‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 18 sur 147 · INFLAMMATION DU CRISTALLIN ET DE SA CAPSULE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DU CRISTALLIN ET DE SA CAPSULE

deviennent visibles pendant la maladie ne peuvent être que des prolongements que les vaisseaux voisins envoient à leur surface, ou de ceux de nouvelle formation dont la lymphe épanchée est l'origine.

1. Inflammation de l'hémisphère antérieure de la capsule. — Elle se rencontre plus souvent dans les yeux à teinte claire que dans ceux à teinte foncée, et s'accompagne toujours d'un léger changement dans la couleur de l'iris et dans la forme de la pupille ; l'iris devient un peu plus foncé et la pupille irrégulière. Les mouvements de l'iris sont d'abord vifs et étendus, mais deviennent ensuite lents et bornés. La pupille est généralement plus petite qu'à l'état sain, mais elle est quelquefois irrégulièrement dilatée. On voit ordinairement apparaître autour de sa circonférence un cercle noir ou rougeâtre, de largeur variable, dû au pigment de l'uvée qui devient apparent, ou à des productions vasculaires de l'iris.

Outre ces symptômes, un grand nombre de vaisseaux rouges se montrent dans la pupille elle-même ; les plus gros sont quelquefois visibles à l'œil nu, mais le plus grand nombre ne s'en peuvent voir qu'à l'aide d'une loupe ou du microscope ophthalmique. Ce qui, au premier abord, n'apparaît que comme un point rouge, prend sous le microscope l'aspect d'un lacis délicat de vaisseaux. Si l'on fait usage pour cet examen d'une lentille simple, celle-ci doit avoir environ un demi-pouce de foyer, et le malade être placé, par rapport à la lumière, de façon à ce que les parties situées dans la pupille soient bien illuminées et que la lentille et la tète de l'observateur n'y portent point d'ombre. On peut, afin d'obtenir la plus grande dilatation possible de la pupille, introduire quelques gouttes d'une solution d'atropine entre les paupières de l'œil alfecté, une heure avant l'examen ; l'autre œil doit rester fermé. La sensibilité n'étant pas fort augmentée dans cette ophthalmie, le malade peut supporter sans malaise l'accès d'une lumière vive dans la pupille dilatée.

Les vaisseaux rouges, dans l'inflammation de l'hémisphère antérieure de la capsule, constituent un réseau vasculaire que l'on aperçoit à environ un quart de ligne de distance du bord pupillaire de l'iris. Ce réseau constitue un cercle concentrique à l'intérieur de la pupille, formé non-seulement par un petit nombre de vaisseaux disposés circulairement, mais par un grand nombre de houppes vasculaires. (La fîg. 3 montre, amplifié, l'aspect de ces altérations.) On voit de nombreux vaisseaux, partant de la circonférence de la capsule, se porter en rayonnant vers ce réseau. D'autres vaisseaux paraissent en,Pruntc;eù waiiher. provenir de l'uvée ; mais ils ne sont pas constants, et ne se montrent que lorsque la maladie a duré assez longtemps. D'autres fois , suivant Walther, les vaisseaux semblent plutôt se porter de la capsule à la

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face postérieure de l'iris. Ceux qui se portent de l'iris à la capsule ne proviennent jamais du bord de la pupille, mais de la face postérieure de l'iris ; de sorte que, dans la largeur d'une ligne environ, la circonférence de la pupille est dépourvue de ces prolongements vasculaires. Du réseau vasculaire dont nous venons de parler, d'autres vaisseaux s'étendent vers le centre de la capsule antérieure, où ils forment de nouveaux amas et de nouvelles houppes. La continuité des vaisseaux que l'on aperçoit dans diverses parties de la pupille, parait interrompue dans certain points ; cependant elle n'est pas douteuse. Leur petite dimension l'ait qu'on ne les distingue que lorsqu'ils sont dilatés et que plusieurs en sont réunis ensemble.

2. Inflammation de l'hémisphère postérieure de la capsule du cristallin. Cette maladie est beaucoup plus rare que l'inflammation de l'hémisphère antérieure. On la reconnaît facilement à la situation profonde occupée par l'opacité et à la disposition étoilée des vaisseaux. Les deux hémisphères de la capsule peuvent être enflammées ; en pareil cas, derrière les vaisseaux rouges que l'on aperçoit dans la capsule antérieure, on voit un réseau de vaisseaux plus délicats qui paraissent situés dans le cristallin lui-même. Les troncs les plus volumineux de ce réseau viennent évidemment, suivant Walther, de la surface postérieure, se portent directement en avant, et se divisent alors en branches. (Lafîg. 4 fait voir ces vaisseaux amplifiés.) La distribution de ces vaisseaux ressemble à celle qu'affecte l'artère centrale empruntée à Waiiher. du COpps yitré gur ['hémisphère postérieure de

la capsule, chez le fœtus.

5. Comme le cristallin est nourri par la capsule, il n'y a pas à s'étonner que lorsque celle-ci s'enflamme, des vaisseaux se portent de sa surface à l'intérieur de la lentille. L'existence de vaisseaux se portant dans le cristallin est tout à fait morbide, et Walther la compare à ce qui se passe dans l'inflammation thoracique, où des vaisseaux se prolongent de la plèvre à la pseudo-membrane qui se forme à sa surface. Il dit que, de même que les vaisseaux de l'hémisphère antérieure se portent en avant sur la face postérieure de l'iris, de même ils s'enfoncent aussi en arrière dans le cristallin , et qu'il en est de même relativement à l'hémisphère postérieure de la capsule. Suivant lui, on voit venir les vaisseaux les plus volumineux du cristallin enflammé d'arrière en avant. Il semblerait aussi que toutes les inflammations du cristallin débutent dans la capsule; circonstance que Walther considère comme l'analogue de l'extension de l'inflammation des procès ciliaires ou de l'iris à la capsule. Il est probable que la congestion des vaisseaux de la zonule de Zinn accompagne toujours l'inflammation de n'importe quelle partie de l'appareil cristallinien.

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