‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 89 sur 273 · PRINCIPES GÉNÉRAUX PHYSIOLOGIQUES DE LA VISION BINOCULAIRE. CXLI · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX PHYSIOLOGIQUES DE LA VISION BINOCULAIRE. CXLI

Ou a cru longtemps ces rapports absolus et sans variations possibles. Une étude attentive a rectifié l'opinion sur ce point.

Quand les deux axes sont en parallélisme, l'emmétrope peut disposer d'un tiers environ de sa faculté accommodative positive. Ainsi, du côté des objets rapprochés, deux verres concaves de -£p (ou deux fois -jj-) peuvent encore procurer des images nettes.

Dans les mêmes conditions, le myope ne jouit que du quart environ de cette accommodation positive; l'hypermétrope, au contraire, peut employer les 5/5 de cette même étendue.

Si l'on rapproche le point de mire (convergence mutuelle des axes), l'emmétrope ne peut se maintenir en convergence persistante sur ce point, que s'il lui reste, en deçà de ce point, une quantité d'accommodation positive tolérablement grande relativement à la négative; c'est-à-dire si, pour ce point, il est encore capable de voir nettement avec des verres de un à deux vingt-quatrièmes (négatifs).

Dans l'amétropie : il en est autrement, et les rapports sont changés.

Ainsi, dans la myopie, la difficulté de maintenir la vision binoculaire en convergence sur un point donné, ne dépend pas de l'accommodation, pour laquelle la partie positive est toujours relativement grande; mais bien de la convergence des deux axes, pour le maintien de laquelle les muscles extrinsèques sont promptement insuffisants.

Il en est tout autrement dans l'hypermétropie : dans ce genre d'amélropie, les yeux sont promptement impropres à la vision binoculaire : mais c'est l'accommodation qui manque la première. Cependant la convergence lui fait gagner un ou deux vingt-quatrièmes.

Ce qui doit demeurer dans l'esprit à la suite de cet exposé, c'est que si, chez l'emmétrope, accommodation et convergence sont généralement en rapport, le sujet ayant, pour chaque degré de convergence, la disposition d'une certaine quantité d'accommodation positive et négative, il n'en est plus de même dans l'amétropie.

Dans l'amétropie par excès (myopie), l'accommodation, toujours surabondante pour les fortes convergences, est presque en déficit pour les convergences légères. Le myope, pour les convergences supérieures à son punctum remotum, ne cherche pas à accommoder.

L'hypermétrope, au contraire, pour les courtes distances, n'a plus d'accommodation disponible, il n'a que la convergence, qui est facile. Pour les convergences éloignées, c'est différent : il accommode avec excès, par le fait de l'habitude acquise, habitude sans laquelle il fut demeuré quasi amblyope.

L'usage constant des verres correcteurs ramène graduellement les amétropes aux conditions de l'amétropie; et c'est un résultat qu'il est bon de s'attacher à obtenir.

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