‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 53 sur 147 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

ïyn. — rXauxo3[j.a, Hipppcrale. Tirô^'j^a % Ôtto^usi; ùypo'j, Galien. Sufïusio, Celse. Gultn opaca. Aqua ; aqua descendens in oculo ; aqua; descensus, vel calaracla, traducteurs latinobarbares des œuvres d'Albucasis et autres Arabistcs. Caligo lenlis, Cullen. Der graue Staar, Allemand.

SECTION Irc.

Par le mot Cataracte (1), on désigne une opacité située entre l'humeur vitrée et la pupille.

Les parties que l'on rencontre dans cet espace sont, d'arrière en avant : 1° l'hémisphère postérieure de la capsule cristalline ; 2° la lentille cristalline et 5° l'hémisphère antérieure de la capsule cristalline. Chacune de ces parties peut perdre sa transparence et donner lieu ainsi à une cataracte capsulaire ou à une cataracte lenticulaire, suivant que l'opacité siège dans la capsule ou dans la lentille. La face interne de

(1) Les Grecs ne se sont jamais servis du mot xatappâxT/i? pour désigner une maladie. Voici de quelle façon l'on en est venu à appliquer le mot latin calaracla à une maladie de l'œil : Galien appelait l'affection qui nous occupe înroyupia ou ÛTrô^uatç ûypoù; c'esl-à-dire suffusion ou écoulement d'une humeur ; les Arabistes ont traduit cette expression par des mois que leurs traducteurs latino-barbares ont rendus littéralement par aquœ descensus, d'où est venu calaracla qui est synonyme de la première expression. Dans une des éditions lalines d'Albucasis, il y a un chapitre intitulé: De cura aquœ quœ descendit in oculo vel calaracla. Ducange renvoie aux Acta Sanctorum pour l'emploi du molcataracta, désignant une maladie de l'œil.

la capsule, dans l'état naturel, adhère intimement à la face externe de la lentille par l'intermédiaire des cellules intra-capsulaires de Werneck; mais cette adhérence du cristallin à sa capsule est quelquefois détruite par suite d'un état morbide, et il se dépose alors entre eux un liquide opaque qui constitue ce que l'on a appelé cataracte de 3Iorgarjni. Toute opacité située dans l'intérieur du tissu de la capsule ou à l'intérieur de sa cavité, s'appelle cataracte vraie. Cette définition s'applique à toutes celles que nous venons d'énumérer.

Entre la capsule cristalline antérieure et la pupille, se trouve l'humeur aqueuse de la chambre postérieure. Elle ne peut point devenir opaque sans que la totalité de l'humeur le devienne; mais elle peut être remplacée par une substance opaque, telle que de la lymphe coagulée, du pus, du sang ou du pigment de l'uvée. Cette sorte de cataracte s'appelle cataracte fausse; elle a son siège en dehors de la capsule.

Les anciens chirurgiens croyaient que la cataracte était due à l'épanchement d'une humeur (v7ro%uanç Cypou) entre l'uvée et le cristallin, devenant peu à peu solide, et recouvrant la face antérieure du cristallin à la manière d'un voile : on rétablissait la vision en déprimant, à l'aide de l'aiguille, cette humeur concrète. Lasnier, Rolfink, Borel, au xvne siècle, démontrèrent la fausseté de cette opinion : la dissection fait voir, en effet, que le dépôt d'une fausse membrane dans l'ouverture pupillaire peut bien constituer une fausse cataracte , mais que la vraie cataracte est due à une opacité du cristallin lui-même.

Que la cataracte soit vraie ou fausse, l'opacité d'une partie naturellement transparente intercepte, à un degré plus ou moins prononcé, le passage des rayons lumineux à l'intérieur de l'œil; l'impression sur la rétine en est rendue imparfaite, et il s'ensuit une cécité partielle. La cataracte ne détermine jamais la cécité absolue.

Quand on emploie le mot cataracte sans autre qualification , on désigne ordinairement l'opacité de la lentille. Quand nous disons, par exemple, que la cataracte est une maladie lenle, dont le développement exige des mois et des années, nous entendons parler de la calaracle lenticulaire, les autres espèces, notamment les cataractes fausses, pouvant se développer en quelques jours ou même en quelques heures. Jl parait cependant que la cataracte lenticulaire elle-même peut se produire en très peu de temps. Richter cite le cas d'une cataracte qui s'était formée dans l'espace d'une nuit. Chez un malade atteint de la goutte, et qui avait exposé ses pieds pendant une nuit à l'action du froid , la goutte rétrocéda et la vue se perdit. Richter le vit le lendemain matin et constata la présence d'une cataracte complète d'un gris de perle (1). M. Wathan croyait que les forgerons et

(1) Treatise on Ihe exlraclion of ihe Calaracl: translatée! from llic German; p. 5, London, 1797.

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