‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 88 sur 273 · PRINCIPES GÉNÉRAUX PHYSIOLOGIQUES DE LA VISION BINOCULAIRE. CXXXIX · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX PHYSIOLOGIQUES DE LA VISION BINOCULAIRE. CXXXIX

pie du changement de grandeur apparente, sans changement de disstance de l'objet, mais par modification de l'angle visuel.

Quand on accole ensemble deux lentilles convergentes, le centre optique du système se trouve transporté entre les deux lentilles.

Si, au-devant d'une lentille convexe, on présente une lentille concave, le centre optique du second système devient postérieur à celui du premier état dioptrique.

Dans le premier cas, l'angle visuel est donc accru d'autant, la distance diminuant entre l'objet et le centre optique.

Dans le secoud, il est diminué pour la raison inverse.

Au point de vue monoculaire, les images données par le verre convexe sont donc légèrement augmentées, celles résultant du verre concave quelque peu diminuées.

Mais si l'on réfléchit aux conséquences de la vision binoculaire, on peut comprendre aisément que cette modification (toujours légère) de l'angle visuel peut ne pas produire constamment tous ses effets. La position du centre des verres, si elle reste en parfait rapport avec l'axe optique de chaque œil dirigé sur un point donné, laisse les axes optiques dans leurs rapports réguliers avec la position de l'objet. La grandeur de l'angle visuel modifié conserve alors toute son influence sur la notion finale de grandeur de l'objet.

Mais imaginons que les centres de ces verres soient déplacés par rapport à l'axe optique, de façon à produire un effet prismatique de déviation externe, l'intersection des axes optiques se fera plus loin qu'à l'œil nu, comme elle se fera plus près, au contraire, si l'effet prismatique est inverse.

Or, la première circonstance agrandit virtuellement l'objet, la seconde la diminue. Dans chaque cas d'application des lunettes, la nolion de grandeur apparente se fondera donc toujours sur la supériorité relative de l'un de ces deux éléments, s'ils viennent à être mis en opposition.

En d'autres termes, l'usage des verres convexes, considérés isolément, agrandissant les images, le déplacement de leurs centres en dedans ajoutera à cet effet; leur déplacement en dehors exercera une influence contraire. Inversement, l'emploi des verres concaves, centre pour centre avec les pupilles, diminuant les images, le déplacement de leurs centres en dedans joindra son effet à la diminution première; leur déplacement en dehors agira en sens opposé.

Ces déplacements devront être pris en grande considération et mis en usage, dans toutes les circonstances dans lesquelles il y aura une insuffisance du mouvement musculaire associé, dans le sens de l'adduction mutuelle ou, au contraire, de la divergence.

La figure xliii aidera à l'intelligence de ce qui précède; elle montre l'effet d'agrandissement de la dimension apparente d'un objet, procuré

DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE

par l'action de deux prismes à angle externe, l'angle visuel demeurant le même.

ab étant l'objet vu sous un angle visuel de 10°, par exemple, à la distance de 8 pouces, paraîtra en AB sous le même angle visuel, si

l'on place devant les yeux les prismes p et />'; ces prismes en effet déplacent sensiblement l'angle visuel dans son entier sans l'altérer. Mais la notion de grandeur entre ABetaô est, elle, singulièrement modifiée.

Les prismes étant tournés en sens contraire, on comprend que l'effet serait exactement inverse.

Il est facile de passer de là à l'influence exercée par la position relative des verres de lunettes binoculaires.

Prenons, par exemple, les g" XL111' verres bi-convexes.

Partant de la correspondance exacte de leurs centres avec ceux des pupilles et la position de l'objet, imaginons qu'on rapproche les centre' des verres : on présente à chaque œil une région du verre qui, en sus de la qualité propre de la lentille, jouit de la propriété prismalique à angle extérieur. On produit donc un effet semblable à celui exposé par la figure xliii.

Ainsi, il y a agrandissement de l'objet par deux causes : augmentation plus ou moins marquée de l'angle visuel; éloignement virtuel de l'objet.

Celte augmentation appliquée, mutatis mutandis, au rapprochement des centres et aux verres concaves, permettra de résoudre en chaque cas tous les problèmes de cet ordre.

§ IV. Rapports de la convergence avec l'accommodation.

IG9. — L'association des deux facteurs de l'acte visuel repose donc sur ces deux principes que, pour toute dislance du point de mire ou d'attention :

1° Les deux axes optiques (et leurs pôles, les maculœ luleœ) sont en concordance convergente sur ce point.

2° Les accommodations de chaque œil sont également en rapport avec cette distance.

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