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DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE
2° A mesure qu'on s'éloigne du cercle focal, le grand axe s'allonge, le petit se raccourcit, le premier finissant par devenir une ligne droite et l'autre un point. Ce point correspond à l'étal exact de la réfraction dans le méridien parallèle à celui des axes de l'ellipse qui s'évanouit.
La figure xl représente cet état de choses : au moment où l'ellipse à grand axe vertical a. devient la ligne droite vv\ l'axe horizontal de ladite ellipse devient le point K,
lequel est le point exact de concours des rayons dans le méridien horizontal HH'. La distance OK est donc la longueur focale exacte dans ce méridien.
Les choses se passent en sens contraire, en deçà du cercle focal c; au moment où l'axe horizontal de l'ellipse ci devient la droite hh' , l'axe vertical de l'ellipse devient le point u, foyer des rayons parallèles dans le méridien vertical.
Nous arrêterons un moment l'attention de nos lecteurs, pour leur rappeler que celle surface a été calculée par noire illustre Sturm, qui avait cru trouver en elle l'explication de l'ajustement de l'œil aux distances, sans l'intervenlion de la faculté d'accommodation. Ce grand mathématicien supposait que, pour toute la distance qui sépare les deux droites hh' et vv', et qu'il appelait intervalle focal, les images étaient suffisammenl nettes; partant, nul besoin d'accommodation. Nous n'insisterons pas davantage sur ce point, aujourd'hui surabondamment jugé.
Celle figure et celte démonstration établissent ce qui se passe dans un œil dépourvu de cristallin, auquel, après en avoir corrigé l'hypermétropie (voyez Aphakie (MO)), on fait viser un point rond lumineux.
Au foyer exact, le poinl rond est vu avec sa figure ronde: la rétine est au pointe de la figure xl.
Ëloigne-t-on, ou au contraire rapproche-t-on la lentille qui corrige exactement i'aphakie, augmentant ainsi ou diminuant la réfraction, le cercle se change en une ellipse, puis bientôt en une petite droite verticale ou horizonlale, suivant le sens du mouvement.
C'est au moyen de celte jolie expérience que M. Donders a démontré (22) que l'œil privé de cristallin ne jouissait plus de la faculté d'accommodation.
Les phénomènes constatés dans l'œil asligmatique rentrent tous, ainsi que nous le verrons plus loin, dans le cadre de ceux dont les bases géométriques sont comprises dans l'analyse précédente. Ainsi, on reconnaîtra dans les deux lignes droites h h' et vv' de la figure xl les traces, sur la rétine, des lignes horizontales et verticales dans les méridiens de même nom, dans lesquels elles s'étendent sans déborder, et leur influence contraire dans le méridien opposé. On y remarquera également la dislance différente à laquelle se forme, dans ces deux méridiens, le foyer des rayons parallèles : tous caractères géométriques du défaut de symétrie des méridiens.
L'œil asligmatique est donc bien un œil asymétrique.
§ IV. Sïége de l'astigmatisme.
132. — L'asymétrie de l'œil, ou astigmatisme, apparlient-il à un seul des systèmes diopiriques de l'œil ou bien à tous les deux?
ASTIGMATISME. CIX
Nous savons déjà, par les mesures anciennes et récentes des courbures de la cornée, dans ses différents méridiens, que cette membrane appartient à une surface manifestement asymétrique (ellipsoïde à axes inégaux) ; son influence sur la production de l'astigmatisme est donc incontestable et incontestée. Maintenant, on doit se demander si le cristallin n'a pas aussi une part dans la production des phénomènes.
Or, on a reconnu que le cristallin a également, sur l'effet dioptrique final des deux systèmes lenticulaires combinés (cornée et lentille), une action propre, asymétrique dans bien des cas, action qui ajoute aux effets de l'asymétrie cornéale, ou qui les diminue.
On s'en est assuré en mesurant subjectivement l'astigmatisme, ou la résultante finale de la réfraction, et en comparant le résultat à la mesure de l'asymétrie cornéale, relevée objectivement. Or, on a trouvé qu'il y avait souvent une part à faire à une action asymétrique du cristallin lui-même, action tantôt positive (ou par addition), tantôt négative (ou par soustraction). Il y a contestation (statistique) sur la part numérique à faire au rôle correcteur ou aggravant du cristallin. Quoi qu'il en soit, la forte influence sur l'astigmatisme appartient sans conteste à la cornée.
Dans le plus grand nombre des cas, la réfraction, dans le méridien horizontal, s'est montrée moins forte que dans le méridien vertical, pour l'œil entier.
§ V. Astigmatisme normal et anormal.
135. — Quand l'asymétrie de l'œil entier dépasse une quantité de réfraction mesurée par -~y elle donne lieu à des incommodités dans l'acte de la vision, dont elle diminue l'acuité,; on a alors affaire à un œil pathologique ; c'est l'astigmatisme anormal.
154". Astigmatisme irrégulier. — Nous mentionnons seulement pour mémoire deux causes secondaires de production d'inégalité de réfraction entre les méridiens opposés de l'œil. L'une est l'obliquité du cristallin, côté étiologique qui n'a pas été étudié jusqu'à présent (Young cependant lui attribuait son propre astigmatisme); l'autre cause, à laquelle M. Donders a attribué dans l'origine, sur l'astigmatisme, une influence à laquelle il paraît moins tenir aujourd'hui, est l'inégalité de transparence des différents segments de l'œil, ou mieux : la différence de tra?isparence amenée par Vûge entre les segments et les interstices hexagonaux qui les séparent.
Dans ces deux cas, obliquité du cristallin et inégalité de transparence des segments et des interstices, un même méridien semblait présenter cette particularité d'offrir des longueurs différentes d'un côté du centre et de l'autre. Cela est vrai pour l'obliquité de la lentille. Quant à l'autre circonstance, la différence de transparence entre les segments et les interstices hexagonaux du cristallin, nous avons, à propos du mécanisme de la « production des images multiples de la polyopie uni-oculaire» (95), exposé comment il ne nous paraissait point du tout que cet étal du cristallin accusât l'existence de longueurs focales différentes dans un même méridien. Tous ces segments, qui donnent lieu, en effet, à des images séparées quand l'écran ou la rétine ne sont pas au foyer, n'en donnent qu'un (toutes se fusionnant ensemble) au foyer lui-même.
CX DIOPTRIQl'E PATHOLOGIQUE.
§ VI. Symptomatologie.