livrent point au sommeil, pour qu'ils n'aillent pas écarter les rideaux et rc-

d) Gaz. med. liai. Lombardia, 8 février 1 858.

(2) Union médicale, 1858, p. 583. „

(3) Loc. cit.

(4) Gossei.in. Acail. de méd. de Taris, séance du 15 juillet 18G2. — Baizeu1. Ce l'iiéméralopic épidémique Paris, 1858.

(5) Surmay. Bulletin médical de l'Aisne, 1860.

(6) Wiiakton, t. Il, p. 758, li^nc 22, et noie I.

(7) Loc. cilato.

(8) Annales d'hygiène cl Union médicale, 1858.

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