CORRECTION DE LA PRESBYOPIE DANS LA MYOPIE
124. — D'après ce que nous avons dit (84), il ne peut s'agir ici que de la diminution de la faculté accommodalive chez un myope de moins de | à -^ ; on n'aura donc à considérer que des myopies de^|-, -^-, ~; on déterminera leur punclum proximum, comme il a été exposé (34), et l'on opérera, pour le reste, de la même façon que pour l'emmétrope ; car le cas n'est pas différent.
Si le sujrt myope, affecté de presbytie, est dans les conditions indiquées (123,2°), s'il a été habitué à porter constamment des verres neutralisants, il deviendra nécessaire de lui conseiller l'usage de deux verres ; l'un concave pour la vision de loin, l'autre convexe pour la vision de près.
i. TRAITEMENT SECONDAIRE OU DES COMPLICATIONS.
12o. — La congestion choroïdienne étant Faîne de ces troubles secondaires , le remède le plus immédiat à y apporter consiste dans un traitement dérivatif simplement, si les conditions ne sont pas impérieuses, mais déplélil'en même temps, pourpeu qu'elles soient prononcées. Le moyen le plus efficace, à ce dernier égard, e'e>t la sangsue Ileurteloup ou la ventouse scarifiée aux tempes ou au-devant des oreilles, appliquées le soir, en faisant suivre l'application d'un repos de 24 à 36 heures dans une demi-obscurité. On joindra à ces déplélions, qui pourront parfois être répétées tous les huit jours, les dérivatifs habituels sur le tube intestinal, et les douches l taie lies sur
MYOPIE. cm
les yeux fermés, surtout au moyen du pulvérisateur, de deux à trois minutes chaque jour.
126. Insuffisance des droits internes. — Nous avons vu (121) que, parmi les complications de la myopie, il fallait donner une place importante à l'insuffisance des muscles droits internes. Le diagnostic de celle insuffisance s'établit pour nous dès que, pour une convergence de 2 pouces 1/2 à 5 pouces, un des yeux, couvert de la main, ne se maintient plus sur l'objet fixé, mais se met en divergence.
Dans ces conditions, l'indication à remplir est de reporter à une distance plus grande l'objet qui, placé à o ou h- pouces des yeux, détermine un effort de convergence excessif. A cet effet, on commencera par essayer des verres concaves; on les choisira de telle sorte (123, note) qu'ils portent à 12 ou 14 pouces le point r. Ils auront ainsi pour résultat de permettre l'éloignemenl, à deuxou trois pouces de distance de plus, de l'objet du travail ou de l'attention.
Il arrive cependant que, dans certaines circonstances, l'usage des verres lui même provoque l'« asthénopie musculaire. » C'est lorsque depuis longtemps un œil est exclus de la vision, eu égard au rapprochement obligé de l'objet. Alors, le replacer par l'éloignement du point r, danslescondilious possibles de la vision associée, c'est ramener les conditions de l'aslhéuopie musculaire ; car, en ce cas, l'insuffisance s'observe à tous les degrés de convergence. Or, rien n'est à redouter comme les conditions propres à faire naître ou revenir l'asthénopie musculaire.
Propriétés des prismes à base interne. — On a dû naturellement songer à la propriété des verres prismatiques à base interne, pour reporter, à quelques pouces plus loin du sujet, la convergence des axesopliques dans la vision de prés.
On voit dans la figure xxxvi qu'un objet étant placé à 6 pouces de distance en A, sera vu (image virtuelle) en B, à 8 pouces d'éloignemenl, si l'on interpose au-devant de chaque œil un prisme à base interne de 4°. L'angle visuel ne changera pas, non plus que la divergence des rayons, et cependant l'objet sera vu avec une convergence moindre des axes optiques, c'est-à-dire avec moins de tension oculaire et moins d'effort de la part des droits internes.
Si l'insuffisance est légère, ce moyen pourra cire suivi de succès, à titre palliatif, bien enundu. Il nous a réussi dans plus d'un cas et peut, d'ailleurs, être combiné avec l'action des verres concaves.
DIOPTR.IQUE PATHOLOGIQUE.
Celle méthode exige préalablement la mesure du degré de l'insuffisance pour qu'on puisse y approprier le degré du prisme.
Mesure du degré de l'insuffisance. — Voici le moyen Irès-ingénieux, imaginé par M. de Graefe, moyen qui donne à la fois la démonstration irrécusable et la mesure de l'inégalité du balancement musculaire: Lorsque la vision binoculaire simple a été suspendue pour une cause ou pour une autre, l'empire de la force accommodalive sur la synergie musculaire se voit aussi, dans de certaines limites, suspendu. Or, il est un moyen très simple de suspendre temporairement la vision simple: c'est de placer devant l'un des yeux un prisme dont on tourne l'angle directement en haut ou en bas. Ce prisme amène alors de la diplopie par différence de hauteur dans les images; et ces images doubles d'inégale hauteur, le sensoriuin ne témoigne aucune velléité de les fusionner. La nécessité de voir simple ne presse dès lors plus sur la convergence, et les axes optiques se placent sous l'angle le plus en rapport avec le balancement musculaire que détermine la seule synergie accommodalive. S'il y a concordance ou rapport régulier entre le balancement musculaire et l'accommodation , les images restent doubles par seule inégalité de hauteur; mais si l'harmonie n'existe pas entre l'accommodation et le balancement musculaire, les images doubles, par inégalité de hauteur, ne demeurent plus sur la même verticale; elles se déplacent subitement et deviennent ou croisées ou homonymes, en même lemps qu'inégalement hautes, suivant que la prépondérance appartient au système divergent ou, au contraire, aux forces convergentes. Il est alors facile de mesurer leur écarlemenl: cet écarlemenl sera donné par l'angle du prisme qui, porté en dehors ou en dedans, ramènera les deux images sur la même verticale.
Comme moyen pratique, on présente au sujet, à la distance de 6 pouces, par exemple, un papier ou un carton sur lequel est dessinée une ligne droite verticale, marquée en son milieu d'un point un peu plus étendu que l'épaisseur de la ligne. Cela fait, on met devant l'un des yeux un prisme de 12 à 14 degrés, ayant son angle dirigé en haut. A l'instant, s'il n'y a pas désharmonie, le sujet déclare voir une seule ligne et deux poinls, l'un au-dessus de l'autre.
Y a-t-il insuffisance des droits internes, l'effet accusé est autre, le sujet déclare voir deux ligues pa-
t. xxxvu. F. xxxviii. railèles et deux poinls inégalement élevés; et, de
plus, s'il s'agit de l'insuffisance des internes, les images sont croisées.
Voilà l'insuffisance des droits internes démontrée. Pour la mesure, on porte successivement devant l'un des yeux des prismes de plus en plus forls, en commençant par 2 à o°, dont on tourne l'angle en dehors ; le premier de ces prismes, qui ramène les deux lignes l'une sur l'autre (comme dans la lig. xxxvn), mesure exactement l'insuffisance.
Supposons que cet angle soit de 8°; on le partagera entre les deux yeux, et au moyen de ces lunettes prismatiques à angles réfringents externes, le sujet verra, sous une convergence de 8 pouces de dislance, par exemple, un objet situé en réalité à C pouces. Par là l'accommodation sera satisfaite, si
le sujet a son point r à G pouces; et Ton voit, d'aulre part, que le