‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 65 sur 273 · MYOPIE. CV · texte numérisé non relu

MYOPIE. CV

balancement musculaire ne le sera pas moins. Dans celle condition, les objets de l'attention prennent une augmentation de grandeur apparente; on en comprendra aisément la raison : pour un même angle visuel, la distance semble augmentée. (Voir fig. xliii (168.)

En diminuant très graduellement l'angle du prisme, on peut, dans certains cas, tenter une guérison complète. Cependant le succès n'est rien moins qu'assuré, et nous redoutons trop la possibilité de ramener un excès de tension pour conseiller un fréquent emploi de ce moyen à litre curalif. Nous en avons, au contraire, dans des cas nombreux, obtenu d'excellents effets comme paliialion de l'insuffisance. On peut l'associer avec un grand avantage aux verres concaves.

Exclusion d'un œil. — Mais, comme nous le disions plus haut, ces moyens sont souvent insuffisants ou conlre-indiqués : insuffisants, si le prisme exigéou le verre indiqué sont trop réfringents; contre-indiqués, s'il y a chance de ramener les conditions de l'aslhénopie, écartées précédemment par un strabisne instinctif.

Doit-on, en pareil cas, maintenir ou conseiller l'exclusion d'un œil? Ce moyen, souverain quelquefois, est souvent impraticable et l'instinct du sujet s'y refuse.

Dans d'autres circonstances, il peut paraître dur de se résignera condamner un organe. Ce parti sera cependant sage, si la myopie est excessive: on pourra alors exclure un œil pour la lecture, en le conservant pour l'écriture, où l'œil n'a besoin que d'une direction moins précise. Dans celle dernière occupation, on pourra s'aider avec moins de péril d'un verre prismatique approprié. Mais le vrai, le grand moyen c'est la lénotomie. Celle opération, exécutée comme nous l'avons décrite (1), est ici véritablement le salut de la fonction. Cette opération, dans ces circonstances, a cependant aussi ses indications propres. L'indication sine quâ non pour la lénotomie est la suivante : il faut que, dans l'essai pour la vision simple, à dislance, il y ait une certaine latitude de divergence en excès sur le parallélisme. C'est cette latitude qu'il faut corriger. Expliquons-nous: il peut arriver, et cela se rencontre dans les degrés très élevés de myopie, dans lesquels un grand allongement de l'œil est déjà produit, que le globe ait autant de peine à exécuter le mouvement de divergence que celui de convergence. Or, si les mouvements de l'œil sont ainsi fortement diminués dans les deux sens, ce n'est pas à une simple inégalité de partage que l'on a affaire: le mouvement en dedans n'est pas gêné par l'excès des tendances divergentes, il est absolument trop court. La section du droit externe, le recul de son insertion antérieure feront peu pour le mouvement en dedans et nuiront au mouvement en dehors.

Avant de se décider pour la lénotomie, il faut donc s'assurer que l'œil jouit d'une divergence suffisante, d'une ligne, par exemple, en dehors du parallélisme. On y parvient en plaçant devant les yeux un prisme à angle externe de 10 à 12 degrés. Si la vision associée (la myopie étant neutralisée) fusionne ces images, la ténotomie du droit externe peut être entreprise sans danger : on ne risque pas d'arriver, de ce côté, à de l'insuffisance.

127. — Parmi les complications de la myopie, on rencontre aussi parfois le spasme de l'accommodation ; son remède est dans les instillations de sulfate d'atropine répétées tous les jours pendant quelque temps.

Enfin, dans les conseils à donner à un jeune myope, entrera pour beaucoup le choix d'une profession. II faut à lout prix éviter celles qui exigent une forte convergence, c'est-à-dire les occupations trop délicates et amenant le sujet à se courber sur son ouvrage.

§ V. Myopie (in distans).

1 28. — Appliqué d'abord à des cas de myopie légère qui nele comportaient nullement, ce terme a désigné, en une certaine occasion, avec plus d'exactitude, un étal particulier dans lequel, eu égard au degré de la myopie, la netteté des objets éloignés était fort défectueuse.

(1) Leçons sur le strabisme, § 39-42.

CVI DI0PTR1QUE PATHOLOGIQUE

Ainsi, un individu myope à 1/30, qui pouvait conséquemment voir distinctement tout objet jusqu'à 30 pouces, quand on éloignait l'objet de 2 pieds 1/2 (30 pouces) à 3 ou 4 pieds ou davantage, ne les voyait plus distinctement, cela se conçoit, mais beaucoup moins distinctement qu'un myope de 1/6, par exemple, placé à ses côtés comme élément de comparaison. L'acuité était égale des deux, côtés, bien entendu.

M. de Graefe, à qui l'on doit cette observation, regarde comme probable que, lorsque le sujet portait son attention sur les objets distants, celte attention, au lieu de provoquer une tendance de relâchement dans l'appareil de l'accommodation, provoquait en lui un mouvement en sens opposé. L'accommodation se relâchait donc, pendant le recul des objets du punctum proximum, de 6 pouces à 30 pouces, puis, arrivée là et l'objet s'éloignant encore, elle revenait sur elle-même vers le punctum proximum.

Cette affection bizarre et dont il n'a point été rapporté d'autre exemple, ne peut se rapporter qu'à une perversion de l'appareil accommodatif ; elle est sans relation avec l'état de la réfraction fixe. Sur 2,500 cas de myopie, M. Donders ne l'a jamais observée.

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