‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 80 sur 273 · SPASMES DE L ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

SPASMES DE L ACCOMMODATION

§ I. Myosis et myotiques. — Fève de Calabar.

161. — On donne le nom de myosis (lium, je ferme) au rétrécissement anormal ou excessif de l'ouverture pupillaire.

Par l'effet des connexions nerveuses établies entre l'iris et le cercle ciliaire, le rétrécissement de la pupille se lie à la contraction du muscle qui préside à l'accommodation. L'étude de ces deux états sera donc associée comme l'a été celle des états opposés des mêmes organes. Et, de même que celte dernière a dû se fonder d'abord sur l'analyse expérimentale, de même encore, nous éclairerons l'élude du myosis et du spasme de l'accommodation, par l'analyse préalable des effets des substances qui déterminent artificiellement ces états anormaux.

Un assez grand nombre de substances exercent sur le rétrécissement de la pupille une action incontestable, telles sont : le Semen santoninum, le daphné mézéreum, le (abac, l'aconit, le seigle ergoté, la ciguë, la digitaline, la morphine (antagoniste de l'atropine en cette circonstance comme dans ses autres effets), mais, au premier rang, la fève de Calabar (Physostigma venenosum (1).

Nous choisirons donc la fève de Calabar pour type dans l'étude de l'action myotique.

i. EFFETS EXERCÉS SUR LES ÉLÉMENTS ORGANIQUES DE L'OEIL PAR LA FÈVE

DE CALABAR.

Parmi les principaux effets observés après l'application de la solution de la fève de Calabar sur la conjonctive, on doit citer la contraction de la pupille, ainsi que la contraction de l'appareil accommodatif, et, après quelques minutes, de légères convulsions de la paupière inférieure.

lo Action sur la pupille. — La contraction de la pupille commence après cinq à dix minutes, atteint son maximum entre 50 et 40, diminue lentement après trois heures et disparaît complètement en deux à quatre jours, remplacée quelquefois par un peu de dilatation. L'effet général est plus rapide que celui de l'atropine. L'effet myotique dépasse celui de la plus forte lumière ou de la plus puissante accommodation (de Graefe); néanmoins l'influence de la lumière sur la pupille ne cesse pas pour cela, et un excès nouveau de lumière rétrécit encore la pupille. On peut s'en assurer par la méthode entoptique (8), en soumettant l'œil libre à l'action subite d'une vive lumière, et en observant, au moyen du trou d'épingle placé devant l'œil qui a

(1) Voyez, pour ses effets généraux, Wam-omokt, Annales d'Oculistique, sept.-oct. 1863.

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