‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 77 sur 147 · CHAPITRE XXIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIH

SECTION Ie.

1 . APERÇU GÉNÉRAL DES MÉTHODES EMPLOYÉES POUR LA FORMATION DE LA PUPILLE ARTIFICIELLE.

1. La première tentative faite pour rétablir la vision dans les cas d'occlusion de la pupille naturelle, ou du moins la première qui fut suivie de succès (F. p. 189), fut exécutée par Cheselden, quelque temps avant 1728. Dans le cours de cette année, ce chirurgien publia une courte description de deux cas dans lesquels, la pupille naturelle s'étant fermée à la suite de l'opération de l'abaissement, il pratiqua une pupille artificielle. 11 exécuta cette opération à l'aide d'un petit couteau ou aiguille à un seul tranchant, introduit au côté temporal de la sclé-

(I) Annales d'Oculislique, t. XXI, p. 91.

rotique, et poussé à travers L'iris dans la chambre antérieure; il tourna alors le tranchant de l'instrument vers l'iris, et, en retirant le couteau, divisa transversalement cette membrane (fig. 108), de façon à

y produire une incision ou pupille artificielle s'étendant aux deux tiers du diamètre de l'iris (Fig. 109. ) (1). Dans le premier de ces deux cas, il Flg- 108- établit la pupille au-dessus de la par-

tie centrale de l'iris ou de la place occupée par la pupille naturelle, parce qu'il ignorait à quel niveau s'était logée la cataracte qu'il avait abaissée, dans l'opération à la suite de laquelle était survenue l'occlusion de la pupille normale. Sur son second malade, il pratiqua la pupille artificielle au-dessous de la partie moyenne de l'iris ; mais il n'indique pas pour quel motif. Ce qu'il dit sur le tout est si bref, qu'on resle dans le doute sur le point de savoir si son premier opéré JÉÊÈ&. récupéra la vue. Quant au second, il dit qu'il voyait d'abord H H ^es °bJels P'us Soignés qu'ils ne l'étaient en réalité, mais |§F qu'il apprit bientôt à juger des distances (2).

Telle fut la première méthode mise en usage pour prati- Fig. 109. qUerja pupille artificielle ; comme on en a inventé bien d'autres depuis, on peut appeler celle-ci méthode par incision.

II. L'opération de Cheselden échoua entre les mains du premier Wenzel, ce qui le conduisit à inventer une nouvelle méthode de frayer

un passage aux rayons lumineux à travers l'iris, dans des cas, analogues à ceux de Cheselden, d'occlusion de la pupille à la suite d'une opération de Fis 110- cataracte. Après avoir tra-

versé la cornée avec le couteau à cataracte, comme dans l'opération par extraction, il plongeait l'instrument à travers l'iris, entre son bord temporal et la pupille oblitérée ; dirigeant ensuite son manche en arrière, il faisait ressortir la pointe à travers l'iris au côté nasal de la pupille obturée, puis à travers la cornée, comme dans l'extraction. Continuant alors de pousser le couteau en dedans, il divisait d'un seul coup l'iris et la cornée ; seulement, l'incision semi-circulaire de la première de ces membranes s'achevait avant celle de la seconde. (Fig. 110.) Il introduisait ensuite de petits ciseaux à travers l'incision de la cornée et retranchait un lambeau de l'iris (5). C'est la méthode par excision.

[(1) Les fig. 108 et 109 sont des figures de fantaisie et non la reproduction des dessins originaux de Cheselden, insérés dans les Philosophieal Transactions. J. D ]

(2) Philosophieal Transactions for 1728 ; vol. XXXV, p. 451

(3) Wenzel, fils Traité de la cataracte, pp. 190, 198 ; Paris, 1786.

Page 1