RÈGLES GÉNÉRALES CONCERNANT LA FORMATION D'UNE PUPILLE
côté nasal de la cornée, c'est à ce dernier qu'il doit donner la préférence, parce que la vision s'y exerce mieux et que l'opération y est plus facile. Mais souvent l'opérateur n'a pas le choix, et il faut qu'il pratique la pupille là où la cornée est le plus transparente. Il est plus facile, en général, de la former au côté temporal qu'au côté nasal, et M. Gibson prétend que le champ de la vision y est plus étendu. Cela me parait douteux, et, clans tous les cas, l'existence d'une pupille au côté temporal donne beaucoup plus d'étrangeté à la physionomie du malade, qui éprouve une grande difficulté à amener son œil dans une direction qui lui permette d'embrasser le champ ordinaire de la vision.
14. Lorsque l'on doit pratiquer une pupille artificielle à chaque œil, quelques auteurs conseillent d'en établir une au côté temporal d'un œil, la seconde au côté nasal de l'autre. Ils prétendent qu'on obtient ainsi plus de correspondance entre ces organes que lorsque les pupilles sont situées en tout autre endroit, excepté au centre de l'iris.
Si les deux pupilles sont au côté temporal, comme sur le malade de Maunoir, le marquis de Beaumanoir (1), l'aspect qui en résulte n'est ni naturel ni agréable.
[L'expérience démontre l'inutilité, pour ne pas dire plus, de l'établissement d'une pupille aux deux yeux.
« Dans les cas où les deux yeux, dit M. Gibson, se trouvaient semblablement affectés d'opacité de la cornée, j'ai trouvé qu'il y avait-peu d'utilité à pratiquer une pupille de chaque côté. En effet, lorsqu'après l'opération l'un des yeux jouit d'une meilleure vision que l'autre, le malade (comme dans la plupart des cas où il y a un affaiblissement de la vue) contracte l'habitude de se servir de l'œil le plus parfait et néglige complètement l'autre. Quand donc les deux yeux sont le siège d'une opacité, je choisis le meilleur que j'opère seul (2). »
Une autre cause qui doit détourner d'opérer les deux yeux, c'est que le malade peut ensuite voir double. Dans un cas qui paraissait bien l'indiquer, M. Walton (3) se laissa entraîner à pratiquer une pupille artificielle à chaque œil. Or, bien que les deux ouvertures se correspondissent aussi exactement qu'il est possible, et bien que la distance focale des deux yeux fût la même, le malade fut néanmoins affecté de diplopie. T. W.]
15. Comme une pupille artificielle ne possède point, en général, la faculté de se contracter, il faut prendre garde de la faire trop grande ou trop petite. C'est une chose remarquable que la grande utilité qu'on peut retirer d'une pupille artificielle très petite, ainsi que le démontre un exemple célèbre (fig. 115), celui d'un homme nommé Sauvages,
(I) Médico-Chirurgical Transactions ; vol. VII, pp. 505, 509 ; London, 1816. [(2) Praclical Observations on the Formation of an Artilicial Pupil, p. 51.] [(3) Operativc Ophthalmic Surgery, p. 506.]
opéré par excision par Demours (1). Le plus souvent néanmoins, une aussi petite pupille ne rend pas grand service; d'un autre côté, une pupille artificielle dont les dimensions excèdent de beaucoup celles de la pupille normale, expose constamment l'oeil à être ébloui et en rend ainsi l'usage moins facile.
/^w^^B^B/^ja^fc 16. La forme a moins d'importance ^^ç#^^^^^ que la situation et la dimension. «Une "^S^fiFff^^ grande ouverture, fait observer M. Bow-
man, dont la direction est celle d'un rayon partant du centre du cristallin, permet une meilleure vision qu'une pupille circulaire dont l'aire serait égale à celle que nous venons d'indiquer. J'ai constaté qu'une fenle longue, étroite, elliptique, s'étendant du centre occupé par la pupille naturelle jusqu'à la circonférence du cristallin, est suffisante pour permettre une vision presque parfaite (2). »
17. Dans tous les cas où le cristallin et sa capsule sont évidemment transparents, ou dans lesquels on a lieu de croire qu'ils le sont, on doit faire en sorte de ne point toucher à ces parties.
18. On doit en général opérer à travers la cornée et non à travers la sclérotique; on préférera à une incision étendue une simple ponction, celle-ci endommageant moins la structure de l'œil et exposant moins à l'hémorrhagie et à l'inflammation consécutive.
SECTION IV
PARALLÈLE ENTRE L'iNCISION, L'EXCISION ET LE DÉCOLLEMENT. CONDITIONS •