POSITION DU MALADE PENDANT LES OPÉRATIONS DE CATARACTE, ETC
sur une chaise basse, dont le dos est garni d'un coussin creux sur lequel repose la tète, qui se trouve assez fortement inclinée en arrière; le chirurgien se place derrière lui. A l'aide de l'index et du médius de la main qui ne tient pas le couteau, placés sur l'extrémité nasale des paupières supérieure et inférieure, il les applique sur le contour supérieur de l'orbite, et maintient l'œil ouvert et fixé. S'il n'est pas ambidextre, il n'opère ainsi que sur l'œil droit; quand il s'agit du gauche, il se place à la gauche du malade et maintient les paupières écartées à l'aide de l'index et du pouce de la main gauche. Un opérateur distingué de Londres, qui n'emploie pas d'aides, se place également derrière le malade pour opérer l'œil gauche; il fait la section de la main droite et maintient les paupières avec les doigts de la main gauche.
On peut fixer les paupières de la même façon quand on opère le malade couché sur une table. Il n'y a que les opérateurs habiles et exercés qui puissent se passer d'aide, et encore ne s'en trouvent-ils pas toujours bien (1). Si les doigts de la main qui n'opère pas sont occupés à maintenir les paupières écartées, il peut devenir impossible à l'opérateur qui n'a point d'aide, d'empêcher l'œil de fuir du côté du nez.
Quand l'œil sur lequel je n'opère pas voit encore assez bien, j'ai l'habitude de le recouvrir d'un monocle, afin que les deux yeux restent mieux en repos pendant l'opération. La meilleure manière cependant d'obtenir que les yeux se fixent dans une position convenable est d'engager le malade à regarder l'opérateur, qui saisit ce moment pour introduire son instrument dans l'œil à opérer. On est en partie privé de cet avantage quand on recouvre l'œil qu'on n'opère pas.
Lorsqu'on opère sur des enfants, il est très avantageux de les mettre sous l'influence du chloroforme. Si l'on n'a pas recours à ce moyen, il faut envelopper complètement l'enfant dans un châle qu'on attache avec des épingles, afin de maintenir les bras et les jambes en repos. II faut prendre garde de provoquer le renversement des paupières de l'enfant, parce qu'alors la conjonctive vient faire saillie en avant, et qu'on éprouve souvent dans ce cas de grandes difficultés à faire pénétrer l'aiguille.
Chez les adultes timorés, on peut aussi avoir recours au chloroforme pour pratiquer les opérations à l'aiguille. Je n'ai pas osé y recourir dans l'extraction, dans la crainte de voir les vomissements, que cet anesthésique provoque souvent, déterminer la déchirure des parties internes de l'œil. D'autres praticiens qui s'en sont servis dans ce cas, m'ont donné les assurances les plus favorables sur l'immobilité complète de l'œil qu'il détermine. On prévient son action vomitive en ne l'employant que cinq ou six heures après le dernier repas (2). Chez les
(1) Voyez la description d'une opération pratiquée par Barth, qui ne se servait point d'aide, dans Santerelli, Délie Cataratte, p. 61 , Forli, 1811.
(2) Voyez Wiiite Cooper. Association Médical Journal, January 7, 18oô, p. 6.
personnes âgées, ou chez qui Ton peut soupçonner quelque affection organique des cavités splanchniques, il faut s'en abstenir.
[M. A. Quadri conseille un procédé mixte qui consiste à ne faire usage de l'anesthésie que pour le premier temps de l'extraction, l'incision de la cornée. Craignant, à juste titre, la propulsion en avant de l'humeur vitrée quand, le cristallin étant extrait, rien n'y forme obstacle, M. Quadri ne procède à l'extraction proprement dite que lorsque le malade est revenu à lui. De cette façon le temps le plus difficile de l'opération s'est passé dans les conditions d'anesthésie souvent indispensables chez certains sujets, et si, au réveil, il se manifeste des mouvements désordonnés ou convulsifs, ils sont peu dangereux, parce que le cristallin, qui est demeuré à sa place, maintient aussi à la sienne le corps vitré. Il n'est pas besoin d'ajouter que, pour recourir à ce procédé, il faut y être forcé par l'indocilité volontaire ou involontaire du sujet. T. W. (1).]
SECTION XI