‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 81 sur 147 · RÈGLES GÉNÉRALES CONCERNANT LA FORMATION D'UNE PUPILLE ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

RÈGLES GÉNÉRALES CONCERNANT LA FORMATION D'UNE PUPILLE ARTIFICIELLE

1 . Comme tous les états de l'œil qui réclament la formation d'une pupille artificielle doivent, en partie sinon complètement, leur origine à une inflammation dont le retour pourrait devenir fatal au succès de l'opération, on doit admettre, en règle générale, qu'il ne faut jamais opérer, à moins que la santé générale du sujet ne soit bonne et que son œil ne soit depuis longtemps débarrassé de toute trace d'inflammation, excepté de celle à laquelle l'opération est destinée à remédier.

2. Tant qu'un sujet voit bien d'un œil, il ne faut jamais pratiquer de pupille artificielle à l'autre ; car, pour bien voir de l'œil sain, il serait obligé de fermer celui qu'on aurait opéré, et vice versa, l'axe de la vision dans les deux yeux ne pouvant que rarement ou même jamais correspondre en pareil cas.

3. On ne doit point tenter la formation d'une pupille artificielle sur un œil qui permet encore au malade de distinguer passablement les objets ordinaires, tels qu'une plume, un canif, des ciseaux, etc., dans la crainte de lui faire perdre la faculté dont il jouit.

k. Il est inutile de pratiquer une pupille artificielle si la portion de cornée, derrière laquelle elle doit se trouver placée, n'est pas suffisamment transparente. Si elle est le siège de nébulosités, elle ne laissera passer que peu ou point de lumière, et la vision n'en sera pas sensiblement améliorée. On rencontre assez souvent des cas de leucome central avec synécbie antérieure, dans lesquels la portion circonférentielle de la cornée est si nébuleuse, que les fibres de l'iris ne sont pas visibles. Il est inutile, en pareil cas, de tenter la formation d'une pupille artificielle. S'il existe quelque doute sur la transparence de la cornée et sur le point de savoir si l'iris y adhère, on peut pratiquer une ponction à la cornée et essayer de faire cheminer une sonde d'Anel entre elle et l'iris : ce moyen éclaircira tous les doutes concernant la iransparence et l'adhérence des parties entre elles. Si l'on aperçoit distinctement la sonde à travers la cornée, on peut hardiment procéder à l'opération.

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