‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 79 sur 147 · ÉTATS MORBIDES DE L'OEIL QUI EN RÉCLAMENT LÀ FORMATION · texte numérisé non relu

ÉTATS MORBIDES DE L'OEIL QUI EN RÉCLAMENT LÀ FORMATION

ficielle reposent sur les trois modes qui. consistent dans l'incision de l'iris, l'excision d'une portion de celte membrane, ou le décollement d'une partie de sa circonférence d'avec la choroïde, elles ont subi, comme les opérations pratiquées pour la cataracte, des modifications infinies, suggérées en partie par la grande diversité des états morbides de l'œil qui en nécessitent l'application, en partie aussi par les idées spéciales que les pjg. 112. opérateurs se sont formées à ce sujet. On s'est même parfois bien trouvé de combiner ensemble plusieurs des opérations dont nous venons de parler.

Je dois signaler ici brièvement deux de ces modifications.

L'incision que Cheselden pratiquait à travers la sclérotique a été remplacée par l'incision faite avec des ciseaux à travers la cornée, méthode opératoire que nous devons à Janin, mais que M. Maunoir, de Genève, a beaucoup perfectionnée.

On a presque entièrement abandonné le décollement de l'iris d'avec la choroïde, pratiqué au moyen d'une aiguille courbe introduite à travers la cornée. Ce décollement s'effectue actuellement à l'aide d'un crochet courbe introduit à travers une incision de cette membrane, et afin d'empêcher que la portion d'iris décollée ne retourne à sa place et n'oblitère la pupille artificielle, on attire à travers la plaie la portion détachée et on l'y laisse contracter des adhérences.

SECTION II

ÉTATS MORBIDES DE l'OEIL QUI RÉCLAMENT LA FORMATION DUNE PUPILLE

Ces états sont presque toujours des suites de quelque ophthalmie ou d'une inflammation consécutive à une lésion traumalique ou à une opération. On peut les classer, suivant les différentes parties affectées, dans les sept groupes qui suivent.

1. Opacité partielle de la cornée. — Dans ce groupe rentrent les cas dans lesquels l'opacité centrale de la cornée est assez étendue pour couvrir la pupille, tandis que la totalité ou du moins une portion considérable de la circonférence en est restée transparente. La pupille est libre; l'iris n'est point adhérent; toutes les parties en un mot sont saines, à l'exception de la cornée. La lumière pénètre à travers la partie transparente de cette dernière; mais elle est arrêtée par l'iris. Qu'on attire de côté ou que l'on retranche alors une portion de cette membrane, et la lumière pourra se faire jour et parvenir à la rétine. Si l'opacité était assez limitée pour que la dilatation de la pupille au moyen de la belladone suffit à procurer une vue passable, on aurait tort de

hasarder une opération ; mais, si cette dilatation artificielle n'ajoutait que peu de chose à la faculté de percevoir les ohjets, il serait indispensable d'agrandir latéralement la pupille, soit par déplacement en attirant son bord pupillaire vers sa circonférence, soit en enlevant par excision une portion latérale de l'iris, ou en pratiquant le décollement. Lorsque la portion transparente de la cornée est considérable, la méthode la plus usitée consiste à en ouvrir la circonférence tout contre la sclérotique, à laisser l'iris faire hernie, ou, s'il ne sort point spontanément, à en attirer au dehors une portion que l'on retranche d'un coup de ciseaux et suffisante pour laisser une ouverture qui constitue la pupille artificielle. Si, au contraire, la portion transparente de la cornée a peu d'étendue (pas plus ou même moins d'une ligne de largeur), il y aura danger à inciser dans ce point pour pratiquer l'excision d'une portion de la cornée, car si la plaie venait à s'enflammer, toute la portion transparente de la cornée pourrait devenir opaque, et l'on perdrait ainsi toute chance de rétablir la vision. Il faut en pareil cas recourir au décollement, non point suivant le procédédeScarpa,que nous avons brièvement décrit dans la section précédente, mais à l'aide d'un crochet introduit par une incision pratiquée à la cornée à une certaine distance du segment qui en est resté transparent.

2. Opacité partielle de la cornée avec adhérence partielle de l'iris. — Les cas de ce genre sont généralement la suite d'une plaie pénétrante ou d'un ulcère perforant de la cornée. De même que ceux où l'opacité est exempte de toute complication, les cas qui nous occupent présentent beaucoup de variétés sous le rapport de l'étendue de l'opacité. Le centre de la cornée peut être seul opaque, ou bien un petit segment de la cornée est seul resté transparent tout contre la sclérotique. L'adhérence de l'iris peut être aussi plus ou moins étendue. Tantôt le bord pupillaire de l'iris ne fait qu'adhérer en un seul point à la cornée, et il n'y a pas de distension de la pupille. D'autres fois, bien que le bord de la pupille n'ait point été directement compris dans l'ulcère qui s'est terminé par l'opacité de la cornée, la pupille est néanmoins déformée, contractée et , bien qu'en partie ouverte, tellement cachée derrière le leucome, que la vision est complètement empêchée. Dans une troisième série de cas, presque tout le bord pupillaire de l'iris est compris dans l'ulcère et adhère par conséquent à la cicatrice, et la chambre antérieure est presque complètement oblitérée par le rapprochement de l'iris avec la cornée. Dans une quatrième série, la cicatrice et l'iris soudés ensemble peuvent s'être portés en avant, de façon à constituer un staphylôme partiel, tandis qu'une portion de la cornée et de l'iris est restée intacte.

Il faut dans cette classe de faits se laisser guider, pour le choix de la méthode, par les mêmes règles que dans la précédente ; c'est-à-dire que, s'il ne reste qu'une petite portion transparente de la cornée, elle

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