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sujets que les personnes opulentes et adonnées aux plaisirs de la table; tandis que, dans les pays du continent européen qui produisent le vin, et surtout en Autriche, où le vin est la boisson de toutes les classes de la société, la goutte, et surtout ce que nous appelons la goutte irrégulière, est très commune, même parmi les gens les plus pauvres.
Il est certain que l'iritis arthritique s'observe rarement dans la première période de la goutte, celle que l'on peut appeler pléthorique, alors que les facultés digestives du malade, s'exerçant encore bien, lui permettent de se livrer à son penchant pour l'abondance des aliments et des boissons. Elle se montre plus souvent dans la seconde période, ou période asthénique, alors que de fréquentes attaques de la maladie ont amené l'affaiblissement du corps et de l'esprit, la dyspepsie, les flatulences , la langueur et l'irrégularité des excrétions.
J'ai rarement rencontré cette maladie sur des constitutions régulièrement goutteuses. Les sujets que j'en ai trouvés atteints avaient, en général, plus de 50 ans ; ils avaient le teint maladif, et étaient, pour la plupart, sinon pas tous, de grands fumeurs et de grands buveurs
de l'organe. Les premiers symptômes qui indiquent la tendance vers celte terminaison (ainsi que cela s'est manifesté dans le petit nombre de cas que j'ai observés) sont un certain degré d'œdème et de gonflement à la partie antérieure ou latérale du globe de l'œil, immédiatement derrière l'insertion ciliaire de l'iris. Il se forme bientôt en ce lieu une tumeur distincte qui, au bout de quelques jours, s'élève en pointe, blanchit et se ramollit à son sommet : lorsqu'elle s'ouvre, la matière qu'elle contient ne s'écoule que lentement par l'orifice ; elle est plus foncée en couleur, plus épaisse et plus tenace que le pus ordinaire. En même lemps que l'abcès s'ouvre ainsi à l'extérieur, on le voit aussi pointer versla chambre antérieure. La portion contiguë de l'iris est poussée en avant, au point de venir presque se mettre en contact avec la cornée: bientôt la tumeur s'ouvre , et la même matière tenace qui s'échappe par l'ouverture extérieure, se dépose en flocons dans la chambre antérieure ; mais on ne la voil ni s'enfoncer dans Vhiimeur aqueuse, ni se mélanger avec elle, comme dans l'hypopion ordinaire. L'iris et la cornée sont tous deux promptemenl détruits par mortification et ulcération ; l'humeur aqueuse, le cristallin et une portion de l'humeur vitrée s'échappent au dehors ; la sclérotique se contracte sur le vide qui en résulte, et finalement la chambre antérieure se trouve oblitérée. »
On peut prétendre que la maladie décrite par les auteurs que je viens de citer, est réellement syphilitique, et qu'il n'y a point de motifs suffisants pour soutenir qu'elle est de nature scrofuleuse: mais si l'on se rappelle qu'elle est une conséquence inusitée de l'iritis syphilitique et qu'elle survient, au contraire, sur des sujets scrofuleux, n'ayant jamais eu d'affection de cette nature, l'objection perd de sa valeur. Il est bon aussi de se rappeler qu'une inflammation qui commence par être syphilitique peut devenir scrofuleuse par suite de la prédominance de cetle cachexie dans l'économie, ou être modifiée, dès son début, par la dialhèse scrofuleuse \ de sorte que sa marche peut être ainsi influencée par deux maladies constitutionnelles. 11 arrive même parfois que, dans le traitement de l'inflammation du globe de l'œil, le médecin se trouve avoir à lutter tout à la fois contre l'influence de la syphilis, de la scrofule et du rhumatisme, ce qui constitue un cas hérissé de difficultés.
J'ai si fréquemment rencontré, dans ma pratique, des cas semblables à ceux que je viens de rapporter, sur des personnes scrofuleuses et même atteintes d'affections glandulaires de cette nature, qne je ne crois pas qu'il puisse exister de doute sur la nature de la maladie. Sur une dame non mariée, âgée d'environ 20 ans, tout l'œil fut rempli par nue masse solide jaunâtre présentant toutes les apparences d'un tubercule scrofuleux, et suppurant en plusieurs endroits, au point de me permettre de faire passer une sonde en diverses directions, presque d'un côté à l'autre. Le contenu de l'œil se brisa en fragments qui s'échappèrent avec le pus, laissant au fond de l'orbite une sclérotique affaissée et rétractée, tout autre symptôme morbide ayant si bien disparu que la malade put porter sans gêne un œil artificiel. J'ai maintenant devant moi le dessin de l'œil d'une jeune malade de 8 a 10 ans, chez laquelle un tubercule jaune, de la dimension d'un petit pois, se forma sur l'iris pendant une inflammation, et vint s'ouvrir près de la circonférence de la pupille, laissant son contenu se projeter clans l'humeur aqueuse, dans laquelle, toutefois, il ne se répandit point,mais resta a l'état solide jusqu'à ce que l'absorption vint s'en emparer. T. W.]
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de whisky; ils avaient souvent souffert d'affections rhumatismales, de céphalalgie, avaient les gencives et les dents en mauvais état, des aigreurs, des flatulences et de l'abattement. Les autres iritis attaquent des tissus qui , jusque-là, étaient sains; mais j'ai souvent été conduit à penser que les particularités que l'on observe dans l'iritis arthritique étaient dues à ce qu'elle se développe dans des tissus où la circulation sanguine est déjà affaiblie ou dérangée par les effets de l'âge ou d'autres causes. Me trouvant dans l'impossibilité de déterminer quelle est la diathèse qui prédispose à cette ophthalmie, je me sers du mot arthritique comme d'un terme de convention, mais sans y donner strictement le sens que l'on attache à celui de goutte.
Les Allemands regardent la congestion ou la pléthore abdominale comme la grande cause prédisposante de l'ophthalmie arthritique. Ils attribuent cet état pléthorique des viscères abdominaux aux mets indigestes, à une nourriture mal choisie, qui déterminent l'accumulation de la graisse , la constipation et les hémorrhoïdes. Il est fort possible que la diathèse d'où dépend l'ophtlialmie arthritique soit le résultat d'un dérangement de la digestion. Les malades sujets à cette affection sont le plus souvent obligés de recourir aux stimulants pour exciter l'appétit et provoquer les évacuations alvines. 11 y a apparence que leur estomac ne produit qu'un chyle de mauvaise nature et que celui-ci altérant le sang, la circulation se dérange; l'on voit ainsi survenir, des maladies inflammatoires de mauvaise nature, et parmi elles l'ophthalmie.
L'iritis arthritique débute de deux façons : dans l'une, elle est primitive, et c'est la seule affection dont l'œil soit atteint; dans l'autre, une ophthalmie commune, comme la rhumatismale, la catarrho-rhumatismale , la syphilitique, ou la traumatique, chez un individu prédisposé, dégénère en ophthalmie arthritique. La même chose arrive quelquefois pour la production de l'iritis syphilitique. L'iritis arthritique débute plus fréquemment de cette dernière façon que de la première.
Symptômes. — Les symptômes généraux de l'iritis existent dans la variété arthritique; c'est-à-dire, la sclérotile zonulaire, le changement de coloration de l'iris, le trouble de la pupille, avec les altérations de forme, de dimension et de mobilité, l'affaiblissement de la vision et la douleur dans l'œil et à son pourtour. Toutefois, ces symptômes sont liés à quelques particularités et modifiés de façon à permettre un diagnostic facile.
1. Rougeur. — La conjonctive est parcourue, ainsi que la sclérotique, par un grand nombre de vaisseaux dilatés. La rougeur a une teinte pourpre. Les artères visibles des yeux, qui émergent des muscles droits, ou plutôt peut-être les veines qui les accompagnent, manifestent dès le début une forte disposition à devenir variqueuses,
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(V. fig. 91 et 92 D. 1. 1, p. 650), et finissent par être tellement dilatées, quelles constituent un des symptômes caractéristiques de l'iritis arthritique. La sclérotique perd son aspect naturel et devient d'une couleur violet grisâtre et sale. La plupart de ces apparences, et surtout la coloration livide et la dilatation variqueuse des vaisseaux sanguins, sont considérés comme les indices d'une grande atonie, qui explique pourquoi le traitement antiphlogistique réussit moins bien contre cette variété d'irilis que contre les autres.
2. Sécrétion des paupières. — L'épiphora qui accompagne l'inflammation arthritique de l'iris oblige les malades à ouvrir et à fermer fréquemment les paupières. Ces mouvements déterminent l'expulsion d'une matière écumeuse blanchâtre qui s'attache à leurs bords libres, surtout vers les angles de l'œil, et qu'on peut aisément distinguer des sécrétions ordinaires fournies par la conjonctive ou les follicules de Méïbomius. Cette mousse ou cette écume paraît à première vue formée de globules aqueux extrêmement petits ; mais, en y regardant de plus près, on voit qu'elle consiste en une substance épaisse de nature sébacée. On ne l'a point, que je sache, examinée chimiquement; mais on a supposé qu'elle pouvait contenir de l'urate de soude. M. Canton a remarqué qu'à mesure que l'urine se charge de sels, ce dépôt blanchâtre diminue proportionnellement clans les angles de l'œil ; il dit que lorsque ce symptôme existe, on se trouve bien de prescrire les alcalis avec la teinture d'aconit et le vin de colchique (1).
5. Anneau arthritique. — Un des signes diagnostiques de l'iritis arthritique, sur lesquels on aie plus insisté, est l'existence d'un anneau d un blanc bleuâtre quientoure la circonférence delà cornée. Cet anneau ne se montre pas toujours, surtout au début du mal, tout autour de la cornée, mais seulement à ses côtés temporal et nasal, (fig. 92, B.t. I, p. 650) Cet anneau ne doit point être confondu avec Yarcus senilis, formé par l'extrémité de la sclérotique qui empiète naturellement sur la cornée, et qui devient plus épais et plus opaque à mesure que l'âge avance. Dans .l'iritis arthritique, il forme contraste, d'une part, avec la zone rouge scléroticale qui se termine brusquement, et, de l'autre, avec la cornée transparente. Son importance comme signe diagnostique de l'ophthalinie arthritique a été exagérée ; car on l'observe quelquefois dans l'iritis syphilitique ou rhumatismale, surtout lorsque ces affections se déclarent sur des sujets avancés en âge (2).
k. Changements dans l'iris et la pupille. — Glaucome. — Amaurose. — Atrophie de l'œil. — Béer pense que les changements qui surviennent dans l'iris et la pupille se présentent sous deux aspects différents, suivant l'état de la constitution des malades. J'ai néanmoins observé ces deux séries de symptômes chez le même individu. Un malade que
(1) Médical Times and Gazette, April 24, 1852, p. 428.
(2) Voyez Jones, London Médical Gazette, vol. XIII, p. 817.
j'ai traité offrit, lors de sa première attaquera contraction de la pupille droite, et dans une attaque subséquente la dilatation de la pupille gauche. J'estime que cette différence tenait à ce que la pupille avait conservé sa sensibilité dans le premier cas, tandis que dans le second il y avait amaurose. La pupille ne se contracte, dans rophlhalmie arthritique, que lorsque la rétine a conservé sa sensibilité; quand elle Ta perdue, l'inflammation ne fait point contracter cette ouverture.
Ainsi, chez quelques individus, la pupille se contracte, et comme elle est remplie de lymphe plastique, elle devient adhérente à la capsule, comme cela se voit généralement dans les autres espèces d'iritis. Le seul symptôme caractéristique en pareil cas, outre le cercle blanc qui entoure la cornée, c'est l'état variqueux des vaisseaux de l'iris, que l'on peut apercevoir, lorsque la maladie est complètement développée, se ramifiant sur la surface de l'iris, ou venant former un réseau sur les limites de la pupille contractée. Le pigment de l'iris parait alors quelquefois absorbé. On en voit fréquemment des parcelles adhérentes à la capsule. Assez souvent la cornée est trouble, dépolie et inégale comme dans la cornéite. Dans un cas que j'ai observé, il se forma au centre de la cornée un ulcère qui pénétra si profondément, que la lame élastique postérieure ou membrane de Descemet se trouva mise à découvert, vint faire saillie en avant, et donna naissance à une hernie considérable de la cornée. Il fallut la retrancher d'un coup de ciseaux, et toucher l'ulcère avec le caustique lunaire pour obtenir la formation d'une cicatrice. Dans Tiritis arthritique avec contraction de la pupille, si l'on abandonne l'œil à lui-même, il ne suppure pas; mais son contenu s'absorbe peu à peu, et, à la fin, son volume diminue considérablement.
D'autres fois, la maladie attaque un œil qui est déjà amaurotique ; de sorte que l'on a la combinaison de l'amaurose avec l'inflammation arthritique . La pupille, en pareil cas, ne se dilate souvent que sur un ou deux points de sa circonférence, de sorte qu'elle affecte une forme irrégulièrement ovale. La rougeur variqueuse de l'œil, la sécrétion écumeuse sur les paupières, l'anneau blanc autour de la cornée, et la douleur intense autour de l'orbite, tout cela existe ; mais il n'y a point de lymphe épanchée. Le pigment forme souvent une sorte de frange au bord delà pupille; l'œil paraît dur comme une pierre. Le cristallin devient d'abord glaucomaleux, puis cataracte. Les changements ultérieurs que l'œil peut éprouver sont ceux dont je parlerai à l'article Glaucome.
Dans la première série de cas, ceux dans lesquels la pupille se contracte, il y a lieu de supposer que parfois l'humeur vitrée est absorbée graduellement, et qu'il s'opère entre la choroïde et la rétine un épanchement aqueux par suite duquel la rétine est comprimée de manière à former une corde s'étendant de l'entrée du nerf optique à la partie
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postérieure du cristallin (1). Cet état s'accompagne ordinairement de l'ossification de la choroïde. L'ossification de la capsule du cristallin est aussi assez fréquente dans la période atrophique de l'iritis arthritique.
5. Douleur. — Il arrive quelquefois qu'avant tout autre symptôme d'ophlhalmie arthritique, le malade éprouve dans les parties qui entourent l'œil, des mouvements douloureux, ou une sensation de fourmillement sur la peau de la face. L'œil et l'orbite deviennent bientôt le siège d'une douleur déchirante qui s'étend à la tempe et s'élance par accès dans les mâchoires. Pendant que se forment les altérations que nous avons décrites, il survient toujours des attaques de douleur intense , s'aggravant en général vers minuit, mais dans quelques cas s'apaisant à peine quelques instants dans les 24 heures. Le malade est prévenu de leur arrivée par une sensation de picotement autour de l'œil, suivie d'un flot de larmes ; ensuite la douleur se fait sentir, et devient dans quelques cas si violente que le malade se tord et pousse les cris de désespoir les plus perçants. Une fièvre intense accompagne ces attaques de douleur.
Causes prédisposantes et excitantes. — Les malades atteints d'iritis arthritique ont été pendant longtemps sujets à diverses affections de l'estomac, telles que nausées, vomissements, flatulences, éructations acides et douleurs à l'épigastre. On observe fréquemment aussi chez eux de l'irrégularité dans les fonctions intestinales, des hémorrhoïdes, des douleurs et des crampes dans diverses parties du tronc et des membres, la déformation des petites articulations, de la céphalalgie, des vertiges, des éruptions de tubercules à la face, se terminant par suppuration, de rabattement d'esprit. Un des cas les plus graves que j'aie observés est celui d'un aubergiste qui, quoique très sobre, avait été atteint pendant de longues années de gutta rosacea (couperose). Un mauvais régime, une vie sédentaire, l'abus des alcooliques et du tabac, ont en général agi depuis longtemps en détériorant la constitution chez ceux qui sont atteints de cette espèce d'iritis.
Les symptômes locaux que nous avons déjà détaillés fournissent des éléments suffisants au diagnostic; mais on peut ajouter qu'à l'œil comme dans plusieurs autres parties du corps, l'inflammation arthritique apparaît sans cause appréciable, tandis qu'on peut presque toujours rapporter l'iritis rhumatismale à l'action du froid. L'iritis arthritique éclate quelquefois au milieu de la nuit, pendant que le malade est chaudement et tranquillement dans son lit; elle ne parait due à aucune cause excitante externe, mais bien à un état général de la constitution, influencé peut-être par les organes digestifs. Le chagrin paraît quelquefois agir comme cause excitante.
('.) Voyez une observation de C. D. avec dissection, par Watson. Edinburgh Médical and Surgical Journal; vol. XXXV. Edinburgh, 1851.