‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 59 sur 147 · OPÉRATION · texte numérisé non relu

OPÉRATION

Avant d'exposer les méthodes d'opérer la cataracte, il y a quelques questions générales qui demandent à être examinées.

1. Quand un seul œil est malade, doit-on opérer de suite, ou attendre que l'autre le soit devenu aussi ? Quelques chirurgiens disent qu'il faut s'abstenir à cause de la différence du pouvoir visuel qui existera entre les deux yeux si l'opération réussit ; différence qu'on peut certainement faire en partie disparaître par l'usage de verres convexes, mais qui sans ce moyen rend la vue si confuse que, pour être capable de bien voir, l'opéré est obligé de fermer l'un ou l'autre de ses yeux. La pratique la plus générale en semblable circonstance consiste donc à attendre. Mais d'autres praticiens recommandent l'opération immédiate; ils affirment qu'en éloignant la cataracte d'un œil, on peut l'empêcher de se former à l'autre , et que, si elle a déjà commencé à se montrer, on peut espérer la guérir à l'aide de remèdes externes et internes, lorsqu'on a, par une opération, rétabli la vision de l'œil complètement cataracte. La sympathie qui existe entre les deux yeux est incontestablement très forte, et l'on peut aisément concevoir qu'elle agisse en provoquant des affections analogues dans les cristallins, de même qu'elle détermine fréquemment des altérations semblables des rétines, et d'une façon encore moins équivoque des ophthalmies identiques. S'il était bien établi que la cataracte pût ainsi se développer sympathiquement, il n'y a pas le moindre doute qu'il faudrait enleverla cataracte déjà formée, quand même il n'existerait pas encore de trace d'altération sur le cristallin du côté opposé; mais le fait n'est pas démontré. Chez les sujets âgés, la cataracte attaque ordinairement les deux yeux dans l'espace de quelques mois ; mais dans l'âge moyen on la rencontre souvent sur un seul œil, l'autre restant sain pendant des années.

2. Quand les deux yeux sont également affectés, doit-on les opérer tous deux en même temps? Mon expérience personnelle me porte à répondre à cette question de la manière suivante : Si l'on a recours à l'opération par division, il faut opérer des deux côtés à la fois; mais s'il s'agit de l'extraction, il vaut mieux n'opérer qu'un seul œil et attendre le résultat avant de toucher à l'autre. L'extraction pratiquée des deux côtés à la fois expose davantage à l'inflammation. Si l'on n'opère que

capsule ou renverse le cristallin, et promet la guérison sans opération ! On conçoit combien de semblables manœuvres, pratiquées sans discernement et sur des malades abandonnés ensuite a eux-mêmes, doivent amener de désordres. T.W.]

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d'un seul côté, peut-èlre remarquera-t-on dans le cours de la guérison de la première opération quelques particularités qui seront grandement utiles pour la conduite à tenir lors de la seconde, [et qui conduiront même à recourir pour le second œil à une autre méthode opératoire mieux appropriée au cas présent. Il faut dire cependant que le malade qui a déjà subi une opération, qu'elle ait réussi complètement ou à ^moitié, ou pas du tout, refuse souvent de se soumettre à une seconde.

La séquestration, l'abstinence et les déplétions auxquelles on a eu recours lors de la première opération, sont quelquefois cause que l'œil qu'on n'a pas touché s'enfonce tellement dans l'orbite, qu'il devient difficile d'y pratiquer l'extraction.

5. Doit-on faire subir quelque préparation au malade avant de le soumettre à l'opération de la cataracte? On croyait autrefois qu'il fallait recourir à un traitement préparatoire long et sévère, consistant dans la saignée , les ventouses scarifiées , les purgatifs et un régime léger. De nos jours, nous sommes peut-être tombés dans un excès contraire, en ne tenant aucun compte des précautions à prendre pour prévenir l'inflammation. Comme il est de la plus haute importance que la guérison puisse s'effectuer sans qu'il se développe d'inflammation, il peut y avoir avantage à saigner le malade avant l'opération, pour modérer la force de la circulation et afin de pouvoir découvrir par l'aspect du sang s'il n'existe pas actuellement dans l'économie quelque travail inflammatoire. Si le sang est couenneux, il y aura de l'imprudence à procéder de suite à l'opération. Il vaut mieux ne pas opérer les femmes enceintes, l'agitation occasionnée par la crainte pouvant déterminer l'avorîement.

Si les fonctions des intestins sont troublées, que la langue est sale et qu'il y a de l'inappétence et de la céphalalgie, il faut prescrire tous les deux ou trois jours une dose de calomel à prendre le soir, suivie le lendemain matin d'un purgatif salin additionné de séné, jusqu'à ce que tous ces symptômes aient disparu. On doit, même lorsque le malade semble en parfaite santé, lui administrer à intervalles convenables quelques légers purgatifs salins, et lui prescrire un régime antiphlogistique pendant huit ou dix jours avant l'opération. Les affections catarrhales et la toux contre-indiquent l'opération, surtout l'extraction.

Le malade doit manger peu immédiatement avant l'opération" et éviter soigneusement tout aliment de digestion difficile.

Quand on a fixé le moment dune opération, il ne faut point le changer sans de bonnes raisons ; car l'anxiété du malade s'accroît d'heure en heure et il s'exagère considérablement les dangers qu'il redoute.

Y a-t-il une saison de l'année plus convenable qu'une autre pour pratiquer l'opération (1)? On choisissait autrefois le printemps ; néan-

(i) Consultez Himilton, London and Edinburgh Monthly Journal of Médical Science, Mardi. 1845, p.20i.

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