RÉT1N1TE PRODUITE PAR LA LACTATION TROP PROLONGÉE
rhéïque. Elles se sont beaucoup fatiguées à soigner leur enfant, en le nourrissant exclusivement de leur lait, et en le laissant prendre le sein la nuit pendant qu'elles dormaient ; elles n'ont point pris elles-mêmes des aliments suffisamment variés et nutritifs, vivant presque exclusivement de thé et de pain, et recourant pour soutenir leurs forces aux boissons alcooliques. Un excès de fatigue des yeux employés à coudre ou à quelque travail de ce genre, le manque de sommeil la nuit, des inquiétudes d'esprit et d'autres causes, concourent fréquemment, avec la lactation inopportune ou prolongée, à produire la maladie. Des mois et même des années peuvent être consacrés à un traitement le mieux approprié, avant qu'on puisse réussir à arrêter les symptômes et à rendre quelque force à la vision.
Quant au traitement, la première chose à faire est d'arrêter la lactation. Les symptômes sont souvent si pressants qu'il faut la faire cesser brusquement ; sans cela tous les autres moyens ne serviraient à rien. Malgré l'état de faiblesse générale, on ne peut négliger les symptômes de congestion locale, la réaction vers les organes de la vue, et l'inflammation existante de la rétine. Il ne saurait être question de la saignée générale ; mais les symptômes sont souvent tels qu'ils exigent qu'on tire du sang de la région des tempes à l'aide de sangsues ou de ventouses scarifiées. Une contre-irritation produite à l'aide de petits vésicatoires derrière les oreilles, à la tempe ou au front, est aussi convenable. Des compresses trempées dans l'eau froide et appliquées au front et aux tempes procurent un grand soulagement.
Après avoir vidé les intestins à l'aide d'un laxatif, on doit avoir recours à quelque préparation mercurielle douce, telle que les pilules bleues ou le mercure à la craie, avec de petites doses de sulfate de quinine, le tout deux ou trois fois par jour jusqu'à ce que les gencives s'affectent.
Lorsque la vue s'éclaircit sous l'influence de ces remèdes, la principale indication est alors de redonner du ton au système à l'aide des ferrugineux et autres toniques. La malade doit alors recourir à un régime doux et nutritif, moitié animal, moitié végétal, mais éviter, en général, l'usage du vin, de l'aie et des spiritueux. On doit régler avec soin les fonctions de l'intestin, et prescrire l'éloignement de toute cause de fatigue, d'excitation et d'inquiétude. Les yeux doivent rester en repos, et n'être employés à aucun usage fatiguant. L'exercice en plein air et- l'habitation à la campagne sont des moyens auxiliaires fort importants.
Les symptômes externes qui accompagnent si souvent cette affection réclament l'emploi des moyens ^recommandés d'ordinaire contre l'ophthalmie tarsienne, la conjonctivite phlycténulaire et la cornéite. L'usage d'un collyre contenant de l'extrait de belladone ou de l'atropine
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adoucit la plupart de ces symptômes. Quand la maladie commence à céder, on instille avec avantage, de temps en temps, quelques gouttes de vin d'opium dilué dans l'œil.
SECTION XXXIV
INFLAMMATION DU CRISTALLIN ET DE SA CAPSULE (1). Syn. — Cristallino-capsulitis et lentitis.
La cataracte lenticulaire commune , qu'elle soit molle ou dure , paraît être la conséquence d'un obstacle à la nutrition ou d'un trouble de cette fonction, dont les causes sont encore peu connues; les opacités de la capsule, au contraire, sont probablement le résultat de l'inflammation, et ressemblent sous ce rapport aux taches de la cornée. Les cataractes capsulaires et capsulo-lenticulaires ne se présentent ordinairement à notre observation qu'après que l'inflammation qui y a donné naissance , s'est apaisée ; mais on peut quelquefois être assez heureux pour rencontrer la maladie à la période aiguë. Walther (2) a minutieusement décrit les particularités que l'on observe alors, et j'ai eu maintes fois l'occasion de vérifier l'exactitude de sa description.
Walther dit que l'inflammation de la capsule du cristallin se rencontre en général vers l'âge moyen de la vie et sur des sujets légèrement cachectiques. Cela est parfaitement exact ; cependant, dans plus d'un cas de syphilis congéniale, j'ai vu une inflammation si intense de la capsule, qu'à l'œil nu cette partie paraissait complètement recouverte de vaisseaux rouges; état observé assez fréquemment chez le cheval (5), mais que je n'ai jamais rencontré chez l'homme adulte.
On observe fréquemment l'inflammation de l'hémisphère antérieure de la capsule du cristallin, tandis que la postérieure paraît exempte de la maladie. Comme ces deux hémisphères sont anhystes et privées de vaisseaux dès l'instant de la naissance, ceux qui y
[(1) Rien n'est moins démontré que l'existence de la capsulile et de vaisseaux développés dans la capsule. Tous les travaux modernes sur la cataracte capsulaire tendent, au contraire, à démontrer qu'il ne s'en développe jamais dans cette membrane. Nous avons nous-mêmes examiné minutieusement une trentaine de capsules malades, et jamais nous n'y avons pu reconnaître la moindre trace de vaisseaux sanguins. (Testelin. Note sur quelques points de la structure du cristallin et de sa capsule. Annales d Oculistique, t.. XXXIV, p. 109; t. XXXV, pp. 61, 109.)
Nous sommes convaincus que les vaisseaux que l'on a remarqués sur la capsule, cl que l'on a cru appartenir à cetle membrane, appartenaient à des exsudations de l'iris déposées sur elle, et dans lesquelles des vaisseaux sanguins s'étaient constitués L'erreur tient sans doute à ce que les auteurs qui ont admis cette alléralion pathologique n'ont point examiné les capsules au moyen du microscope. Celte rechercbe ne laisse, à cet égard, aucune espèce de doute. L'auteur aurait pu sans nuire, nous semble-t-il, faire disparaître de son livre toute cette section qui consacre de nombreuses erreurs trop longtemps accréditées. T. W.]
(2) Abhandlungcn aus déni Gebiele der praclischen Medicin ; vol. I, p. 55. Landshut, 1810.
(5) Leblanc. Traité des maladies des yeux observées sur les principaux animaux domestiques, p. 409. Paris, 1824.