POSITION DU MALADE PENDANT LES OPÉKATIONS DE CATARACTE, ETC
mince et bien tendue. Si la peau est traversée sans qu'il se produise aucun son, la pointe est bonne. En supposant toujours qu'il s'agisse d'opérer l'œil gauche, il saisit l'instrument de la main droite, tandis qu'avec l'index de la main gauche il attire en bas la paupière inférieure, en disposant l'extrémité de ce doigt sur le bord de la paupière de façon à toucher légèrement le globe de l'œil. Il place le doigt médius sur la caroncule lacrymale et lui fait toucher le côté nasal de l'œil pour le fixer et l'empêcher de se porter, comme il n'a que trop de tendance à le faire, vers le nez ; position qui peut déterminer des accidents sérieux, si l'œil la prend après que l'opération est commencée.
L'œil se trouve ainsi fixé sans pression par la disposition, que nous venons d'expliquer, des doigts de l'aide et de l'opérateur. De quelque côté qu'il se tourne, il rencontre la pointe d'un doigt, excepté vers la tempe, par où le couteau ou l'aiguille doivent être introduits.
On a inventé pour fixer l'œil diverses sortes de spéculum, de pointes et de crochets ; mais on les a tous abandonnés, à l'exception du spéculum en fil d'argent replié. (Fi g. 71, t. î, p. 545.) On emploie quelquefois celui-ci , surtout chez les enfants , pour maintenir la paupière supérieure relevée; on l'applique quelquefois à sa surface externe, mais le plus souvent en le plaçant sous le bord de la paupière.
[ïl est cependant encore bon nombre de chirurgiens, et des plus habiles, qui ne dédaignent pas de recourir à l'emploi de ces fixateurs pour le premier temps de l'extraction, la section du lambeau cornéen. Dire que l'application de ces instruments n'offre jamais d'inconvénient et que, pour être le plus souvent inutile entre des mains habiles, il est néanmoins telles circonstances où elle peut être du plus grand secours, c'est en justifier suffisamment l'usage. En effet, l'on voit souvent, chez certains malades qui paraissaient d'abord promettre l'immobilité la plus absolue et la plus parfaite docilité, l'œil, à peine attaqué, fuir dans le grand angle et s'y cacher de façon à apporter le plus grand obstacle à la contre-ponction. Les instruments fixateurs préviennent cette difficulté.
Celui qui est le plus en usage, sans doute parce qu'il est le plus simple, est la pique de Pamard. Elle consiste en une sorte d'aiguille dont la pointe est limitée à un millimètre environ par deux arrêts perpendiculaires qui l'empêchent de pénétrer aune profondeur plus grande dans la sclérotique sur laquelle on l'applique. Celte aiguille, montée sur un manche, a une courbure qui lui permet d'être facilement passée au-dessus du nez pour aller se fixer au côté interne de la sclérotique, où elle est maintenue par la main qui ne tient pas le couteau. 11 faut avoir soin de l'appliquera trois ou quatre millimètres de la cornée, un peu au-dessus du diamètre transversal que doit traverser le kératotôme, autrement les deux instruments courraient risque de se rencontrer. Dès que la contre-ponction est faite, la pique devient inutile.
Le dé imaginé par M. Desmarres, et dont il donne la description, ne semble pas avoir de grands avantages sur ce dernier instrument que son auteur semble même lui préférer.
Le fixateur imaginé par M. Luèr, et représenté ci-contre, est une sorte de fourche à deux branches dont les deux extrémités finement acérées sont recourbées à angle droit, dans une direction opposée, et perpendiculairement au plan passant par l'origine des branches.
Porté sur le globe de l'œil de façon à ce que le manche lui soit perpendiculaire, le fixateur offre ses pointes parallèles à la conjonctive ; pour que celle-ci soit appréhendée, il faut appuyer légèrement sur le globe, puis faire exécuter à l'instrument un demi-cercle de gauche à droite : la conjonctive se trouve alors saisie par les deux pointes qui dans ce mouvement sont dirigées dans le même sens. Pour le retirer, il suffit de faire faire à l'instrument un mouvement en sens contraire à celui d'introduction.
[Fig.75.] Cet ophthalmostat, dont la figure ci-contre ne donne qu'une idée imparfaite, offre sur la pique de Pamard cet avantage de ne pas pénétrer dans la sclérotique, et, ne prenant pas d'appui sur elle, de ne point exercer sur le globe cette compression qu'il est si important d'éviter, surtout dans l'opération de la cataracte par extraction. T. W.]
Si c'est l'œil droit qu'il s'agit d'opérer, le malade se place le côté droit dirigé un peu vers la fenêtre; l'aide met sa main droite sous son menton, et relève la paupière supérieure de la gauche, tandis que l'opérateur saisit son aiguille ou son couteau de la main gauche.
2. Certains chirurgiens préfèrent que le malade soit couché sur une table ; ils font valoir que la tète est ainsi maintenue plus immobile et que la position est beaucoup plus convenable pour le cas où le malade tomberait en syncope. Quand l'opérateur choisit la position horizontale, s'il est ambidextre, il s'assied, ou se tient debout à l'extrémité de la table, derrière la tête du malade, maintient la paupière supérieure droite relevée à l'aide de l'index de la main gauche, place le médius de cette main sur la caroncule lacrymale, et tient son instrument de la main droite, tandis qu'un aide placé à côté du malade abaisse la paupière inférieure. Quand il opère l'œil gauche, le chirurgien tient son instrument de la main gauche, et relève de la droite la paupière supérieure. Le malade doit être disposé de façon que l'œil qui doit être opéré se trouve du côté de la fenêtre. Si l'opérateur préfère opérer l'œil gauche de la main droite, il se place au côté gauche du malade, et abaisse la paupière inférieure de la main gauche, tandis que l'aide se place derrière le malade et relève la paupière supérieure. 5. Quelques opérateurs n'emploient pas d'aide. Le malade est assis