POSITION DU MALADE PENDANT LES OPÉRATIONS DE CATARACTE, ETC
moins c'est peut-être la plus mauvaise saison de Tannée, à cause de la prédominance à cette époque des affections catarrhales, rhumatismales et inflammatoires. Les malades qui sont sujets à ces sortes d'affections ne doivent être opérés que pendant les jours secs de Tété ; mais une cataracte qui dépend d'une cause purement locale, chez une personne d'ailleurs saine, peut être opérée en toute saison, pourvu que le malade puisse être bien abrité et bien soigné.
5. Dans les cas de cataracte congéniale, doit-on attendre que le malade soit arrivé à un âge qui lui permette de comprendre l'importance de la vue qu'on veut essayer de lui rendre, ou pratiquer immédiatement l'opération? Il faut très certainement opérer pendant l'enfance, et autant que possible avant le commencement du travail de la dentition. Si Ton retarde l'opération, la capsule devient opaque et coriace, et par conséquent plus difficile à écarter, et de plus les yeux, qui n'ont aucune perception distincte des objets, contractent l'habitude invétérée de rouler çà et là ; de sorte que, longtemps après que la pupille a été éclaircie par l'opération, les efforts volontaires ne peuvent encore suffire pour arrêter ce mouvement irrégulier (i). Le docteur Farre , en parlant des résultats des opérations de M. Saunders, établit que la sensibilité de l'œil sur plusieurs enfants guéris à l'âge de quatre ans et audessous, était égale à celle des yeux d'enfants qui auraient joui de la vision depuis leur naissance, mais qu'à partir de huit ans, et même au-dessous, la sensibilité était déjà évidemment diminuée: elle était encore moindre à douze ans ; mais, à partir de l'âge de 15 ans et audessus, elle était généralement très imparfaite et ne consistait plus quelquefois que dans la simple perception de la lumière (2).
SECTION X
POSITION DU MALADE PENDANT LES DIVERSES OPÉRATIONS DE LA CATARACTE. — MOYENS DE FIXER L'OEIL. — EMPLOI DU CHLOROFORME.
Dans les opérations qui se pratiquent sur les yeux, la position du malade, celle de l'aide et de l'opérateur ont beaucoup d'importance, il faut surtout que les deux premiers comprennent bien ce qu'ils ont à faire. Trop de hâte de la part d'un aide ignorant, ou un manque de patience de la part du malade, peuvent en un instant neutraliser l'adresse la plus consommée d'un habile opérateur.
Un jour ou deux avant l'opération, le chirurgien doit essayer si le
(1) Ce mouvement n'est pas toujours dû à ce que les yeux sont affectés de cataracte; il constitue souvent une maladie concomilante, Toscillalion, et elle est alors loin de disparaître même après la destruction de la calaracte.
(2) Saunder's Treatise on some Practical Points relaling lo tlie Diseases of Ihe Eye, p. 154 , London, 1811.
malade laisse bien relever et maintenir ses paupières avec le doigt, comme il faudra quelles le soient pendant l'opération. Quelques personnes le supportent facilement, d'autres avec beaucoup de peine. Celles-ci ne peuvent pas porter facilement leur œil dans la direction que le chirurgien leur indique ; cet organe est pris de spasme musculaire, et, au moment de compléter la section, le cristallin et l'humeur vitrée peuvent jaillir ensemble au dehors. Cette excitation produite par la .pression nécessaire pour maintenir la paupière peut être portée au point de détourner le chirurgien de recourir à l'extraction.
Il faut choisir une lumière bien claire et fixe, pénétrant dans l'appartement par la fenêtre seule près de laquelle on doit opérer le malade, et non par les autres.
Quelques opérateurs placent le malade sur une chaise, tandis qu'un aide se tient derrière lui ; d'autres le mettent sur une table, couché sur le dos et la tête appuyée sur un oreiller : un aide est chargé de maintenir Tune ou l'autre paupière; enfin il en est qui n'emploient pas d'aide du tout.
î . On fait asseoir le malade sur un tabouret peu élevé, ou sur une chaise sans dossier, la tète appuyée sur la poitrine d'un aide placé derrière lui. S'il s'agit, je suppose, d'opérer l'œil gauche, le malade se placera, le côté gauche légèrement tourné du côté de la fenêtre. Il peut saisir avec la main les bords de son siège, mais il doit être bien prévenu que, dans aucun cas, il ne doit les porter vers les yeux. S'il ne peut se rendre assez maître de lui pour cela, un aide placé de chaque côté doit lui tenir les mains.
L'aide est chargé d'empêcher la tête de s'incliner brusquement en arrière et de maintenir la paupière supérieure relevée. Il saisit de la main gauche le menton du malade, tandis qu'avec l'extrémité de l'index, ou de l'index et du médius de la main droite appliqués sur le bord de la paupière supérieure, il la soulève aussi complètement que possible, l'applique sur le contour de l'orbite, et met à découvert la partie supérieure du globe de l'œil. Il dispose ses doigts de façon à ce qu'ils dépassent suffisamment le bord de la paupière pour que, si l'œil du malade se tourne en haut, il les rencontre, et que la crainte qu'il ressent en quelque sorte de ce contact le fasse retourner dans une position convenable. En général, l'aide non-seulement n'a pas à exercer de pression sur l'œil dans aucun temps de l'opération, mais il doit au contraire éviter de le faire.
L'opérateur s'assied devant le malade, et près de lui, sur un siège d'une hauteur telle que la tête de l'opéré se trouve de niveau avec la poitrine de l'opérateur, qui peut ainsi observer facilement tout ce qui se passe dans l'œil, et n'est pas obligé de trop élever ses bras pendant l'opération. L'opérateur doit alors essayer la pointe de son aiguille ou de son couteau, en lui faisant traverser un morceau de peau très