‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 66 sur 273 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

ASTIGMATISME.

§ I. Définition.

129. -^ On désigne sous le nom d' « astigmatisme • (de a privatif, et uz\y\j.a point) une différence dans 1' « état de la réfraction » de deux méridiens, généralement rectangulaires, du globe oculaire.

Ainsi, le méridien vertical d'un œil étant emmétrope, le méridien horizontal du même œil peut être hypermétrope ou bien myope (astigmatisme simple, hypermétrope ou myope). La différence peut encore porter sur le degré seul de l'amétropie ; c'est-à-dire que, les deux méridiens étant tous deux myopes ou hypermétropes, ils peuvent l'être à des degrés différents. On nomme celte espèce « astigmatisme myopique ou hypermétropique composé.» Enfin, dans les deux méridiens, l'amétropie peut être disposée en sens contraire, l'un des méridiens caractérisé par l'hypermétropie, l'autre, au contraire, étant myope, (astigmatisme mixte).

3 II. Manifestation de l'astigmatisme.

150. — Un œil asligmatique étant placé devant un groupe de lignes verticales et un groupe de lignes horizontales de même largeur et séparées par les mêmes intervalles, les voit, supposerons-nous, assez nettement les unes et les autres à la même distance, tant qu'il ne fixe pas sur elles son attention ; mais vient-il à les observer avec exactitude, il s'aperçoit que les unes lui paraissent nettes et les autres confuses à une distance donnée, tandis que l'impression change pour une autre distance. A cette nouvelle station, les lignes

ASTIGMATISME. CVII

précédemment confuses deviennent nettes, tandis que les autres, premièrement nettes, deviennent, au contraire, confuses.

Si l'expérience est faite en s'éloignant du tableau, la distance à laquelle nait la confusion pour les lignes verticales, marquera le punclum remotum pour le méridien horizontal, et, réciproquement, la distance à laquelle les lignes horizontales cesseront d'être vues nettement indiquera la limite éloignée des impressions neltes du méridien vertical. On se rend aisément compte de ce fait :

Soit un groupe de lignes verticales placées en face de l'oeil : imaginons, en outre, que cet œil ne soit mis en rapport avec ces lignes que par son méridien vertical; chose facile, si l'on interpose tout contre la cornée la fente verticale de la lunette sténopéique. L'image de chacune des lignes verticales sur la rétine sera le résultat de l'intersection, avec cette membrane, du plan vertical passant par la fente sténopéique et chacune desdites lignes. Quel que soit l'état de la réfraction de l'oeil, tous les faisceaux lumineux seront renfermés dans ce méridien; rien ne débordera dans le sens horizontal. La ligne verticale a donc toujours une image nette dans le plan vertical.

Mais si, au lieu d'une ligne verticale, c'est une ligne horizontale qui est regardée à travers la fente verticale, son image n'y sera nette qu'au foyer exact; en deçà ou au delà, il y aura cercle de diffusion dans le sens vertical, et la ligne, au lieu d'être allongée, sera plus large et diffuse.

Il suit de là que l'état de la réfraction, dans le méridien vertical, est accusé par la manière dont sont vues les lignes horizontales, et réciproquement, l'état dioptrique du méridien horizontal par les lignes verticales.

Cette expérience , qui donne un premier moyen de mesurer approximativement l'état de la réfraction dans les deux méridiens cardinaux de l'œil, démontre que presque tous les yeux sont plus ou moins astigmatiques : seulement, dans les yeux dits normaux, la différence est légère et peut, à bon droit, être passée sous silence.

£ III. Mécanisme de l'astigmatisme.

loi — Kous avons, jusqu'ici, considéré l'œil comme ayant un point. pour foyer, en un mot, comme un appareil lenticulaire exactement centré, résultant lui-même de la combinaison de deux autres appareils également centrés, la cornée et la cristallin.

D'après ce que nous venons de dire, l'œil asligmalique ne saurait appartenir à un système centré. Voyons, en effet, la différence de la marche des rayons dans un système centré et dans un système qui ne l'est pas.

On sait, par suite de mesures relevées directement, que la cornée n'appartient pas à un système centré; cette membrane, que nous avons assimilée jusqu'ici à une sphère, appartient à une courbe plus complexe (un ellipsoïde à axes inégaux). Or, si le système dioptrique de l'œil n'était formé, délimité, que par la cornée seule, ce ne serait pas un cône régulier de rayons convergents qu'il formerait dans l'intérieur de l'œil, mais une surface plus complexe, que nous ne chercherons pas à définir ici, mais dont nous allons indiquer la caractéristique expérimentale.

Si nous avions affaire à un cône circulaire, comme nous l'avons considéré jusqu'ici, ce cône, étant coupé par un écran ou par la rétine, nous donnerait : au foyer même, un point; en deçà et au delà, une cercle d'autant plus grand que nous nous éloignerions davantage du foyer ou sommet du cône. Avec une cornée ellipsoïdale, il en est autrement :

\° Au lieu du point focal du cas précédent, nous rencontrons un petit cercle ; puis, en deçà et au delà une ellipse, ayant le grand axe dirigé en sens contraire des deux côtés du petit cercle focal;

Page 1