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HUMEUR AQUEUSE, CORPS VITRÉ, COURONNE CILIAIRE ET CRISTALLIN

observé quelquefois comme complication de celui de l'iris. Arnold a observé des embryons de veaux qui offraient encore cette fissure choroïdale, tandis que l'iris était d'ailleurs normal; mais il ne paraît pas que cet état ait jamais été observé après la naissance.

Quant à un cas d'bydropisie de la choroïde, observé par Von Ammon chez un aveuglené, il reste à savoir s'il était réellement congénial. On trouve aussi mentionné un état gélatineux de cette membrane et de la sclérotique chez un cyclope (Otto), et une choroïde formant un sac fermé par devant, chez un poulain aveugle-né (Miram).

SECTION IV

HUMEUR AQUEUSE, CORPS VITRÉ, COURONNE CILIAIRE ET CRISTALLIN. § I. — Humeur aqueuse.

Si l'on fait abstraction des cas où l'humeur aqueuse est transformée, à l'époque de la naissance, en un liquide sanguinolent ou puriforme, ou présente une consistance plus dense qu'à l'ordinaire, états probablement dus à des maladies du fœtus , on n'a guère à signaler ici que deux anomalies congéniaies relatives à ce liquide :

1. L'absence de V humeur aqueuse. Elle n'a été observée, paraît-il, que par France (1).

Obs. 516. — Il s'agit d'une petite fille, âgée de °2 ans et trois mois, qui avait toujours joui de la meilleure santé. La position des globes oculaires était normale ; les conjonctives et les sclérotiques ne présentaient rien de particulier; sans être conique, la cornée était un peu plus convexe qu'à l'ordinaire; les iris bleuâtres et d'apparence normale, au lieu d'avoir une position horizontale, venaient s'appliquer contre les cornées et paraissaient aussi convexes que celles-ci, tout en ayant leur mobilité ordinaire; les pupilles étaient claires, noires, circulaires et sans trace de membrane pupillaire. L'auteur ne put faire d'essais catoptriques sur cette enfant qui était myope , bien qu'ayant d'ailleurs une bonne vue.

2. Uhydrophthalmie antérieure ou hydropisie antérieure de l'œil. Elle provient d'une tropgrandequantitéd'humeuraqueuse. Himly l'a observée à l'état congénial chez un homme qui fut opéré avec succès de la cataracte; Benedict et Demours l'ont vue aussi; Jùngken parle de sept sœurs suédoises qui lui présentèrent cette affection; Walker a vu, peu de jours après la naissance, une hydrophthalmie antérieure d'une telle dimension, qu'on ne voyait presque que la cornée, considérablement tendue et un peu trouble; mais la maladie disparut néanmoins d'elle-même : d'après Grellois, cette forme est épidémique et congéniale sur les côtes de Barbarie, surtout chez les Européens et les Juifs. L'œil est parfaitement brillant et très tendu, la pupille très grande : comme complication fréquente de cette anomalie, on trouve les soi-disant staphylômes transparents ou pellucides, dont il a déjà été parlé. Carron du Villards a vu un cas de cette nature aux Néothermes de Paris, et l'on sedemande s'il est possible d'avoir un cas congénial d'hydrophthalmieantérieure,sans que la cornée soit hémisphérique ou conique. Une humeur aqueuse trop abondante et parfois trouble paraît être la cause de celte anomalie qui, du reste, accompagne souvent l'obscurcissement total de la cornée.

§ II. — Humeur vitrée.

4. V hydrophthalmie postérieure ou hydropisie du corps vitré, consiste dans un développementtropconsidérable et une liquéfaction générale de cette substance, dontla consistance

(I) London Médical Gazette, January, 18:J0 , et Annales d'Oculislique, t. XXXII, p. 288.

554 ABNORMITÉS CONGÉNIALES DU GLOBE OCULAIRE, ETC.

est alors bien diminuée. Seiler doit l'avoir observée chez des hydrocéphales qui présentaient une sclérotique épaissie. Von Ammon dit l'avoir vue à l'œil droit d'un enfant de cinq semaines, dont l'œil gauche n'avait ni couronne eiliaire, ni corps vitré. Cette forme parait rare; peut-être même n'a-t-elle jamais été vue sans des complications, dont la plus commune est peut-être l'hydrophtlialmie antérieure. •

2. Une simple liquéfaction du corps vitré, sans augmentation de volume du globe oculaire, se présente par le fait de maladies contractées pendant la vie intra-utérine, et produit ce qu'on nomme syncliysis congénial du corps vitré, forme qu'on rencontre surtout chez les hydrocéphales.

A la naissance, le corps vitré contient parfois un liquide sanguinolent ou puriforme; dans les trois premiers mois de la vie fœtale, l'œil n'est jamais rouge; mais, dès le quatrième, il n'est point rare de voir le corps vitré prendre cette couleur, tandis que le cristallin est généralement normal et la choroïde rouge; ces phénomènes sont d'autant plus fréquents que l'embryon est plus âgé: la couche de pigment au dedans de la choroïde est alors trop forte. Von Ammon (l) ne voit dans cette forme qu'une espèce de « nutrition rouge » de ces parties, et assure que cette forme prédispose à l'ictère des nouveau-nés, à l'induration du tissu cellulaire, mais plus particulièrement encore à Pophthalmie des nouveau-nés (2). Ribes déjà avait disséqué deux embryons, l'un de six mois, l'autre de huit, dont la tête avait été déformée au passage, et chez lesquels tout le corps vitré était coloré en rouge, tandis que le reste de l'intérieur de l'œil était normal. Le corps vitré offre plus rarement encore une teinte d'un jaune pâle ou d'un vert sale : celui d'un veau était jauneclair, épais et visqueux, et ne contenait pas de cellules (Von Ammon) ; on l'a aussi observé épaissi, sans transparence et tacheté.

3. L'absence du corps vitré a parfois été observée sur des yeux très monstrueux (Von Ammon, Fleischmann, Otto); elle est d'ailleurs assez rare. Von Ammon en a observé deux cas (3); cette absence de l'humeur vitrée est peut-être le résultat de quelque anomalie de l'artère eiliaire. Otto assure que le corps vitré est parfois trop petit (4).

4. Coloboma du corps vitré. On a rarement observé cette altération, qu'on ne peut regarder comme un arrêt de développement, cet état n'existant à aucun moment de la vie fœtale. Von Ammon l'a vu comme complication du colobome de l'iris; Arnold (5) en décrit un cas, compliqué d'ectopie du cristallin qui était engagé dans cet hiatus congénial.

g III. — Couronne eiliaire.

Elle peut présenter diverses anomalies (6) sans intérêt pratique ; être, par exemple, allongée, offrir des sinuosités, des cicatrices, avoir la forme d'une roue. Von Ammon l'a vue manquer complètement dans un œil; fait très rare sans complications.

§ IV. — Cristallin.

Il a présenté dans certains cas des ectopies : Praël, avons-nous dit, a vu le cristallin séparé du corps vitré par l'iris, etc. Sa luxation dans la chambre antérieure avec complication d'oscillation de l'iris {iridodonèse) a été observée à l'état héréditaire dans certaines familles. En voici deux observations dont la première appartient à Gracfe (7):

Obs. 517. — M. N*** est un malade, âgé de 22 ans, chez lequel le cristallin était resté transparent, quoique dès la naissance luxé et dévié en dedans, il agit comme un prisme

(t) Zeitschrift, etc , t. II, p. 447, et pi. III, fig 1-13.

(2) Mém. de la Soe. Méd. d'Émulation, 8e année, p. 643, el Demours, Op. cit., t. I, p. 589.

(3) Klin. DarstelL, t. I, pi. XIX, lig. lfi, et pi. XV, i}«. 5.

(4) Ilandb. der path. Anat. des Meiiscben u. der Thiere. Breslau, 1814, p. 200.

(5) Anniei'kungen iiberden lîau, ele. Zurich, 1838, p. 235.

(6) Von Ammon. Klin. Darslell., t. III, pi. Il, fig. 14 el 28, pi. XV, fig. 10.

(7) Deulsche Kliuik, 1834, n» 43, p. 511.

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